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[#39] Etre papa et gamer, mais à temps partiel

Temps de lecture : 8 minutes

Suite aux articles très bien faits des amis Procope et Octopaddaone (ici et ) sur la façon quasi militaire dont ils régentent désormais leur vie de parentgamer, et avec des budgets réglés comme du papier à musique, j’ai trouvé que le site étirait un peu trop ses tentacules en direction du lectorat élitiste des business angels et autres golden boys fondateurs de startup et peut-être pire, des sympathisants de la République en Marche.
Blague à part, ça fait dix jours que je ne pouvais plus laisser de commentaire sur le site, voulant apporter un témoignage différent de ceux des amis Octo et Procope, dans lesquels je ne me reconnais pas beaucoup, mais que j’ai trouvés sincères et parfois touchants. Plutôt que de laisser un long commentaire chiant sous leur chronique, cet article (sans doute aussi chiant que le commentaire – mais au moins avec images) constituera un contrepoint, dans laquelle d’autres parentsgamers se retrouveront peut-être mieux.

Croquer le vie ou les pixels : un choix inconciliable ?


Avec un budget maximal de 40 euros par an consacrés au jeu vidéo, je suis très loin des budgets de mes comparses, d’autant qu’ils omettent d’inclure les coûts de leurs consoles et ordinateurs, qui sont très chers. Qui dit software dit hardware : quand on collectionne les voitures, on ne parle pas que du prix de l’essence, des assurances et des péages tout de même. Pour moi, acheter une console ou un ordinateur ne se fait pas à la légère, et d’ailleurs acheter un jeu non-plus. Il faut vraiment que je sois sûr ou que j’aie un vrai coup de cœur.


Comprenez-moi bien : j’ai été à découvert tous les mois pendant quatre longues années, sans jamais prendre de vacances, à plein temps et bourré d’heures sup’ (madame pareil, ok ?) avec trois enfants à charge, pas une goutte d’aide sociale, nous avons même été fichés quelques mois à la banque de France, j’ai dû vendre ma maison à perte juste parce que la vie est chère : bouffe, garderie et cantine, transports, avocats (parce qu’il nous a fallu nous défendre contre un coup dur), et soins hospitaliers pour mon fils (non non tout n’est pas gratuit). Rien d’autre à la vérité ! Mais comme le dit Philippe Katerine, « la vérité est toujours démodée ».

Je sais que je suis loin d’être le seul parmi les salariés de base – sachez juste que je suis beaucoup plus heureux aujourd’hui qu’il y a dix ans, même simple locataire, même devenu à 200% dépendant de mon métier et ayant abdiqué la majeure partie de mes activités et passions d’antan. Je me suis simplement habitué à vivre chichement, à agir de façon plus utile, à partager davantage, sans acheter tout un tas de trucs. J’ai même depuis rencontré des gens qui arrivent encore mieux que moi à avoir une conception de l’abondance qui ne passe pas du tout par le matériel. Procope évoque le terme de « décroissance » : sans aller jusque là, je me permets simplement de questionner le rapport de ma génération au jeu vidéo.

Peut-on être un vrai gamer sans consommer comme un dingue ?

Vous vous dites certainement : « non mais oh, il fait chier celui-là, à whiner comme un Terran à Starcraft 2 : s’il s’est enlisé dans le sable, c’est que c’est pas un vrai joueur d’abord, il faut se donner les moyens de ses ambitions, d’ailleurs qu’est-ce qu’il fait encore là ? »

Ne vous y méprenez pas, je ne suis pas un repenti devenu intégriste ! J’ai gardé intacte ma passion du jeu vidéo d’autrefois, mais je m’en suis éloigné par la force des choses, et par le fait que le jeu vidéo a changé et me correspond moins. Comme le dit Hujyo, qui refuse le bullshit, on est devenus plus exigeants. Et puis j’ai écopé d’autres passions tout aussi prenantes : je suis sidéré par le budget « jeux vidéo » d’Octo et Procope mais pense que vous trouveriez tout aussi excessif ce je mets parfois dans certaines bouteilles de vin. Alors à chacun sa passion ? Attention : le grand vin, je l’achète avec en tête l’idée du partage, avec les amis, avec la famille, et certaines bouteilles dormiront encore plusieurs années pour les 18 ans de mes enfants. C’est leur héritage. C’est tradi. Et je sais que sur ce site on veut faire du jeu vidéo quelque chose de similaire. Dans le vin aussi existent aussi de grands collectionneurs, qui claquent des fortunes pour des vins qui font rêver… ! Mais le jeu vidéo (à l’exception de certaines bornes d’arcade et de la Neo Geo) reste quand même un produit grand public et qui verse volontiers dans la quantitatif (et son corollaire le troll) car à lui tout seul il ne constitue pas un signe extérieur de richesse. Il appelle donc à l’accumulation, c’est une des conditions de sa survie.


