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[#38] Etre papa et gamer à plein temps, comment faire ? 2/2

Temps de lecture : 9 minutes

Après avoir vu dans une première partie la gestion du temps et l’arrivée des bambins dans nos vies de joueurs, seconde partie consacrée à l’épineuse question du budget et du partage de notre passion avec notre marmaille. Bonne lecture !

Parlons consommation. On entend souvent dire que le jeu vidéo coûte cher : êtes-vous d’accord ? Avez-vous un budget spécialement dédié aux jeux vidéo, et quels sont vos critères d’achat ?

Comme je le disais plus haut, grâce aux réseaux sociaux, le consommateur est rapidement avertit des bons plans, qui certes coûtent cher aux pauvres développeurs qui voient parfois leurs jeux bradés par leurs propres commerciaux (vous avez dit Bethesda ?). Et le papagamer peut prévoir son budget tranquillou en raison du fait qu’il ne peut  pas jouer à tout : une petite sélection basée sur la lecture de site web, retour de collègues et instinct : par exemple un Final Fantasy XV fut pour moi une expérience mémorable bien que le jeu fut démonté par certains journalistes. Le libre arbitre reste le meilleur conseil. En terme de budget jeu vidéo (hormis jeux offerts par ma chérie soit 2 à 3 jeux/ an et les reventes qui me permettent de racheter sans dépenser plus), voyons… pour 2017 (sans compter l’achat d’une Switch + Gamepad pro, ce qui arrive tous les 4 ans pour du nouveau matos) :

Les jeux joués en 2017

  • Switch : Mario Odyssey, Zelda BOW, 1-2 Switch*, Mario Kart 8*, Wonderboy : 110€
  • PS4 :Horizon Zero Dawn* – Final Fantasy XV* (ok achat fin 2016 mais jeux finis en 2017 !), Persona 5*, les jeux neufs soldés entre 10 et 20€ : Batman : Return to Arkham, Dishonnored 2, Deux Ex Mankined Revolution, Wolfenstein Old Blood, Prey, Assassin’s creed origins (14,99€ en neuf, yes !) : 80€/100€, vraiment une bonne année !
  • Vita : Metal Gear Solid 3* (acheté en 2015 mais fini en 2017), Shovel Knight (20€)
  • 3DS : Metroid : Samus Return (34€ )
  • PC/Mac : Twimbleed Park en boite collector US (35€), Elders Scrolls online (19€, le regret de la liste), 3-4 jeux en solde Steam (20€)

€€€ Total : environ 300€/400€ par an €€€

*jeux offerts ou achetés en 2016, donc non comptabilisés dans le total (en €)

*************

Si l’on est collectionneur, ou si l’on veut garder les jeux achetés à la sortie ou peu de temps après, le jeu vidéo est effectivement un loisir extrêmement cher, surtout en comparaison d’une de mes autres passions, la littérature. Pour le prix d’un jeu, je peux avoir trois livres grand format, ou quasiment une dizaine de poches, par exemple. Si l’on souhaite échanger, ou vendre la grande majorité de ses jeux une fois ceux-là terminés, la facture est beaucoup moins lourde. Pour ma part, j’ai un budget, tous loisirs confondus, de 100 € par mois, à laquelle s’ajoute mes ventes sur PriceMinister, variables d’un mois à l’autre, mais que je situerais à 80 € par mois lissé sur l’année. Je ne dépasse jamais, sauf rare exception, ce seuil de 100 € + ventes PM ; s’il reste de l’argent, elle part dans une cagnotte familiale. J’utilise un tableur excel où sont listées toutes les sorties, même celles qui m’intéressent moyennement, avec certaines infos qui me permettent de planifier un trimestre à l’avance mes prochains achats. Le point central de ma méthode maison est de choisir ces derniers en fonction du type de jeu, donc de sa durée de vie. Acheter trois RPG dans le mois est suicidaire, ou du moins, risque de coûter très cher à long terme. Comme nous l’avons vu, je pars toujours d’un minimum de 100 h de jeu par mois. En face de chaque jeu, j’indique donc le temps de jeu et donc le temps qu’il me faudra pour le mettre sur le marché de l’occasion ou de l’échange, et je choisis en fonction. J’ai aussi un tableur avec toutes les tendances de baisse de prix par série, éditeur, plateforme : je peux ainsi savoir, avec finalement une précision assez importance, quand tel jeu va baisser une première fois de prix, une seconde, une troisième, et quand il atteindra le prix plancher. Cela me sert beaucoup pour savoir quand acheter, et surtout avant quel palier il faut que je vende pour rentrer à peu près dans mes frais.

