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[#43] Etre retroparentgamer : protéger le patrimoine vidéoludique pour le transmettre à ses ouailles.

Temps de lecture : 10 minutes

Le temps avance et outre la perte de cheveux/ ou gain de surcharge pondérale (au choix ou ensemble), le papagamer suit les changements de générations de consoles avec une certaine vacuité, voire indifférence polie grâce au retrogaming. Oui, être membre de la génération bénie des dieux par le fait d’avoir vécue l’ère grandiose des générations 8/16 puis 32 bits durant les décennies 80/90– c’est à dire il y a une éternité dans le jeu vidéo, à savoir l’équivalent de presque quatre décennies – nous permet de prendre un certain recul face au maelström actuel des sorties jeux vidéo. Orgie de surconsommation (je confesse ici ma dernière folie : rerereracheter Skyrim sur Switch), le jeu vidéo en devenant un loisir de masse, s’impose par sa diffusion tout azimut et sans aucunes retenues : présent dans tous les médias, explosant en terme de revenu l’industrie cinématographique, se retrouvant dans les stades de foot (voir un Griezman imiter les gimmicks d’un Fortnite pose question) et devenant même une thématique d’études universitaires, on peut se dire que de chemin parcouru en 40 ans, soit la moitié d’une vie d’homme tout de même.

Ainsi, véritable pendant de la culture populaire, par sa massification et son imposition de code commun (je reste persuadé que Mario est plus connu que Jésus 😉 ) font que notre loisir, véritable madeleine de Proust de notre jeunesse a bien changé. Certains, acceptent ce changement en y participant par l’achat des dernières consoles et l’octoteam ne transige pas à cette règle ! Si The Procope et dans une moindre mesure moi même, avons une consommation massive des dernières sorties, on ne crache pas aussi sur des valeurs sûres située du côté de Kyoto comme Hujyo et d’autres utilisent des supports différents pour poursuivre leurs passions, comme Lamyfritz via un PC.

Notre petit échantillon de parentgamer est d’ailleurs intéressant : si les jeux actuels nous intéressent comme vous chers octolecteurs, on voit que demeure un socle stable autour des valeurs sûres remises au goût du jour : le succès des remakes actuels est éclairant (demandez à des parentgammer combien ont préco le futur remake d’Okami sur Switch ou de Shenmue… sur l’octeam on frôle les 75%)… mais pas que.

En effet, depuis la fin des années 90, émerge dans notre univers vidéoludique un aspect patrimonialisation intéressant, porté par ceux qui ont connu la « Der des Der » (ouach cela fait ancien combattant du paddle) de ces générations 8/32 bits et cherchent à la retransmettre (rôle du parentgamer) et s’y replonger avec délices. Pour célébrer les congés qui s’ouvrent, petit article sur les façons de s’y replonger avec délices et donner quelques pistes approuvées par octopaddle.

Les hérauts du retrogaming

Une myriade d’association se battent pour que ce patrimoine ne disparaisse pas et assurent sa promotion : on peut penser à Mo5.com (voir l’édito de G. Verdin a/s de l’émulation) mais aussi à d’autres que cela soit dans la presse vidéoludique défunte (http://www.abandonware-magazines.org/liens.php) ou pour les jeux tombés dans l’oubli et dont les créateurs ne se sont pas manifestés contre leurs diffusions (https://www.abandonware-france.org/). Octopaddle.fr souscrit totalement à ces démarches salutaires.

C’est quoi le retrogaming ?

Si l’on peut donner une définition du retrogaming, loin d’un cadre formel aride et rance, on pourrait indiquer qu’il concerne tout d’abord un support particulier : à savoir l’usage de plateformes vidéoludiques produites entre 1980 et 2000, ne disposant plus de supports physiques (cartouches/ CD) et tous deux désormais absents des étals des magasins. Même si les anciennes consoles disposent encore parfois de nouveaux jeux (issus de la scène homebrew), ces consoles/ jeux ne font plus partie des catalogues des constructeurs actuels (j’écarte bien sûr les rééditions anniversaires de jeux ou des consoles du style « snes mini » ou « Neo-Geo anniversary » pour les raisons citées précédemment). On peut ajouter à cette définition assez large, un élément clé : celui du fort affect pour ces supports/ jeux qui s’est construit durant l’enfance/ l’adolescence pour les quadra’ d’aujourd’hui… et ce qui sera le cas pour ceux de demain.