Nous avons tous ici été gamers étant enfants et le plus souvent, on s’achète des jeux uniquement pour nous-mêmes, avec en arrière pensée une représentation mentale idéalisée de ce que pourrait être le jeu vidéo en famille. Peut-être qu’on se ment un peu à nous-mêmes avec cette histoire de patrimoine vidéoludique, même si j’ai parfois envie d’y croire – cette tendance merdique à la dématérialisation met de toutes façons cette dynamique de transmission en danger. J’en reparlerai dans un prochain article. Mais heureusement que nous avons ce site pour échanger, sortir un peu de notre bulle, créer quelque chose à partir de notre passion, parce que sinon nous ne serions que des consommateurs stériles.


Allons. Le seul jeu qui m’intéressait cette année, à savoir : Zelda Breath of the Wild, me coûterait la bagatelle de 350 euros. Ca fait donc 350 euros pour un seul jeu, parce qu’il faut se payer la console d’abord – console que je qualifierais d’inutile, vue la ludothèque restreinte (et qui, hors jeux dématérialisés, va le rester quelques temps), mais aussi vu le peu de temps que j’y passe chaque semaine (30 minutes à une heure de jeu en moyenne) et vu, surtout, le risque que mes gamins se l’accaparent et que je doive me battre sans arrêt avec eux ! Il y a bientôt dix ans, j’ai déjà dû supprimer purement et simplement une Nintendo DS de la maison, qui avait transformé le comportement du plus grand (8 ans à l’époque) de façon extrêmement inquiétante. Mes comparses donnent parfois l’air d’oublier leur rôle de parentsgamers mais c’est qu’ils ont des enfants encore tout petits, ou bien ce sont des filles, forcément moins attirées par le jeu vidéo et c’est normal – n’en déplaise aux tenants absurdes de la théorie du genre !

Jouer avec, sans ou contre ses enfants ?

Aujourd’hui, c’est devenu pratiquement impensable pour moi de jouer sans avoir mes enfants avec moi, par exemple, enfermé seul dans un bureau. Ce n’est pas seulement une question matérielle, de manque de place ou autre.  C’est aussi une question de choix : je n’ai pas envie de leur montrer ce type de comportement et de transformer le fait de jouer en hygiène de vie solitaire, bien loin de l’image que je me fais d’un père. Attention, on touche là à une de mes contradictions. Je ne dis pas que jouer seul la nuit dans mon bureau ne m’arrive jamais : on a tous besoin d’un moment d’intimité sans être dérangé, adultes comme enfants… mais je consacre rarement ces instants d’intimité au jeu vidéo car je ramène aussi du boulot chez moi, je bosse presque toutes les nuits, dès fois je fais un cinoche ou un DVD avec madame, je tape un article qui me tient à cœur sur le site, ou bien je dors tout simplement !


Donc quand je joue, c’est que mes enfants sont là, et j’ai même tendance à les attendre pour jouer : ils ont le droit de regarder ou même de participer. Et quand ils ont déjà joué aux jeux débiles sur le portable de madame ou regardé des dessins animés, je m’abstiens sans aucun remords de jouer pour leur éviter une saturation d’images ou le supplice de Tantale. Vous imaginez bien qu’avec cette philosophie je me suis privé de nombreux titres inadaptés au regard des enfants. Certains de mes jeux Wii comme les House of the Dead ou Resident Evil dorment ainsi depuis plus de 7 ans. Comme mes bouteilles de vin à la cave, ils attendent que le temps soit venu. Patience. Et au pire, tant pis.


Après des années où l’on a manqué de tout, je ne peux pas imaginer dépenser des sommes importantes pour de jeux dont mes enfants ne pourraient pas profiter, et que je ne pourrais pas partager directement avec eux. Ce serait un double sacrifice : d’une part c’est une grosse dépense qui en exclut d’autres, et d’autre part c’est les exclure en faisant des efforts pénibles pour leur barrer quotidiennement l’accès à un truc très tentant  – qui a d’ailleurs été idéalement désigné pour leur donner envie de jouer, et à terme les fidéliser. J’ai donc opté, cette année, plutôt qu’une Switch avec le dernier Zelda, pour des vacances de Noël en famille au grand air, et une bouteille de Nenin 2008, merde faut pas déconner.

Confession finale… !

