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[Live in Japan #6] Gloire d’un jour à Miyajima

Temps de lecture : 6 minutes


Oui : Miyajima se fait en une seule journée depuis Kyoto sans problème. Il faut pour cela emprunter le Shinaksen de 7h20, direct pour Hiroshima. Il y en a des plus tôt, avec changements, et ça peut valoir le coup. Aussi, pour compenser ma flemme, j’avais prévu un retour le soir assez tard mais j’ai finalement décidé de repartir de l’île avant même l’heure prévue : décidément, j’avais largement fait le tour de ce qu’il fallait voir. J’y reviendrai tout à l’heure.

Bon, alors autant j’ai passé une nuit à Nikko, qui est à la montagne ce que Miyajima est à la mer – et un peu à la montagne aussi, il faut l’avouer – et l’on peut dire que les deux destinations sont quelque part comparables… Autant je ne pouvais pas me permettre une seconde fois ce type de prestation, à la fois chic et chronophage, dans le voyage. J’entends bien les puristes hurler mais je n’ai tout simplement pas pu réserver de ryokan à Miyajima car tout était déjà complet au moment d’acheter mes billets d’avion. Pensez-y, donc, pour votre voyage à vous. Mais on peut également se rassurer, si vous aimez les sauts de puce comme moi : tout comme pour Nikko – et contrairement au Kinaku-ji de Kyoto par exemple – il y a moyen de véritablement s’imprégner de l’esprit du lieu à Miyajima en évitant un minimum les flots de touristes. C’est ce qu’on va voir aujourd’hui.

Toujours dans une optique no-spoil, on en révélera le moins possible. Des toitures, des arbres, le ciel, un bout de mer. Que dalle, quoi.

Itinéraire de Lamyfritz à la journée à Miyajima :

1/ La jetée. Vous arrivez du ferry avec tous les touristes sur le port, et même si c’est tôt, c’est déjà trop tard, il faudra composer avec. Jouez donc des coudes pour visiter les sites les plus en vue : direction le fameux O-torii pour lequel tout le monde fait le voyage. Mais il y a plein de petits trucs à voir autour aussi.

Les horaires des marées (tide) sont sur ce site. J’ai calculé toutes mes étapes en fonction de la marée basse, pour pouvoir marcher sous le O-torii. J’ai pris un peu d’avance sur cette étape en enlevant mes bottes, ce que 99.9% des touristes n’osent pas faire (il faut bien que l’étiquette pénible et contagieuse des japonais nous serve un peu de temps en temps) ce qui m’a permis de faire l’expérience sans être bousculé par les cannes à selfies.

2/ Les divers temples autour du O-torii. Notez qu’à Miyajima, presque tout est gratuit, ou modique. Pour y aller, tout est pris en charge par le JR-pass, du Shinkansen jusqu’au ferry. J’ai payé le sanctuaire Itsukushima (tout à fait dispensable mais bon 300 yens soit 2,35€…) et me suis ensuite rendu au temple Daisho-in (gratuit) en attendant la marée basse. Après avoir marché sous le O-torii et séché mes pieds, direction le Mont Misen (il est environ 12h40).

L’important n’est pas la destination, mais le chemin. N’empêche qu’il faudrait un bon coup de pied au cul à ces bloggers qui te spoilent des photos du sommet

3/ Le Mont Misen. Il existe 4 routes pour vous rendre au sommet du Mont Misen. La première, à bannir absolument : le téléphérique. Vous rateriez toute la magie de l’île et vous retrouveriez encore avec les touristes en masse. La seconde : le chemin Momijidani, qui passe intégralement dans la forêt. Du coup vous êtes à l’ombre tout du long, donc à voir selon la météo. Ce sentier est dit « facile » ce qui fait qu’il y a un peu plus de monde dessus. Mais franchement, il n’était pas si facile que ça, je l’ai pris pour redescendre et je peux vous assurer que ça en chiait grave dans l’autre sens. La troisième : le chemin Daisho-in. C’est celui que j’ai pris pour monter. Non seulement, il est classé « moyen » (alors ça fait peur au quidam, et il y a peu de monde) mais surtout c’est le chemin antique pour monter au Misen, parsemé de temples, de cascades et de vues superbes. Il est tout le temps exposé au soleil (j’ai pris un coup d’ailleurs). J’ai tout lessivé en 1h45 en faisant des pauses et en visitant les sanctuaires du sommet, alors que je n’ai aucun entraînement sportif mais attention, je rigole pas et quand je grimpe, je grimpe. La quatrième et dernière route : la route Omoto. Classée difficile et beaucoup plus longue, c’est la plus sauvage, et probablement celle qui vous assurera l’expérience de l’île la plus sympa, c’est à dire sans aucun touriste. Tout dépend de votre timing mais les retours que j’ai trouvés sur le net m’ont fait un peu regretter de ne pas y être allé (bon je me suis quand même bien gavé) !

