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[à voir, en famille] « Avatar » et « La Légende de Korra »

Temps de lecture : 10 minutes


Salut les parent-gamers. Avec mes gamins, nous venons tout juste de finir de regarder la fin de ce diptyque extraordinaire que constituent les séries animées Avatar, le Dernier Maître de l’Air et La Légende de Korra. Ah, mais ! Vous avez dit Avatar ? Non, non, rien à voir avec le film éponyme de James Cameron, précisons-le tout de suite. Notez cependant qu’une adaptation filmique (avec de vrais acteurs) a été faite en 2010, couvrant la première saison de la première série, et a été classée comme un des plus gros navets de tous les temps. A fuir à toutes jambes, donc.

LA PREMIERE SERIE : AVATAR, LE DERNIER MAITRE DE L’AIR (3 saisons, 61 épisodes)

Avatar, le Dernier Maître de l’Air est une série animée américaine qui ne date pas d’hier. Ca se sent, d’ailleurs, mais dans le bon sens du terme. On n’est pas encore dans de la 3D à outrance et le design tire sur la ligne claire : on est proche du dessin animé japonais au niveau du graphisme et de l’animation. De plus, un véritable travail de fond est fait au niveau de l’histoire et du scénario car les épisodes, bien que nombreux, se suivent chronologiquement et tiennent le spectateur en haleine avec une véritable quête à l’ancienne. Avatar, le Dernier Maître de l’Air a débuté en 2005 et il est possible que vous soyez tombés dessus par hasard sur des chaînes de type Cartoon Network, Game One ou Nickelodeon. J’en avais déjà parlé sur le site dès 2015. Toujours est-il que des coffrets DVD existent, mais ne sont pas forcément bon marché. Du côté de l’occasion, pas grand chose : c’est qu’on ne revend pas facilement un tel bijou. Or, rassurez-vous, en streaming, vous trouverez presque tous les épisodes sans problème.

Si comme nous, à Octopaddle, vous êtes fans du Japon, de jeu vidéo et de culture asiatique, vous ne serez pas indifférents à cette série animée, et pourrez sans hésiter la faire découvrir à vos enfants en toute quiétude. Certes, il y a des combats, mais ce n’est jamais inutilement violent et on ne voit presque jamais une seule goutte de sang : on est très très loin des Chevaliers du Zodiaque ! Par ailleurs, Avatar, le Dernier Maître de l’Air est une initiation à la philosophie orientale, abordant de front de nombreux thèmes spirituels, comme la réincarnation, le zen ou les chakras, mais toujours de façon légère, et avec une touche d’humour. J’ai rarement vu une série aussi bien foutue en ce sens là, et même les parents qui jetteront un œil de temps en temps y trouveront certainement leur compte.

L’action se déroule dans un monde imaginaire et syncrétique, qui est un mélange (selon la Wikipédia) de « philosophie chinoise, japonaise, mongole, coréenne, sibérienne, indienne, et tibétaine, de religions, de langues, de vêtements, d’arts martiaux, et de cultures asiatiques. En outre, la tribu de l’eau de la série est fortement influencée par la culture Inuit. » Bon, plutôt que de magie, il est ici question de maîtrise : certaines personnes peuvent maîtriser (en anglais : to bend, c’est à dire plier) l’air, la terre, le feu ou bien l’eau à leur convenance. Le monde est ainsi divisé en quatre factions, chacune étant affiliée à un élément. Et, au milieu de tout ça, l’avatar est un gars qui est capable de maîtriser les quatre éléments. C’est le seul à pouvoir réaliser cet exploit, et en plus, quand il meurt, il se réincarne dans un autre corps. C’est lui qui assure l’équilibre du monde depuis des siècles. Tout ça fait très jeu vidéo, en fait.

