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Corde, goudron ou… pépite ? Avis sur Red Dead Redemption 2

Temps de lecture : 12 minutes


Sorti le 26 octobre 2018,  hypé de façon irrationnelle bien avant son premier trailer (souvenez-vous le logo rouge en avril 2017 et…. puis c’est tout), Red Dead Redemption 2 est loin de faire l’unanimité depuis que les joueurs et la presse ont mis le paddle dessus. Ultra-encensé par une presse ayant perdu toute retenue (toute honte bue, mais finalement on parle d’elle, bref un buzz du pauvre) ou descendu par des joueurs pour son gameplay jugé poussif, lent, complexe, je dois dire que du haut de ma dizaine d’heures je suis… sous le charme du dernier poussin de Rockstar.

La mâchoire qui tombe ? C’est normal

Bien que le bad buzz autour des dernières déclarations d’un des deux frères Houser avant la sortie a peut-être légèrement assombri l’attente de ce dernier pour ma part, j’avais précommandé le jeu dès le mois d’août en me remémorant le précédent jeu et surtout en profitant d’une offre commerciale alléchante (un royal chèque cadeau de 15€ pour un futur achat). Je me suis vraiment tâté pour annuler ma précommande jusqu’au dernier moment : trop de jeux encore à faire sur ma Switch, un Assassin’s creed origins qui m’a très agréablement surpris (un final historique WTF) et un Just Cause 3 en promo à 6€ sur Steam… tout était pourtant aligné pour une annulation en bonne et du forme, et pourtant… je ne l’ai pas fait, et ne le regrette pas. Bon bien sûr l’install’ de Ouf (2 blu-ray) et les 4go de patch day-one m’ont légèrement irrité comme vous le savez chers amis octolecteurs, toutefois, j’ai plongé et je suis très surpris par le parti pris du jeu et du studio, qui à mon humble avis, a pris un risque avec sa licence. Ici point de précision sur le scénario pour vous le préserver, mais mon avis argumenté sur ce que le jeu veut donner au joueur.

Le logo de la hype en avril 2017.

 

 

 

 

 

Un profond lifting à dérider

n’importe quel(le) sexagénaire.

 

 

 

 

En effet, ce qui est déconcertant au premier abord : on pense retrouver nos sensations, habitudes du premier jeu sorti en 2010… et pourtant tout est différent. Ha oui les grincheux, pourront me rétorquer « mais c’est toujours du pan-pan dans le Far West », hahaha jeune foie jaune devant une telle argumentation, j’opine du couvre-chef, crache ma chique et vous réponds sans frémir « vous êtes aussi observateur qu’un ancien para d’Algérie borgne, car la licence a connu un profond lifting à dérider n’importe quel(le) sexagénaire ».

Commençons par le plus évident afin de se concentrer sur l’essentiel : le gap technologique. Une comparaison entre les deux jeux suffit à lui-même, RDR2 est le jeu des superlatifs face à son auguste aïeul de 8 ans. Nouvelles machines, nouvelles techno’… tout est plus impressionnant : le graphisme, le choix des sons, les doublages, etc. Ce qui en soit n’est pas révolutionnaire, et n’étonnera personne. Toutefois, si la comparaison peut-être utile c’est bien les changements dans l’organisation du jeu qui sont à mes yeux les vraies nouveautés qui révolutionnent TOTALEMENT la façon de jouer à Red Dead… RIP, premier épisode que nous avons tant chéri.

Un gameplay exigeant, mais poussif, volonté d’un réalisme assumé

Rockstar a fait le choix d’un gameplay posé dans RDR2, détaillé bien loin de l’agitation frénétique de n’importe quel personnage de FPS bourrin ou d’un super héros à la mode. Ici point de saut athlétique, de grimpette : tout se doit d’être précis, réfléchi. Et cela est violent pour qui sort d’un Assassin’s creed origins (AOC) comme moi : si dans le jeu d’Ubi, le perso saute, fait des galipettes et monte la moindre élément du décor sans aucune difficulté ou fatigue – que cela soit une maison ou… une pyramide – ici point de fantaisie. Approchez-vous trop près d’une falaise, foncez dans un arbre avec votre cheval ou – grand fou – sautez d’un monticule escarpé, et la réalité va vite se rappeler à vous : soit Vous êtes MORT, soit dans le meilleur des cas votre barre de vie chutera drastiquement. D’ailleurs, ce choix du réalisme est prégnant dans tout le jeu : vous devez gérer votre alimentation, votre fatigue, votre cheval, votre hygiène corporelle en surveillant les détails de quelques icônes ou attitudes du personnage (sans parler des PNG qui se pincent le nez en vous voyant !). Je sais cela peut paraître rébarbatif et chiant : au début cela l’est. On est perdu devant les icônes, on s’embrouille sur le paddle (gros point noir je trouve et souvent on se trouve à réfléchir à ce gameplay nouveau, limite mal foutue : R2 sert à tirer, mais là je voulais le frapper… ha zut, je viens de le fumer… j’ai une prime sur ma tête désormais !).