Bien sûr les constructeurs ou éditeurs, ont bien senti monter cette demande de nostalgie très rentable pour eux à la fin de la décennie 2000, et se sont engouffrés dans la brèche avec leurs gros paddles : d’ailleurs tous (plus ou moins) ont basculé : Nintendo, Sega, Sony, Konami, SNK, Square… que cela soit par des éditions physiques de consoles « mini », parfois sous-traitées (par Tommo par exemple pour la Neo-Geo X portable tant décriée en 2013, mais que j’apprécie personnellement comme je l’indiquais à l’époque), ou soit par le retour de vieilles gloires dans des remakes parfois sans âmes (la liste est longue) ou au contraire en effectuant une véritable relecture de l’œuvre par une modernisation intelligente de son gameplay (un FFXII avec son accélération des déplacements ou via le mode instantané de save/ replay des jeux  8/16 bits vendus sur e-shop ultra adapté à la vie du parentgamer !).

Légalité et émulation

L’émulation est certes autorisée dans son aspect hardware (sous certaines conditions, car si « la console dont est issue l’émulateur possède un firmware, comme c’est le cas de beaucoup de consoles récentes, il y a fort à parier que le téléchargement dudit émulateur soit illégal », source : https://www.millenium.org) mais la possession de ROM (sauf si ce sont des sauvegardes de ses propres originaux), leurs mises à disposition contreviennent aux droits d’auteur et sont donc – en théorie – punissable par la loi, donc dura lex, sed lex, nous voilà prévenus, et octopaddle.fr refuse toute promotion illégale en mettant des roms à disposition… . Toutefois, on ne peut que s’agacer de cela devant des objets désormais non commercialisés physiquement (mais pas en démat’, pas fou les commerciaux, faut « bien vivre ma p’tite dame » nous souffle un petit artisan de Kyoto), sur des supports désormais absents des étals (et par la même ne retranscrivant pas la même expérience : car utilisés sur une T.V. cathodique en voie de disparition, avec des manettes particulières…). En outre, ces supports étant déjà largement amortis par leurs diffusions passées et de par leur rôle éminent culturel, il est dommage qu’aucune initiative réglementaire ne cherche à donner aux jeux rétro, un statut particulier à définir. En effet, si les œuvres littéraires tombent dans le domaine public au bout de 70 ans (pour les auteurs mais aussi pour leurs ayant droits, véritables rentiers parasites), le jeu vidéo en raison de sa nature (un jeu vidéo devient rétro en une décennie) devrait bénéficier d’une nouvelle approche lui permettant de poursuivre son rôle éminent social, culturel – et n’ayant pas peur des mots – de plaisir sans transformer ses simples utilisateurs en délinquants.

Bien que certains attaquent de façon épisodique les sites mettant à disposition des ROMS (MAJ 26/07/18 : depuis juillet 2018 désormais pour… Nintendo !), on est donc toujours en attente d’une adaptation réaliste de la loi envers une pratique qui fait œuvre de patrimonialisation et de partage, mais dont sa transcription législative est très en retard par rapport aux us et coutumes.

L’usager de jeu vidéo, tel un Mandrin du XXIe siècle faute d’un cadre réglementaire intelligent, peut se faire son propre morceau de nostalgie sans passer à la caisse et utiliser l’émulation des anciennes consoles/ jeux via une recherche appropriée sur internet qui a grandement démocratisée son usage : n’importe quel trentenaire peut en témoigner avec émotions, quand au début de la popularisation du réseau mondial fin des années 90, quand les modem crachotaient du 56Ko puis du 512 Ko (début de l’ADSL), il découvre des sites web proposant des jeux jusque là inaccessibles tant financièrement qu’en terme de localisation : quel émoi en découvrant pour la première fois un Metal Slug X inabordable ou encore un RPG japonais… de surcroît traduit bénévolement par une cohorte de fans passionnés.

C’est quoi un ROM ?

Refusant tous jeux de mots sur une population malheureusement discriminée et donc bien loin de l’univers jovial du JV, un ROM dans le domaine informatique (Read Only Memory, ou “mémoire morte” chez nous) est une mémoire non volatile dont le contenu est placé dans nos consoles (ou autres), et contient pour faire simple le jeu ou le programme. (source Wikipédia)

Alors, pourquoi frôler les foudres de la loi ?

Si l’on écarte le hardcore parentgamer qui dispose de ses propres collections avec ses machines/ cartouches propres (qui ne peuvent – hélas – être pléthoriques, en raison d’une vie de couple et des finances qui limitent), l’usage de l’émulation est de se replonger dans ses anciennes joies passées, bien que certaines ont pris chères avec le temps, retrouver un peu de cette pureté originelle parfois absente dans les jeux actuels. Bon sans tomber dans un discours réact’, je ne crache pas dans la soupe actuelle : l’évolution du gameplay, des scénarios (plus mature qu’un « va sautver la princesse ») et d’une charte graphique démontre heureusement que notre média évolue souvent dans le bon sens (refaites un Tomb Raider de PSONE, et on en reparlera).

