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[#46] The Witcher 3 – et vous, quel jeu vous ferait divorcer ?

Temps de lecture : 16 minutes


Derrière ce titre un brin putassier se cache une réalité de la frange des papagamers dont je fais désormais officiellement partie : ceux qui ont repris, disons accidentellement, tout le temps qu’ils voulaient pour s’adonner à leur vice favori. Le jeu vidéo. Heu… vous êtes sûrs ?

Bien que je ne sois plus en couple depuis hier, je reste néanmoins parent, gamer, et toujours désireux de partager l’expérience vidéoludique avec mes kids, tout en surveillant ces saloperies de réseaux sociaux et téléphones portables dont on ne se méfie jamais assez. Non, mais.

Alors, voici la question qu’on se pose dans le cas d’un papagamer divorcé, et que nous allons traiter aujourd’hui. Vous êtes prêts ?

Pour vous, le divorce c’est :

A : le résultat, pour avoir trop joué aux jeux vidéo (et donc négliger tout le reste)

B : la cause, ce qui permet enfin reprendre le paddle (et sa liberté… pour la jeter direct aux orties)

C : un peu des deux, en fait (car le JV, c’est bien connu, est l’alpha et l’oméga de toute vie)

D : un événement de la vie comme un autre (et sur lequel un jeu vidéo s’est par hasard greffé)

 

Nous allons voir comment s’articulent ces quatre cas de figure à l’aune de jeux vidéo, films ou autres bouquins iconiques de la culture papagamer – depuis longtemps présentée sur notre site, désormais devenu culte et plusieurs fois cité sur la toile au fil des ans.

👾👾👾

 

A : le résultat, pour avoir trop joué aux jeux vidéo (et donc négliger tout le reste)

La réponse A nous rappellera immanquablement le phénomène Fortnite qui, en Angleterre, devient un prétexte croissant invoqué pour les divorces, ce pays nécessitant encore un motif officiel pour rompre son mariage. Ben tiens ! Mais quelque part, ce n’est pas étonnant de la part de ce jeu, s’il génère autant de névroses que du rap français écouté tous les matins au petit-déjeuner : il est tellement… imbuvable !

Bon allez, il me faut faire amende honorable. Même si je dégueule sur Fortnite, j’ai quand même bouffé du ladder de Starcraft 2 un paquet d’années, dans le genre « allez, je me lance dans un sport de haut niveau, » ce qui vous ruine durablement une vie maritale notamment lorsque vous commencez à optimiser vos build order jusqu’à la milliseconde et à vous morfondre sur des modes solo pourris quand ça ne passe plus. Le JV, en termes de sociabilisation, c’était peut-être mieux à deux, mais encore faut-il que sa moitié approuve… et que la technologie aille dans ce sens. Pas gagné.

C’est que, le JV et la culture geek, ça peut vraiment vous faire péter un plomb, et même vous pousser à investir tout l’argent d’un couple à la dérive dans des décorations de jardin complètement exotiques façon Okami, ou bien des cabanes japonaises à la Muramasa, des médaillons des Cités d’Or ou même une veste de pirate à la Monkey Island. Non, mais il faut quand même être un peu con, non ? Que justice soit rendue, après tout, si le papagamer se met à faire n’importe quoi !

Car la négligence du papagamer, c’est aussi celle d’avoir exposé ses enfants au JV au péril de leur vie après leur avoir fait passer des heures estivales à mater du jeu rétro, de la perle 16-bits tel que Rocket Knight au jeu totalement suranné, mais ô combien symbolique de type Flashback, en passant par du 8-bit bien rétro. Nous voici donc avec des enfants précocement leurrés à grand coup de dessins animés inspirés de jeux vidéo rétro, ou pire, de jeux vidéo rétro inspirés de dessins animés. On avait pourtant fait un peu attention, à l’époque, en surveillant de près le phénomène Minecraft avec l’ado de service… quoique.