Je n’ai pas peur de me contredire : j’ai déjà fait le grand saut il y a des années, donc je ne vais pas jeter la pierre à qui que ce soit. Une Switch avec Breath of the Wild c’est un peu ce que j’ai raqué pour mon fantasme de gosse, sur Sonic CD à l’époque du Mega-CD : 2000 francs ! Et ce pour un seul jeu, certes mythique – il y avait bien Road Avenger dans le bundle, pas une grosse merde mais presque.


Et puis d’ailleurs, quand j’y pense, j’ai réitéré ma folie pour la 32X, que je n’aurai acheté que pour Virtua Racing Deluxe (j’étais dingo de ce jeu et voulais construire mon propre racing cabinet) ! Et pareil pour le PC, que j’ai acheté uniquement pour jouer à Dune… mais qui ne m’a jamais déçu, lui, car le PC n’a jamais encore mis d’écriteau « The End » : c’est un univers qui n’arrêtera plus de s’étendre, peut-être jusqu’à la fin des temps.

Lamyfritz

Vieux flibustier chiqueur de pixel et écumeur de poulpe, retiré avec femme et enfants. Engagé comme matelot au temps de l’Amstrad puis comme corsaire à bord de la Megadrive, il décime l’armada 8-bits et harcèle les navires de chez Nintendo. Le PC lui permet d’être son propre capitaine mais il rêve toujours de cette époque d’aventures où le jeu vidéo était encore terra incognita.

19 commentaires
  1. theprocope
    17 Jan. 2018 à 12:26 -----> lui répondre

    Je ne me reconnais pas non plus, mais ton témoignage est intéressant. Comme tu dis, on s’adapte à ce qui est possible dans l’environnement que l’on a choisi, ou que l’on subit – à te lire, on a l’impression que c’est un peu les deux à la fois. Je peux tellement comprendre qu’après avoir connu tant de galère, réussi (c’est en tout cas ce qu’on devine) avec ta femme à remettre la famille sur un chemin moins cahoteux, à force de labeur et de sacrifices, tu fasses très attention. Je n’oublie pas que, comme par hasard, ma période durant laquelle je n’ai pas joué a correspondu exactement à l’époque à laquelle je vivais en-dessous du seuil de pauvreté. J’aimerais toutefois, savoir, Fritz, si ton « économie » provient, à ton avis, de ton expérience malheureuse, ou d’une philosophie de vie particulière ? Tu n’uses 40 € juste parce que y a quasi aucun jeu qui te plaît, parce que tu mets de côté, tu dois payer les factures, etc, ou parce que tu es contre, tout simplement, le fait de dépenser autant pour des jeux vidéo ? Et, si tu n’avais pas connu la dégringolade sociale, est-ce que tu aurais pris ce chemin ?

    Une bonne bouteille de Nenin 2008, c’est 3/4 de mon budget annuel, non ? Mettre plus de 15 € dans du pinard, c’est pour moi impensable, comme ça t’est impensable de mettre cette somme dans un jeu vidéo, parce que tes priorités ont changé. Les miennes changeront probablement aussi un jour.

    Pöur ma part, le jeu vidéo en famille, ça m’intéresse à peu près autant que les jeux Nintendo, c’est pour dire… C’est sympa de faire jouer ses gamins, mais pour moi le jv est avant tout une activité solitaire, dans le noir, avec un casque sur les oreilles. Et de toute façon, 99 % des jeux que j’aime sont trop violents pour qu’ils y jouent avant leurs 12 ans. Mais tu notes aussi que c’est lié au fait que la nuit, tu bosses, tu as fait le choix (ou pas) de ramener ton travail à la maison (ce que je refuse pour ma part quitte à gagner très très peu), donc forcément les gamins sont dans les parages quand tu as du temps la journée.

  2. lamyfritz
    17 Jan. 2018 à 13:01 -----> lui répondre

    Youpi ça marche…
    bon : j’ai envie de dire « tu as tout compris » ! Tu as donné les trois bonnes réponses à ta question ! Allez je fais un effort pour nuancer.
    Je n’ai jamais vécu sous le seuil de pauvreté car j’ai toujours bossé et honoré toutes mes factures…
    La vraie dégringolade sociale, à mes yeux, est d’avoir contracté un prêt immobilier pour espérer être propriétaire 28 ans plus tard, et m’enterrer sur place, pour faire comme tout le monde. Quel bonheur d’avoir raté ça ! Mais avant, il est vrai que j’avais un peu mis le jv de côté (ainsi que la lecture) car je bosse beaucoup, beaucoup, beaucoup et je suis accro à mon taf, qui demande de beaucoup bosser sur écran – après je sature forcément. Donc j’ai eu mes gosses à un moment de vie certes galère mais où j’avais déjà pris quelques distances avec le medium.
    Mais la question du jv quand on est parent se pose forcément un jour.
    Moi c’est dépenser MOINS de 15 balles en vin qui est dur à envisager ! Un Nenin 2008 se négocie à 45 euros chez Gamm vert. C’est cher, certes, donc j’achète ça une fois ou deux l’an.