Comment ne pas penser que l’émulation grâce à la diffusion massive d’internet et des outils la facilitant (ordinateur), permettent à tous de partager avec ses propres enfants, neveux/ nièces, etc. des pans entiers de l’histoire du jeu vidéo ? Ainsi, le rôle éminent crucial de ce partage est bien à la hauteur de ce que fut la révolution de l’imprimerie dans la diffusion du savoir et de nouvelles pratiques.

Mais le choix de l’émulation est surtout une démarche raisonnée (comment jouer de nos jours sur une Neo-Geo d’époque sans vendre un rein et surtout trouver un J-RPG obscur jamais sorti en France ?), pratique  pour le collectionneur afin d’éviter d’user un matériel vieillissant et fragile. L’autre argument est surtout sa facilité d’usage (la savestate permanente : n’importe quel papagamer peut en témoigner : allez finir Kid Chameleon d’un seul run !), ou encore le rajout de fonctions « tip-top » (comme la traduction d’un Final Fantasy VI, voire de FFVII sans fautes lourdingues ou encore l’usage de mods divers : remplaçant les bugs d’origine, transformant l’expérience de jeu). Si vous êtes entrain de lire cet article, je pense que vous n’avez pas besoin de plus d’arguments, à chacun ses responsabilités.

Quel choix d’émulateur ?

Si l’on se base sur la recherche d’émulateurs, outre ceux liés aux consoles (SNES X9, Picodrive, DosBox, Mame…) je ne retiendrais que deux qui ont la possibilité de regrouper un ensemble de machine et se trouvent facilement. Le premier transforme n’importe quel Mac en borne de jeux quasi-universelle (mais il doit exister son pendant PC, disponible ici légalement chez Tomsguide) : Openemu.

Esthétique, car le parentgamer aime la qualité et se faire flatter la rétine, on y retrouve l’ensemble des consoles de notre jeunesse, ne demandant que des roms pour se lancer… Les jeux sont classés, rangés par ordre alphabétique ou autres, et comble du bonheur un moteur de recherche vous présente les jaquettes des jeux.

La gestion des paddles est enfantin, elle permet à n’importe quelles manettes USB d’être paramétrées (même une PS4, c’est dire !) alors que demande le peuple ?

 

Tu pointes ou tu… cliques ?

Etant donné que vous êtes sur un site web de parentgamer, replongeons dans la moëlle du jeu d’aventure ; et donc le second choix sera un émulateur fait par des fans pour des fans de jeux… point-n-click : le célèbre ScummVM (https://www.scummvm.org/?lang=fr)

Adapté à toutes les plateformes actuelles ou passées (même sur PSP c’est dire 😉 ), il liste les jeux que vous avez sur votre ordinateur, possède les mêmes facilités que d’autres émulateurs (sauvegardes, patch de traductions,…). Pour ma part en toute légalité j’utilise cet émulateur pour émuler mon « Day of The Tentacle » que je possède sur CD : cela m’évite de mettre ma galette à chaque fois dans le lecteur (ce qui préserve mon lecteur et mon CD).

 

Bien que je sais que je parle à des convertis, n’hésitez pas à poster votre avis et enrichir le débat par votre propre expérience !

Dans un prochain article, j’aborderai le cas de la snes mini (mon gros coup de coeur de l’été, yep en retard, rétro style) qui permet de retrouver bonnes vibrations… et ce, toujours grâce à l’émulation 😉

octopaddaone

Tombé dans le JV dès son plus jeune âge et ayant passé toutes les étapes du gamer historique (de Pong aux plateformes actuelles), les chemins de la vie l'ont mené sur bien des pistes et différentes expériences, à l'image d'un poulpe et ses nombreux tentacules (forcément pourpres). Ayant obtenu le trophée "papagamer", désormais son rêve de gosse prend forme : écrire des énormités sur un site oueb, déchaîner ses passions et regretter... le manque de donjons dans le dernier Zelda.

5 commentaires
  1. Lamyfritz
    19 Juil. 2018 à 18:13 -----> lui répondre

    Oui et il faut rappeler que le plus pénible avec le jeu rétro reste la prise en main, la jouabilité et le niveau de difficulté. Les jeux actuels permettent de jouer sans quasiment jamais perdre… Pour la prise en main, qui se souviendra de la commande a+start poir enclencher les powerups dans kid chaméléon ? Pas de phases didacticielles à l’époque, il fallait le manuel livré dans la boîte du jeu pour tout piger.