Pourtant, il faut s’accrocher : en allant doucement comme l’impose le jeu. Vous avez attendu 8 ans semble nous dire le jeu ? Et bien il faut le mériter, le maîtriser, le discipliner comme un vrai cheval sauvage de l’Ouest. Car je ne peux m’empêcher de penser que les frères Dan Houser et surtout toute leur équipe ont pu oublier cet élément obligatoire dans un jeu vidéo : le peaufinage du gameplay qui crée le lien entre le joueur et son interface projetée à l’écran. Ce n’est donc pas une erreur, mais un choix délibéré, contrairement à ce que relatent de nombreux tests ou de joueurs déçus (qui déjà s’égosillent sur les réseaux asociaux), et le déroulé des heures qui va suivre me confortera dans mon choix.

Hé oui il faut prendre son temps, pour digérer les commandes du jeu, tout comme le fait de jouer : certes des missions sont à effectuer, mais toutefois, le jeu pousse le joueur à s’immerger dans l’univers qui s’offre à lui : si au départ Rockstar oblige le joueur à suivre une trame scénarisée comme un bon western (avec une retrouvaille qui fait sourire pour ceux ayant connu le premier RDR), l’installation du premier campement loin des sommets enneigés, ouvre l’horizon des possibles : aller chasser devient une habitude, car il faut aider sa bande de hors-la-loi qui fuit cette modernité hostile en cette année de 1899, à savoir l’imposition du Leviathan étatique qui après la guerre civile (1861-1865) devient de plus en plus présent (il est à noter l’influence du courant libertarien très présent dans la mentalité des Houser au travers de leur propre production que cela soit les GTA ou les RDR). Ainsi, traqué, reclus au fond des bois, espaces encore de libertés, le joueur s’immerge dans son groupe et au-delà de cela dans cet univers. Le joueur est son propre maître, si des missions sont présentes, il peut faire autre chose comme n’importe quel monde ouvert, voire aussi refuser d’aider ou au contraire secourir la veuve et l’orphelin, avec l’apparition de menu à choix binaires… rien de révolutionnaire, mais cela rajoute à l’immersion.

 

Point de lonely cow-boy ici,  mais un membre d’une tribu

 

La place du groupe est un autre point fort du jeu : bien que réticent au départ à toutes ces tâches souvent annexes dans nombre de productions vidéoludiques (s’occuper d’un camp dans Fallout 4, décorer sa masure dans un Skyrim…), je dois dire qu’ici elles sont destinées à renforcer cette idée centrale du « groupe ». Pourchassés avec ce groupe qui est aussi sa famille adoptive, le héros (?) se lie d’amitié par ses tâches (alimenter une caisse commune, chasser, aider… et aussi améliorer le confort du camp) et aussi renforce sa place dans le monde qui devient plus cohérent : point de lonely cow-boy ici, mais un membre d’une tribu, d’une famille. Il est temps désormais de passer à la principale critique autour du jeu : à savoir son gameplay.

 

 

Le joueur est poussé à chercher

à esquiver plutôt qu’affronter,

réfléchir plutôt qu’à foncer dans le tas.