    1. octopaddaone
      17 Jan. 2018 à 15:41 -----> lui répondre

      hahahah Lamyfritz qui précise qu’il peut acheter « que » 45€ une bouteille, moi j’ai souvenir de conversations où la centaine d’euros était allégrement dépassée pour une bonne bouteille 🙂 En tout cas les comm’ remarchent (je pense que tu dois faire de la télékinésie) ne doute jamais de la force, jamais !

  3. lamyfritz
    17 Jan. 2018 à 18:08 -----> lui répondre

    Oh, tu te calmes : je n’ai acheté qu’une seule bouteille plus de cent euros, un gevrey chambertin pour les 18 ans de ma fille. J’ai également une bouteille d’ermitage inestimable à ma cave, qui m’a été offerte.

  4. octopaddaone
    17 Jan. 2018 à 21:10 -----> lui répondre

    haha j’ai touché le point sensible du bouteille gamer là : + 1

  5. lamyfritz
    18 Jan. 2018 à 06:50 -----> lui répondre

    J’assume…! Nobodiz perfect.
    Note que j’ai trouvé la manip.

    1. theprocope
      18 Jan. 2018 à 11:42 -----> lui répondre

      Fritz a le droit d’être alcoolique après tant de soucis :d :d :d
      Ah, Gevrey… j’ai fait je ne sais combien de vendanges avec mon père là-bas, une belle bande d’enfoirés mauvais payeurs.

  6. Lamyfritz
    18 Jan. 2018 à 12:17 -----> lui répondre

    J’étais déjà alcoolo avant les soucis. Ça se trouve c’est le même domaine (j’irai voir).

  7. Lamyfritz
    18 Jan. 2018 à 19:54 -----> lui répondre

    Oups en fait c’est un Chambolle Musigny. Milles excuses…!
    Mais j’ai déjà bu un gevrey ch. du Domaine de l’arlot (situé à morey st denis si je ne m’abuse)…

    1. Procope
      20 Jan. 2018 à 11:07 -----> lui répondre

      Ecoute, tu sais quoi, Fritz, un jour on ira faire un tour des grands crus avec mon meilleur pote, qui a la même passion que toi 😉

      1. Lamyfritz
        20 Jan. 2018 à 12:09 -----> lui répondre

        D’accord ! Comment refuser ? C’est si difficile d’entrer dans les grands domaines bourguignons !

  8. El Burrito
    20 Jan. 2018 à 10:08 -----> lui répondre

    Témoignage intéressant et qui dénote effectivement de celui de tes estimés collègues.
    Je n’ai pas non plus un budget qui me permet de jouer à toutes les nouveautés, mais je trouve qu’aujourd’hui on peut rester gamer sans craquer son PEL. Les jeux (hors nintendo) sont souvent bradés quelques mois après leur sortie, le marché de l’occasion offre plus d’opportunités que jamais, et si on n’est pas réfractaire au dématérialisé les soldes steam et psn sont une aubaine. Reste le prix des consoles, mais là aussi en guettant les bonnes offres on peut faire de belles économies.
    Après je comprend parfaitement ton point de vue, tes priorités ont évolué, et tu préfères les dépenses utiles pour toute la famille, ce que je conçois aisément 😉

    1. Lamyfritz
      20 Jan. 2018 à 12:13 -----> lui répondre

      Disons que le démat’ est très court-termiste et ne permet plus d’envisager l’achat d’un jeu que l’on partagera peut-être dans 5 ou 10 ans avec ses enfants.

      1. El Burrito
        20 Jan. 2018 à 16:40 -----> lui répondre

        Je ne comprends pas trop cet argument.
        J’ai des jeux dématérialisés sur xbox360 qui ont plus de 10 ans et qui sont toujours disponibles sur le market xbox (ou quel que soit son nom), donc que je pourrais éventuellement re-télécharger aujourd’hui, et certains sont même rétrocompatibles xbox one.
        Alors oui « un jour » microsoft débranchera la prise et je n’aurai que mes yeux pour pleurer, mais ton dvd xbox 360 sera peut être illisible dans 10 ans aussi (cf problème du dvdrot).
        Je ne parle évidemment pas du PC où la rétrocompatibilité ne pose pas de problèmes dans 90% des cas (et il y a des boîtes comme GOG qui font en sorte de pouvoir faire tourner les jeux d’hier sur les bécanes d’aujourd’hui).
        Et même si un jour tous nos catalogues démat’ venaient à disparaître, il y aura toujours des moyens plus ou moins légaux de tout récupérer 😉