  2. Procope
    16 Août. 2018 à 11:37 -----> lui répondre

    Bel article !
    Que de souvenirs avec le début de l’émulation « grand public » sur PC, autour de 2000-2001 pour ma part. Je me rappellerais toujours les étés passés sur Pokemon Rouge, Chrono Trigger, King of Fighters, Phantasy Star III, toute la journée en pyjama. Nos parents nous laissaient tellement peinards, quand j’y pense… Maintenant au bout d’une heure sur Mario, on coupe la prise.
    « Pas de phases didacticielles à l’époque, il fallait le manuel livré dans la boîte du jeu pour tout piger. » C’est clair. Et encore… Il faut se rappeler du cauchemar (ou de la jouissance, selon les profils) de Baldur’s Gate, impossible de jouer sans avoir lu, relu, appris par coeur le manuel de 200 pages plein de stats, de coéfficients. D’ailleurs, peut-on détester les maths et être fan de RPG ricain à l’ancienne ?…

    Je joue finalement assez peu en émulation désormais, sauf avec ma PSP pour les jeux PC Engine, Neo Geo, ou même PSP devenus très chers. Je suis ce qu’on appelle (je trouve ça bête mais bon…) un retrogamer hardcore, qui joue sur les machines d’origines. J’ai une PS1 modée, une Saturn blanche jap magnifique remise à neuf et modée, et j’ai gardé mes vieilles consoles (Super Nes, Dreamcast, Game Cube, Game Boy Color, Game Boy Advance, Wii, PS2 avec disque dur interne pour les jeux JAP/US). Par contre, contrairement à pas mal, malgré la nostalgie, la période 16/32 bits est très loin d’être ma préférée. J’ai encore regardé toutes les sorties, etc, et y avait un sacré paquet de merdes, bien plus qu’aujourd’hui, qu’on réussissait à nous refourguer avec la complaisance des magazines spécialisés fort peu exigeants. En terme de jeu pur, la période que l’on vit depuis 2006 est pour moi assez grandiose.

  3. octopaddaone
    17 Août. 2018 à 14:05 -----> lui répondre

    Je pense qu’il ne faut pas oublier que la période 16/32 bits nous a accompagné de l’enfance à l’âge de jeune adulte, et donc en ayant vu notre temps de jeux augmenté avec un net élargissement pour moi pour l’ère Playstation (qui comprenait de nombreuses bouses, bien plus marquantes que celle des 16 bits), sans parler des finances qui allaient avec…

    De nos jours, le manque de temps – qui est l’un des changements de la paternité – est contrebalancé par un pouvoir d’achat plus important nécessitant des choix drastiques malgré l’offre pléthorique, et donc moins marquantes pour ma part. De toute façon, si on est toujours aussi passionné par le JV c’est que l’ont trouve son bonheur hier comme aujourd’hui c’est évident, non ?

  4. Procope
    18 Août. 2018 à 10:27 -----> lui répondre

    On va dire que j’y trouve bien davantage mon compte depuis dix ans qu’avant. C’est lié au fait que je n’apprécie pas spécialement les jeux de baston, de bagnole, de plateforme, genres qui n’ont pas disparu, évidemment, mais qui ne phagocytent pas une grosse part du marché comme il y a 25 ou 20 ans.

    « l’usage de l’émulation est de se replonger dans ses anciennes joies passées, bien que certaines ont pris chères avec le temps, retrouver un peu de cette pureté originelle parfois absente dans les jeux actuels. » Y a beaucoup de jeux que tu as fait à l’époque auxquels tu rejoues en ému ? Pour ma part, ce n’est pas tant pour rejouer que pour essayer des jeux auxquels on avait pas accès à l’époque. Ou disons que quand l’ému s’est démocratisé, j’étais déjà trop vieux pour que ça me semble nostalgique d’y rejouer. Je sais pas, par exemple, si je vais ressentir de la nostalgie en rejouant à Shenmue I & II dans quelques jours, c’est quand même pas si vieux. C’est pas pareil que de ressortir un Sonic ou un Super Mario World.

  5. Lamyfritz
    18 Août. 2018 à 22:39 -----> lui répondre

    Après avoir effectivement fait une overdose d’ému dans les 2000’s pour tester les jeux que je n’avais pas fait, qui me faisiaient envie, et qui m’ont souvent déçu par rapport à mes attentes gonflées à bloc par les magazines, hé bien je rejoue aujourd’hui en ému uniquement aux jeux que je connais bien (sinon c’est trop frustrant) en me limitant souvent aux grands canons : Sonic, Mario, Samurai Shodown, James Pond 2… Bref : c’était juste en guise de témoignage alternatif.

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