 

 

Oui, c’est agaçant d’avoir un personnage qui se traîne au début du jeu, gauche dans sa déambulation, même quand il faut jouer de ses mains dans une baston de rue ou lors des premiers gunfights. Mais je soupçonne les développeurs de nous imposer ce sacerdoce pour renforcer la liaison avec le protagoniste que l’on suit, qui n’est pas de première jeunesse non plus. D’ailleurs, si beaucoup d’observateurs ont remarqué que Rockstar cherche sans cesse à pousser le jeu vidéo dans le 7e art, avec l’usage (et l’abus) de plans cinématographiques, la possibilité pour le joueur d’avoir une vue à la TPS, voire désormais à la première personne, est éloquent dans l’immersion qu’elle offre. Le joueur est poussé à chercher à esquiver plutôt qu’affronter, réfléchir plutôt qu’à foncer dans le tas (je vous rassure parfois on le fait, faut pas déconner en plein gunfight cela est toujours jouissif avec le mode Bullet-time présent). Je reste convaincu que sur le long terme, ce gameplay est avant tout destiné à éduquer le joueur et ses statistiques allant en s’améliorant, sa mobilité deviendra sans doute moins lourde, sans tomber dans l’élaboration d’un Peter Parker sous acide.

Un jeu de survie sous son vernis de Western.

Autres aspects novateurs, est l’influence de l’environnement sur le joueur : il faut se saisir de cette nature sauvage, qui à la fois protège, agresse et nourrit. Certes, la logique sous-jacente est discutable, mais le XIXe siècle n’est pas à la mode du hipster life vegan ou « 5 fruits et légumes par jour ». Le joueur doit donc se nourrir, prélever sur mère Nature son dû, mais sans indications sur sa map (seul un 6e sens est disponible sur le lieu, poussant le joueur à observer son environnement proche) et là tout est question de choix sur le « bon » ou le « mauvais » chasseur (dédicace aux trentenaires) : est-ce que j’ai besoin de cartonner deux antilopes ou une me suffit ? Sachant qu’outre le temps passer à traquer (via un système de pistage olfactif intéressant), la viande risque de faisander, la rendant impropre à la consommation, voire impossible à vendre. Ainsi, le jeu intelligemment nous met en situation de choix raisonnés et trouve toujours le moyen de nous détourner ou de nous conduire plus loin que l’objectif que l’on s’est fixé. Petit exemple de situations jouissives :

En pleine traque d’une biche, un PNJ m’interpelle pour me proposer une quête (sans donner au joueur la sensation d’être un livreur « chronopost ») cependant on était aussi parti repérer les lieux autour du camp, mais plus loin sur le chemin on voit un pauvre cow-boy se faire tuer par son cheval qui se rue… sans oublier que s’arrêtant dans le salon du coin, on déclenche une bagarre sans (trop) le vouloir, etc.

Bref, ici on est dans du Rockstar qui a aussi appris des autres jeux concurrents (Witcher 3 entre autres). Donc si vous vous lancez dans ce jeu, n’oubliez pas cet aspect primordial du jeu : contemplatif, lent, avec des mécanismes de RPG (hé oui, les stats sont là !) bref cherchant à vous immerger dans cette histoire qui au demeurant reste bien écrite (on sent vraiment la patte Rockstar, pas de soucis), avec ses scènes d’actions toujours présentes.

 

 

 

Entre histoires de gros sous et vision artistique,

le marché tranche toujours dans un sens, le sien.

 

 

Donc sur quoi se base ce malentendu autour du jeu ? Et bien sûr le fait que Rockstar se garda bien de communiquer sur l’aspect réaliste du jeu – où du moins pas celui auxquels ont pensé des millions de joueurs (7 millions de précommandes, sans parler des ventes day-one, 500 000 pour le seul Royaume-Uni). En effet, l’effet GTA V fut dans tous les esprits, que cela soit par son gigantesque hurricane marketing et le tsunami de brouzoufs qu’il rapporta (on parle d’un jeu ayant rapporté plus de 6 milliards de $, par le biais des versions multiconsoles vendues et surtout son arrivée sur PC et son mode très lucratif du online).

Ainsi, je partagerais en trois les acheteurs déçus :

  • Bon nombre de kékégameurs se sont lancés dans le jeu et ont rapidement déchanté sur un gameplay différent, jugé vieux et limitant les possibilités de « LOL game » dans le jeu (ben oui avec un personnage qui meurt en tombant de la moindre colline, dur de « retourner » le jeu comme un GTA V).
  • Les joueurs fans de Red Dead premier du nom, refusant cette évolution et se sentant lésés (à juste titre en partie) de l’offre qui ne fut pas explicitée ainsi. L’embargo sur la presse tout bonnement scandaleux à l’ère du tout communicatif et représente sans doute le revers de ce verrouillage médiatique.
  • Ou encore les joueurs manipulés à leurs corps défendant (?) par le choix de Rockstar d’avoir nourri les mauvaises gamelles des influenceurs youteubés, étant de véritable bénis oui-oui sans recul critique (leur public jugera… nan, je déconne).