À ce stade, tout ce forcing paraît aussi lamentable que d’avoir biberonné ses marmots de culture geek à grand coup de jouets des 80’s, de liberté et d’espace infini avec Cobra et Albator, de fraternité et de dépassement de soi avec les Chevaliers du Zodiaque, de spiritualité orientale avec l’Avatar, de SF à travers les trilogies Star Wars, sans parler des chefs-d’œuvre d’Hayao Miyazaki ou du Studio Chizu en passant par Your Name, et de ces quelques rares dessins animés en 3D pas trop débiles comme l’américain Vice Versa ou le français  Mune. Bref. Un trop-plein que ne pouvaient désormais compenser plus que des chaînes de qualité comme Gulli, W9, ou des navets à l’instar de Brice de Nice 3 (un précurseur, comme l’atteste le visuel ci-contre)

Y’a-t-il déjà eu plus irresponsable, me direz-vous ? Ah, oui. C’est vrai. Il y a bien eu l’institution. Avec notre ministère de l’Éducation nationale, qui a offert des tablettes hors de prix à tous les collégiens de France et de Navarre… et qui a d’ailleurs bien vite fait marche arrière dans bon nombre d’établissements. Après, faut pas tout le temps accabler les parents, non, mais. Depuis, les jeux sur tablettes, je me les garde. Ce n’est pas pour les gosses, ces trucs-là. La stupidité institutionnelle incite finalement au repli sur soi.

👾👾👾

 

Deuxième proposition > Pour vous, le divorce c’est :

B : la cause, ce qui permet enfin reprendre le paddle (et sa liberté… pour la jeter direct aux orties)

La réponse B est bien moins compatible avec la morale à l’occidentale et fait passer le papagamer pour un fieffé salaud, qui plaque femme et enfants pour le tas de pixels d’une princesse Zelda… ou d’une Jessica Atreides. Allez : qui peut s’imaginer un bref instant le film du quidam qui divorcerait pour jouer davantage ? Ce serait presque aussi comique que le personnage de Phil Connors (incarné par l’immense Bill Murray) dans le film Groundhog DayUn Jour sans Fin en français – personnage qui, après les premières frayeurs passées, se rue sur les possibilités de son nouveau pouvoir… et se retrouve vite dépassé par ses propres désirs. Pathétique, donc.

Fun fact en passant sur le film Groundhog Day : Bill Murray, à l’époque embourbée dans ses problèmes matrimoniaux, était particulièrement odieux sur le tournage et voulait à tout prix limiter l’aspect comique du film (rappelant en celà l’influence de Julie Delpy sur Before Midnight, qui clôt l’immense trilogie de Richard Linklater), pour le cantonner à une œuvre éthérée et contemplative. Il s’est méchamment opposé au réalisateur Harold Ramis qui, lui, voulait en faire une comédie. L’affaire aura raison de leur vieille amitié… et le film sera pourtant un chef d’œuvre. De façon plus légère, tout cela me rappelle l’influence comique de Ron Gilbert (immense créateur de la saga The Secret of Monkey Island, qui évoque bien malgré elle le phénomène adulescent), sur David Fox, auteur du mythique Zak Mc Kracken and the Alien Mindbenders, à l’époque très influencée par la pensée New Age qui, sous prétexte de libérer les esprits, se prend parfois un peu trop sérieux.

Mais disons-le tout de go : jouer trop peu est également une frustration pour un passionné de JV, fauché de plus est. Cette frustration est légitime, car à force de jouer trop peu, on en vient d’une part à reconsidérer son rapport à la consommation, et d’autre part, à force de sélectionner ses jeux, à succomber à ces miroirs aux alouettes triple-A qui tombent sous le coup d’une logique marketing. Et ça énerve, surtout quand l’engouement de la populace est exagéré, comme pour un Sonic Mania, qui m’a profondément gavé. À ce compte là, autant se prendre un bon vieux Sonic CD, qui fait encore preuve de beauté et de poésie, et dont le développement aura obéi à une tout autre logique.

Peut-on, sous prétexte de nostalgie et de frustration, tout abandonner au jeu vidéo et ainsi retrouver une forme de liberté perdue ? Tout comme certains plaquent leur vie à 40 piges pour aller faire la teuf et s’envoyer en l’air tous les soirs – en d’autres mots, à renouer avec un désir depuis trop longtemps refroidi – je suis certain que oui. Un peu comme on part à la guerre parce qu’on a le cœur vidé, le jeu vidéo permet d’entrer en religion, de se transhumaniser, et de retrouver une certaine jeunesse en échange d’un peu de son temps et de son argent.