Avatar, le Dernier Maître de l’Air est divisé en trois « livres » d’une vingtaine d’épisodes chacun. Chaque livre est consacré à un élément que le héros, Aang, qui n’est encore qu’un enfant, va devoir maîtriser dans le but de devenir Avatar : l’eau, puis la terre, et enfin le feu. Et l’air, me direz-vous ? Hé bien c’est que Aang est tout simplement natif des nomades de l’air, il maîtrise donc déjà naturellement cet élément au début de l’histoire. Dès les premiers épisodes, on apprend assez vite qu’il est, comme le titre l’indique, « le dernier maître de l’air » , car tous ses frères nomades de l’air ont été… victimes d’un horrible génocide total. Aang s’est en effet absenté et retrouvé prisonnier des glaces, demeurant en sommeil léthargique pendant près d’une centaine d’années, et ce pour des raisons troubles que l’on découvrira bien plus tard. Maintenant, c’est la guerre , et il lui faut donc ultimement rétablir la paix et l’équilibre entre les nations.

Bref, comme quoi, il y a des thèmes très sérieux qui sont abordés dans cette série pourtant destinée aux enfants. Le personnage de Zuko, certainement le plus complexe de tout le groupe, a été défiguré par son propre père étant plus jeune, c’est dire si ça déconne pas tout le temps… ! Zuko, pour sa rédemption, se doit de capturer ou tuer l’Avatar pour retrouver son honneur, et va grandement évoluer au fil de son voyage, en compagnie de son oncle Hiro, un des personnages les plus fun de la série. Du reste, des intrigues familiales et de pouvoir dignes de Game of Thrones vous attendent, mais de façon suffisamment sporadique pour ne pas gêner la dynamique générale de quête fantastique initiatique. Les relations entre frères et sœurs sont mises en scène par le duo Sokka-Katara et Zuko-Azula, il y a même une intrigue sur le rapport au handicap, à la cécité, et au deuil d’un enfant. Bref, je n’en dirai pas plus pour ne pas vous divulgâcher le spectacle. Car oui, c’est avant tout spectaculaire, grâce à l’ingéniosité du scénario et à la fantaisie accordée par la maîtrise des éléments, notamment en combat. Les styles de combat de chaque élément se rapprochent en effet de véritables styles martiaux existants, rappelant en cela ces bons vieux films de combat orientaux, voire certains jeux vidéo de combat à l’ancienne.

 

LA DEUXIEME SERIE : LA LEGENDE DE KORRA (4 saisons, 52 épisodes)

La Légende de Korra est sortie en 2012, soit quatre ans après la fin de la première série. Elle n’aurait dû durer qu’une seule saison, mais le succès de cette dernière a été tel que le projet a été renouvelé pour trois saisons supplémentaires. A noter que seule la première saison, qu’on pourrait qualifier de saison pilote, a d’abord été doublée en français en 2012, le reste ayant été tout bonnement mis à la trappe et oublié, jusqu’à l’été 2017, date à laquelle nous avons eu enfin droit à la traduction de l’intégralité de la série, diffusée sur France 4. Aussi, pas encore de coffrets DVD disponibles de l’intégrale de La Légende de Korra en VF pour l’instant. Mais encore une fois, rassurez-vous, tout est facilement trouvable en streaming.

Au niveau de l’action, on trouve des changements et innovations de taille par rapport à la première série. Celle-ci se passe environ 70 ans après celle-ci et l’héroïne – car c’est une fille ! – Korra, est l’avatar ayant pris la succession de l’Avatar Aang. En clair, elle est son incarnation suivante. Korra est une ado de 17 ans et au début de l’histoire, elle maîtrise déjà l’eau, son élément natif, ainsi que le feu et la terre, pour lesquels elle a suivi des formations avec succès. Elle se rend rapidement dans la Cité de la République, fondée par son prédécesseur, pour apprendre enfin la maîtrise de l’air auprès de Teznin, le fils cadet de Aang. Cette cité ressemble un peu à Shanghai dans les années 20, et on y voit des automobiles, des trains à vapeur, des dirigeables… le monde très médiéval de la première série s’est bien modernisé ! Même si les personnages principaux Mako, Bolin et Asami sont de prime abord moins attachants que dans la première série – un aspect rebutant pour mes enfants au début – la trame narrative a grandement évolué, sans doute pour capter le public de la première série, alors enfant, puis devenu ado au moment de la diffusion de La Légende de Korra. Du reste, on retrouvera parfois avec plaisir certains personnages (vieillis) de la première série, leurs descendants, ou bien des clins d’œil bien sentis.