Alors quel avenir pour le jeu ?

Tout le monde affirme que le jeu est, sera un carton… d’après les dernières estimations de ventes précitées plus hautes, cela semble le cas. Toutefois, d’autres chiffres circulent sur le coût du jeu pharaonique du jeu (plus de 850 millions de $, soit presque 3 fois plus que GTA V), il faudrait que le jeu vise les 20 millions de copies pour se rentabiliser. Cela semble colossal, certes 40 millions de copies de GTA V ont été vendues, mais tout de même est-ce qu’avec ma précédente argumentation le jeu sera sur le long terme un succès de vente, pour élargir son public des jeunes kékégameurs aux quadra ? L’une des pistes sur lequel Rockstar ne va se priver est le mode online bientôt lancé (fin novembre), mais reste une inconnue : est-ce que le gameplay sera identique au mode solo avec les contraintes physiques imposées ? Ou Rockstar, comme une rock…star n’en fera qu’à sa tête et imposera sa vision aux joueurs ? Entre histoires de gros sous et vision artistique, le marché tranche toujours dans un sens, le sien, le temps répondra à cette difficile équation.

Quel verdict ?

Pour moi, c’est simple : toujours sous le charme de l’offre et du fond d’un jeu très riche, je n’ai qu’une hâte c’est de lâcher mon clavier, d’enfiler mes tiags, de prendre mon colt et d’y retourner !  Si vous êtes amateur de RPG, de l’ambiance d’un bon western, et que vous souhaitez prendre votre temps, la question ne se posera pas également. Toutefois, il est évident que ce jeu mettra du temps à être apprécié (même si au départ il sera un carton de vente, mais à voir sur le long terme), et il ne plaira pas à tout le monde, cela est dit !

4 commentaires
  1. lamyfritz
    1 Nov. 2018 à 08:50 -----> lui répondre

    L’univers western, pour moi, c’est juste bof. Je préfère encore Dirty Harry. Comme dit Hyujo sur Star Wars : à voir, mais quand la hype sera retombée.

  2. Hujyo
    1 Nov. 2018 à 20:57 -----> lui répondre

    Deux choses ; Premièrement je désapprouve l’approche de Rockstar. Je joue au JV pour me divertir et non pour me relancer dans un univers qui dépeind notre réalité. La réalité et déjà tellement merdique. Le JV doit me faire marrer, me challenger, me donner du fun. Pas me faire dire; putain c’est bien écrit, c’est tellement réaliste et patati et patata … Si je veux un bon scénario je prends un bouquin ou je regarde un film. Si je veux réfléchir sur la réalité je regarde un docu. Le JV c’est du divertissement. Je pense qu’il est vain de chercher l’auteurisme dans le JV, je veux dire l’auteurisme qui se rapproche du cinéma. Ce jeu aurait tout aussi bien pu être un film.
    Enfin, je suis contre le marketing à la Rockstar. Faire parler sans rien montrer. De la poudre au yeux …. Rockstar sait jouer avec les médias (devrais dire influenceur idiot). Résultat, des tests dithyrambique, puis des déception en masse, puis des influenceurs qui prends la défense de Rockstar etc …
    Bref, y’a autre chose que RDR2 les amis, reste a savoir pourquoi vous jouez au JV ?

    1. Lamyfritz
      3 Nov. 2018 à 10:19 -----> lui répondre

      Ah ! Je t’ai connu moins antipathique avec un Kojima, qui a pourtant une approche similaire. Après, Kojima, c’est pas Rockstar, et je te rejoins sur l’aspect marketting détestable.
      Maintenant, je pense qu’il y a quelque chose qui nous gêne avec cette thématique de la conquête de l’ouest ultra violente. Allez, autant rester WTF tout en appréciant ce qui a déjà été fait il y a 40 ans :
      https://www.dailymotion.com/video/x2s5hrk

  3. octopaddaone
    2 Déc. 2018 à 01:21 -----> lui répondre

    Etant à 50h et des poussières, je vois venir une pointe de lassitude sur un jeu trop grand, lâchant bien souvent le joueur… et finalement le lassant. J’espère que ce sentiment ne sera que passager, sinon petite déception.

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