Or, le jeu vidéo n’est pas que festif et assouvissement individuel, il a sa face cachée, son monde à l’envers, qu’on se doit d’explorer en allant au-delà des apparences et en entreprenant le travail des profondeurs. Dans le film Coco, les drames familiaux très anciens sont une entrave à la liberté du jeune héros. C’est aussi ce que l’on retrouve dans l’excellentissime Castlevania : Symphony of the Night, dans lequel la prise de conscience d’Alucard est symbolisée par sa progression dans le château du comte Dracula. Atteindrez-vous les 200.6% de complétion ? C’est bon pour les dingues, ça. Mais il y a, parfois, ce désir fou et stérile chez tout un chacun.

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Troisième proposition > Pour vous, le divorce c’est :

C : un peu des deux, en fait (car le JV, c’est bien connu, est l’alpha et l’oméga de toute vie)

La réponse C illustre la tension parfaite entre la fuite et la quête, et donne un statut tout particulier au jeu vidéo, qui relève presque de la notion de karma, et d’une conscience très nette de la place inaliénable que ce média occupe désormais dans nos vies. Alors existe-t-il une continuité entre le réel et le jeu vidéo ? Vaste question… Mais on établit ici un parallèle entre deux notions socioculturelles a priori déconnectées, ce qui réclame quelques considérations d’ordre philosophique. Hé ouais, dude.

En effet, lorsque l’on vit des temps troublés, on se demande bien ce que l’on est et où l’on en est. On se pose alors la question : « Qu’est-ce qu’un homme ? » Encore une fois, c’est le comte Dracula himself qui nous répond. Putain, ils sont balèzes quand même chez Konami. Mais un Captain Fantastic interroge peut-être davantage sur la question d’être père et sur les doutes du père vis-à-vis de la modernité, dont le jeu vidéo fait indubitablement partie.

La problématique du père dans Captain Fantastic nous fait revenir sur notre propre place dans le monde, et sur le rapport que nous entretenons avec nous-mêmes, la somme de nos idéologies, désirs, sentiments et besoins, notamment vis-à-vis de notre entourage. Aussi, si divorce de masse et passion pour le jeu vidéo sont des phénomènes historiquement récents, ils sont prompts à attiser une peur du jugement et de la morale des autres, en dépit d’une certaine forme de banalisation (tout comme le rêve américain, vu ici sous le prisme du transcendantalisme). D’ailleurs, il n’existe aucune réponse satisfaisante à ces questionnements, que les terribles drames historiques relatés dans un Gen d’Hiroshima nous feront aisément relativiser.

Finalement, évoquer la continuité dans la rupture, c’est évoquer quelque part le retour aux origines. J’ai toujours eu une préférence pour les matériaux originaux, telles que les bandes dessinées (dans le cas de Valérian et Laureline) ou les romans (dans le cas de A Game of Thrones) à leurs adaptations sérielles ou filmiques. Mais un retrogamer de mon acabit se retrouverait vite, par accès de nostalgie, à retomber dans ses vieilles lunes ringardes à l’instar des vidéos amateurs du magazine Joystick, des jeux rétro pour Pécé, du pré-youtuber Mozinor, ou bien de cette mystérieuse chaîne C: dont il ne reste pour ainsi dire plus aucune trace aujourd’hui, et qui donnait déjà à l’époque un étrange sentiment de solitude et d’inaccomplissement. Retour à la case départ, assis sur le rebord du monde, plus de 20 ans après ? Gloups.

Mais y’a-t-il seulement un jeu que vous n’avez jamais enterré et qui trône encore au-dessus des autres, franchit les époques, bien au-delà de la soif de nouveauté et de consumérisme qui sévit de nos jours ? À mes yeux, seul le jeu Heroes of Might and Magic 2 est à même d’occuper durablement cette place dans mon cœur, la place d’un jeu encore bien vivant, qui porte avec lui tous mes souvenirs, mes espoirs et mes rêves d’autrefois, mais qui ne s’impose jamais pour autant. Mêmes graphismes, même musique, même gameplay, même plaisir de jeu : c’est comme une vieille chanson qui vous accompagne dans la vie. Ce type de considération à aussi son pendant négatif, je pense notamment à ces jeux marquants tels que Dungeon Master – à mes yeux le pendant vidéoludique d’un Apocalypse Now – et qui symbolisa pour moi une descente aux enfers. Entre jeu vidéo et réalité, jusqu’où peut aller la mise en abyme ? Seul l’étrange The beginner’s guide s’est aventuré concrètement jusque là… oserez-vous seulement vous y adonner ?