Les thèmes abordés dans La Légende de Korra sont déjà moins spirituels, à cause du tempérament plus terre-à-terre de Korra, d’abord présentée comme une ado de base, impulsive, qui se canalise uniquement par le sport et se préoccupe avant tout de sociabiliser avec ses pairs. Si elle va évoluer au fil des saisons, un peu à contre-pied de Aang, et les thèmes qu’elle véhicule prennent une coloration plus sociologique, plus mature, sinon plus sombre. La première saison met ainsi en scène un groupe de dissidents hyper flippants appelés « égalitaristes » (Mac Carthy, sort de ce corps !) qui souhaitent priver les maîtres élémentaires de leur maîtrise. Cette thématique, mêlée à une esthétique parfois baroque et parfois proche du steampunk, donne un résultat plutôt avant-gardiste pour une série animée de jeunesse. Cela a certainement nui aux audiences sur le long terme, l’ultime saison ayant été raccourcie par la production, et cela se ressent, hélas… autant chaque saison de la série finit sur un épisode en apothéose, autant la toute dernière laisse un peu sur sa faim.

La structure globale n’est pas du tout la même que dans la première série. Les quatre saisons – autrement dit, les quatre « livres » – ne sont pas spécifiquement dédiées à un élément, à l’exception du premier : « l’air ». Les autres s’intitulent « Esprits », « Changement » et enfin « Équilibre ». Dans « Esprits », on trouve un passage cosmogonique très chouette racontant les origines des Avatars, avec une esthétique toute particulière que je serais bien en peine de décrire ici, mais qui rappelle furieusement la Chine et le Japon anciens, tels qu’on peut les retrouver dans le jeu vidéo Okami. De façon plus générale, à travers toute la série, on s’intéressera encore une fois aux liens familiaux et à la guérison de la famille, un thème qui m’est cher, et qui montre comment la petite histoire se télescope avec la Grande Histoire. La politique n’est pas en reste : après les égalitaristes, c’est une secte anarchiste qui sévira contre Korra, et enfin, on assistera à la mise en place d’un coup d’état fasciste dans l’ultime saison ! Mais c’est bel et bien sur l’évolution du personnage de Korra que tout va se jouer. Les auteurs DiMartino et Konietzko iront jusqu’à lui mettre en scène un violent stress post traumatique, d’ailleurs très réussi et acclamé par la critique.

C’est que La Légende de Korra a été pensé en regard des enjeux médiatiques du féminisme contemporain : les personnages féminins sont nombreux, importants, montrent des préoccupations normales, tout en interagissant entre-eux en permanence, ainsi qu’avec les personnages masculins, qui sont quant à eux davantage en retrait et, disons-le, plus superficiels. Le choix d’une héroïne a d’ailleurs failli coûter la vie de la série par la production, qui n’en voulait pas au début. Et à la toute fin, coup de théâtre : une scène homosexuelle est suggérée dans le tout dernier plan du tout dernier épisode. Celui-ci a soulevé une vive polémique lors de sa diffusion, polémique finalement levée par les deux auteurs, qui ont ouvertement assumé leur choix…! D’où la classification de l’héroïne de la série dans le « portail LGBT » de la Wikipédia. Bon : ça reste anecdotique, je vous rassure, ça arrive omme un cheveu sur la soupe, et il n’y a (presque) rien de divulgâché ici.

Sur ce, voilà pour ce petit voyage au pays de l’Avatar. Comme vous vous en doutiez déjà, mes enfants et moi-même sommes de grands fans de cette série, avec un coup de cœur tout particulier pour la toute première partie, que nous avons dû regarder au moins quatre fois, voire davantage si je tiens compte de quand mon aîné (aujourd’hui 18 ans) était gosse…! Je vous conseille vivement de vous y intéresser, vous passerez plusieurs mois de bons moments.

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