  9. Lamyfritz
    20 Jan. 2018 à 19:10 -----> lui répondre

    Nous ne sommes pas éternels (ok ça casse l’ambiance, désolé). Si tu te fracasses en bagnole demain, quid de ton pseudo et mot de passe microsoft ? Je n’en parlerais pas si ça n’avait pas failli m’arriver il n’y a pas si longtemps. Alors bon, c’est vrai, chez le notaire, ce qui importe, c’est le patrimoine immobilier, et je ne suis plus propriétaire, donc je n’aurais actuellement rien à léguer à mes enfants ( pour moi, être propriétaire présentait bien un seul intérêt, et c’était celui-là : leur sécurité s’il m’arrivait quelque chose) . C’est pour ça quand je pense « patrimoine » je pense avant tout à « qu’est-ce que je laisse » en termes de souvenirs. De moments partagés. Il faut que ce soit concret, facile, abordable, trouvable dans une malle d’un grenier. Quand bien même un DVD foirera, il restera toujours tous les autres. Mes cd de warcraft2, duke nukem et starcraft1 se portent d’ailleurs comme des charmes. Et je pense que c’est une erreur, tous ces téléphones portables pour prendre des photos et des films, qui finiront effacés au nom de la mode. Je mets un point d’honneur à faire un album photo papier chaque année, et une galette avec toutes les vidéos de vacances. Je fais partie d’une génération entre deux, autant je n’apprécie pas le culte de l’instantané imbécile qui finira par couper tout le monde de ses racines (sauf les plus dingues), autant je n’apprécie pas non plus la génération du dessus, qui se construit des mausolées plus ou moins avoués, se figeant facilement (parfois par faiblesse, parfois par intérêt) dans le passé et nous emmerde avec leur morale. Je ne veux pas de ce rôle. Je veux transmettre quelque chose, et si je n’y arrive pas, tant pis. Mais au moins, j’aurai essayé, et j’aurai tout fait pour faciliter la tâche à mes descendants.

  10. octopaddaone
    20 Jan. 2018 à 20:07 -----> lui répondre

    Heu les gars on recentre sur le JV et le papagamer sans tomber dans la sinistrose et le nihilisme ? Merci.

    P.S. relis ton article et certains comm’ ici et là, je précise : foin de jugement de valeurs sur les autres, chacun est libre de mener sa vie comme il le veut. octopaddle.fr ne deviendra jamais le lieu d’une pseudo morale imposée et méprisante.

  11. Lamyfritz
    20 Jan. 2018 à 20:35 -----> lui répondre

    Nihilisme ? Au contraire. Je suis en train de parler de valeurs fondamentales, de la réalité de tout parent, qui souhaite léguer quelque chose, et surtout partir avant ses enfants. Qui ne partage pas cela ? Par ailleurs, le jeu vidéo en héritage n’est pas un moindre sujet. Orienter le rapport de ses enfants à la consommation non plus. Je suis désolé mais on n’est pas hors sujet du tout. Ça fait longtemps qu’à l’image du manga « les gouttes de dieu » sur le vin j’ai eu l’idée des « pixels de dieu ». En substance : quels seraient vos 12 apôtres, les 12 jv que vous souhaiteriez laisser à la postérité ? Et trônant au dessus de ces 12, quel serait le jv ultime, clou de votre vie de gamer – les « pixels de dieu » ? Note : rien de religieux là dessous, ce n’est évidemment qu’une image poétique.

  12. melkiok
    27 Jan. 2018 à 12:43 -----> lui répondre

    Voila une belle conclusion à cette trilogie d’article qui par le prisme de votre propre expérience gaming et souvenir de votre enfance parvient à expliquer la relation qui vous lie à vos enfants du point de vue du jeu

    Vous avez chacun des avis et une façon de prendre en considération vos désirs et besoin de JV pour les concilier avec la vie de famille
    Et j’admire que vous puissiez continuer à entretenir la flamme !

    Combien de Papa se sont laissé bouffer par la charge mentale d’une vie de famille pour ne lancer qu’un fifa une fois par semaine ?

    Bravo à vous 🙂 (j’évite volontairement le débat qui vous a animé tout au long de vos 17 commentaires :O)

  13. Lamyfritz
    27 Jan. 2018 à 17:54 -----> lui répondre

    Rhôoooo… Elle est où, l’huile sur le feu ?

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