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Quatrième proposition > Pour vous, le divorce c’est :

D : un événement de la vie comme un autre (et sur lequel un jeu vidéo s’est par hasard greffé)

La réponse D est évidemment la bonne. Ainsi, contrairement à ce que vous avez peut-être pu croire, The Witcher 3 : The Wild Hunt n’a pas entraîné mon divorce. Mais il m’a « fait » divorcer dans le sens où il a accompagné ces quelques mois, parmi les plus durs de ma vie, et m’a aidé à garder la tête haute. Et ça, je lui en suis redevable. Il aura propulsé la figure de Geralt de Rivia au panthéon des personnages de jeux vidéo ayant durablement marqué ma psychologie. Bien davantage qu’un Link dans Zelda : Breath of the Wild – ce dernier jeu arrive après la bataille, sa caractérisation est trop lisse, et non seulement il sonne comme un requiem amer dans ma vie de gamer, mais il concrétise davantage à mes yeux le passage de relais du jeu vidéo aux jeunes générations.

Alors oui, il y a largement de quoi rigoler quand on met la saga Witcher sur le même plan qu’une rupture, étant donné le contenu interdit aux moins de 18 ans, qui implique forcément quelques enjeux grivois. J’avais autrefois largement évoqué mon enthousiasme autour de The Witcher 1, testé à l’été 2016. Mais dans Witcher 3, les scènes de cul sont plus rares et il faut vraiment aller les chercher loin. Il s’agit sans doute du plus gros défaut du jeu par rapport à son prédécesseur, qui était justement très drôle et léger dans son traitement de la chose, alors qu’aujourd’hui Witcher 3 ne peut plus se le permettre, de par son développement dans une optique de triple-A un peu sur côté. On n’est pas dans le cheat code, mais presque.

Au niveau de l’environnement, Witcher 3 marque tout d’abord par ses décors, ensuite par ses PNJ hauts en couleur, et enfin par sa musique. Superbes. Au centre de tout cela, il y a le personnage de Geralt, qui a été si bien brossé qu’il permet de faire tenir tout l’ensemble. Car le scénario général, ne vous en déplaise, n’est pas le point fort du jeu. Les implications de la chasse sauvage (the wild hunt) demeurent sous-exploitées, ainsi que les tensions un peu gilets jaunes qui sont développés dans la vidéo d’introduction du jeu, pas vraiment repris par la suite, là où Witcher 1 évoquait largement les pogroms et la haine raciale.

L’alternance de gameplay entre Ciri et Geralt est plus frustrante qu’autre chose, et a tendance à déséquilibrer l’expérience narrative lorsque l’on décide de se focaliser sur les quêtes secondaires. D’ailleurs, si la quête principale manque un peu de cohérence, il n’en est rien au niveau de l’enchevêtrement de celle-ci avec les quêtes secondaires. On déplorera juste le manque de variété, qui se limite souvent à du fight, de la quête fedex, et du Sherlock-scanning de lieux. Au niveau des combats, on a toujours l’insupportable problème des plans de caméras, responsables de plus de 80% des game over. Aussi, je suis désolé, mais quand un adversaire peut tuer en un coup par derrière, sur la tête, je ne comprends pas pourquoi il nous faut des centaines de coups pour l’abattre. Idem pour le pugilat. Autant, pour un monstre, ça se comprend, autant pour un adversaire humain, on s’attendait à un peu plus de réalisme.

Le jeu a clairement eu les yeux plus gros que le ventre sur l’inventaire, hyper foutrax, et le système des potions pas terrible. L’expérience monte vraiment très lentement et ne permet pas de développer beaucoup d’arbres de compétences différents. Seules les attaques de base valent vraiment le coup d’être développées. Et pour les pouvoirs, on abuse simplement de Quen tout le long du jeu, et ça suffit.