4/ Retour vers la jetée via le parc Momiji. Ouais, bon, si l’on peut appeler ça un parc… ok, dans l’idée, en redescendant, c’est d’aller voir ce que vous n’avez pas encore vu autour de la jetée, comme la pagode, le Senjokaku, les rues commerçantes, le sentier des cerisiers… mais là il ne vous restera plus beaucoup de jus, sachant qu’il faut rentrer. Gros avantage à cette heure (environ 16h après ma redescente) : le O-torii est désormais à marée haute et c’est beau.

La gare d’Hiroshima. J’ai eu la chanson « Enola Gay » de Orchestral Manoeuvres in the Dark dans la tête toute la soirée, putain.

5/ Retour à Kyoto. Après avoir repris le ferry et la ligne JR entre Myajimaguchi et la gare d’Hiroshima, vous devrez prendre un Shinkansen jusqu’à Osaka puis un autre Shinaknsen pour un ultime dernier quart d’heure jusqu’à Kyoto. Le changement se fait très facilement et (en 18 minutes en ce qui me concernait), le quai n’est pas loin et il y a largement le temps. Comme je l’ai dit dans l’introduction, j’ai finalement essayé de repartir plus tôt que ce que j’avais prévu mais il n’y avait pas de train disponible avant celui que j’avais réservé, donc j’ai zoné dans le quartier de la gare d’Hiroshima pendant une bonne heure et demie. Je n’y ai rien trouvé d’exceptionnel. Peut être qu’en étant plus directif, j’aurais pu dégager une heure de plus sur Hiroshima et faire un truc pas trop mal. Je n’avais pris aucun info sur la ville : erreur de ma part.

Conclusion

Miyajima reste une étape à faire. Avec la montagne à Nikko, ça restera mon expérience la plus intense – jusqu’à présent – de ce voyage. Se rendre à Miyajima c’est faire marcher à plein toutes ses attentes de voyageur du bout du monde, dans l’idée de se pointer devant ce fameux O-torii. Cette quête donne la sensation d’arriver à la fin des terres, à la limite du monde connu, de parvenir à cette frontière du loin et du rêve. C’est un sommet, un Everest en soi, il faut bien l’avouer, et tout celà commençait à me poser la question du sens véritable de ce voyage et, après avoir atteint le point de tous les possibles, de la question du retour. Or, comme le dit le proverbe tibétain : quand tu arrives en haut de la montagne, continue de grimper. Ce que j’ai fait, littéralement, en arpentant le Mont Misen juste après avoir franchi la frontière symbolique du O-torii. Et ça m’a fait un bien fou.

Prochaine étape : retour à Kyoto pour un crochet par Nara et le Fushimi Inari.

Pour revenir aux quartiers Nord-Ouest de Kyoto, c’est ici.

2 commentaires
  1. Melkiok
    25 Avr. 2019 à 09:19 -----> lui répondre

    Miyajima un de nos plus spot du séjour !
    Par contre a mi parcours un de mes collègues n’a pu continuer d’encaisser la montée c’est donc la mort dans l’âme et avec une certaine honte contenue que nous avons pris le téléphérique ahah on s’en veut encore
    Chaque temple et chaque recoin forestier est un emplacement propice au recueil et l’introspection. Malgré la foule et la turbulence à tout crin de cette société geekophile hypraconnecté j’y ai vraiment trouvé authenticité simplicité et respect pour le sacré
    Mais je m’égare
    Par contre tu décris tes pérégrinations certes, tu trash les malotru selfieurs et autres addict à leurs écrans de pacotilles certes mais toi quid de ton avis sur la société japonaises et la population locale ?

    1. Lamyfritz
      25 Avr. 2019 à 16:27 -----> lui répondre

      Le téléphérique ! Argh !
      Je parlerai volontiers en détails de mon point de vue sur la population japonaise pendant un prochain podcast. Pour spoiler un peu, je dirais qu’une partie de moi-même s’est trouvée comme une carpe koï dans l’eau et qu’en fin de séjour, je me dis malgré tout que je n’y vivrais pas pour autant. Affaire à suivre.

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