En revanche, les environnements de jeu sont un vrai point fort, et le casual gamer devra nécessairement faire des choix. J’ai beaucoup écumé la région de Novigrad, un peu moins celle d’Oxenfurt, et encore moins Skellige… mais pour cette dernière, quelle ambiance de dingue, oscillant entre Scandinavie et celtisme ! Quelques passages du jeu sont un peu WTF, au point de suspendre parfois l’immersion du joueur, avec par exemple le personnage de Doudou, le délire autour de Ciri façon Blanche Neige, ou bien la scène de picole hard core à Kaer Morhen. Autrement, le lien père-fille entre Geralt et Siri parvient à fonctionner, ainsi que la sensation que le jeu peut donner de mettre ses doigts dans des engrenages politiques dignes des pièces historiques de Shakespeare ayant inspiré A Game of Thrones. C’est ce qui fait à mon sens le vrai point fort de la saga Witcher : le système des choix, qui influent sur la course du scénario. Ou pas : mais alors, on ne le sait pas forcément.

Ainsi, saviez-vous qu’en fonction de vos décisions, The Witcher 3 proposait jusqu’à 36 fins différentes ? Dans certaines d’entre elles, Ciri meurt de façon complètement conne… dans d’autres elle devient impératrice, succédant à son père ! Je pense avoir eu l’une des fins les plus standard : Geralt qui finit comme un vieux sorceleur solitaire, errant sur les routes et retrouvant occasionnellement ses vieux amis. J’ai fini le jeu quelques jours à peine avant de quitter mon foyer pour toujours. Une fin bien symbolique, bien dure, mais aussi cathartique. Comme Geralt, me voilà en exil ad vitam, ou plutôt comme Ashitaka, brûlé à vif, et à la recherche « d’un monde sans haine. » En posant mes valises, et après avoir vidé ma première bouteille, voici la première musique que j’ai fait raisonner dans ma nouvelle demeure :

Et putain que ça déchire ! La qualité esthétique et narrative de The Witcher 3 m’aura permis de dépasser le dilemme du papagamer forcé à l’exil loin de ses enfants (car autant vous le dire, je milite depuis toujours contre la garde alternée). Eviter de se ruer sur le JV pour compenser sa peine, et continuer à faire ce que l’on sait faire de mieux.

Le film Ouvert la Nuit, il y a un an, m’avait bouleversé d’une façon dont seul un écrivain comme Camus, sinon Beckett, me semblait capable. Je me sens désormais un peu dans ce même état d’errance contrôlée que Luigi, le personnage principal du film d’Edouard Baer (image ci-contre). Après, je ne vais pas vous la faire à l’envers : toute cette foirade était déjà en germe quand je suis entré sur ce site en novembre 2014, avec mon premier post qui me paraît aujourd’hui antédiluvien. Il y a bien eu cet incident-là, dont on ne s’est jamais vraiment remis… Tout le reste n’aura été que lutte et survie, pendant toutes ces années : rien à voir avec un caprice de dernière minute au crépuscule de la trentaine. Comme le dit si bien Elaine à Guybrush dans The Secret of Monkey Island 2 : « nous étions une erreur ». Peut-être, en effet, que certaines histoires feraient mieux de ne jamais avoir lieu, de rester virtuelles, comme pour le mythique Dune de Jodorowski, formidablement résumé par le Fossoyeur de Films.

Il n’y a jamais vraiment de début ni de fin à quoi que ce soit : l’arbre est dans la graine, comme on dit. De même, il y a en nous une somme de personnages, qui vont et qui viennent, des désirs et des rêves qui naissent et qui meurent. Le célèbre vidéaste Cyprien, dont je ne suis pourtant pas spécialement fan, a parfaitement résumé la situation dans cette touchante vidéo :

Aussi haut les cœurs, et vive la vie ! Vous l’auriez peut-être compris à sa tonalité anthologique, mais il s’agissait de mon ultime post sur octopaddle.fr, je tire ainsi ma révérence. Je voudrais en effet pouvoir consacrer plus de temps à un projet d’écriture qui me tient à cœur depuis des mois. Vous pourrez malgré tout retrouver Lamyfritz sur les brèves et les podcasts du site, comme d’hab… à la revoyure, donc !

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