Les jeux joués en 2017

  • Switch : Zelda : Breath of the Wild (offert si je puis dire par la caissière de la Fnac…), Xenoblade Chronicles 2 (49,99 € à la fnac, 10 € de bons d’achat offert), Fire Emblem Warriors Edition Collector (29,99 € sur Amazon Allemagne)
  • PS4 : Psycho Pass Edition collector (30 €, échangé contre Nier Automata), Nier Automata (9 €), Yakuza 0 (40 €), Yakuza Kiwami (29,99 €), Uncharted Lost Legacy (39 €, 10 € de bons d’achat fnac offert, revendu 25 €), Mafia 3 (8 €), Persona 5 Edition Collector (69 €), Titanfall 2 (4 €), Killing Floor 2 (« offert » avec le PS+, 4 €), Ys Origin édition Limited Run Games (39 € port compris), Stories Untold (PS Plus, 4 €), Horizon New Dawn (9 € + Titanfall 2), Mass Effect Andromeda (40 €), Prey (47 €), FFXII Zodiac Age (4 €), Destiny 2 (50 €, 10 € bons d’achat fnac offert), Assassin’s Creed Origins (51 €), Danganronpa V1&2 (4 € + Diablo 3 PS4), République (4 €).
  • Xbox One : Torment Tides of Numenera (40 €), Pillars of Eternity (29 €), Dishonored : Death of the Outsider (25 €, 5 € bons d’achat fnac offert), The Crew (4 € + Project Cars), Mirror’s Edge Catalyst (9 €), Everspace (démat, 30 €)
  • PC : Her Story (1,79 €), Black Watchmen (1,99 €), Endless Legend (10 €), Civilization in space (10 €), To the Moon (2,99 €)
  • SNES : Soul Blader JAP (en boîte, 20 €)
  • PS3 : Suikoden 3 (démat, 10 €)
  • Xbox 360 : Fable Anniversary (9 €), Might of Magic (5 €), Fallout New Vegas (7 €), Vanquish (7 €), Oblivion Complete Edition (9 €), Prey (5 €), Mass Effect (5 €), Risen 2 (5 €).
  • PSP : Tactics Ogre (19 €)
  • 3DS : Rodea (5 €), Shin Megami Tensei : Devil Summoner Soul Hackers (29 €)

 

Ventes spéciales : PS4 blanche édition Destiny 150 €, TV Sony 300 €, Nes Mini (130 €) >> mais tout ce pognon est passé dans mon déménagement ou les impôts, pas dans ma cagnotte loisirs malheureusement.

Ventes : Diablo 3 One (24 €), Xenoblade Chronicles X (27 €), Pillars of Eternity PC (30 €), Star Wars Battlefront (15 €), Bloodborne (20 €), Dying Light (20 €), Xenosaga 1 US (30 €), State of Decay (15 €), Gunbird 2 Dreamcast (30 €), Grandia 2 (40 €), Sherlock Holmes Devil’s Daughter (15 €), FFXV (20 €), Legend of Zelda SNES (40 €)

€€€ Total : 850 € d’achats en 2017, environ 550 € ventes déduites hors spéciales €€

 

D’ailleurs, est-ce que par exemple, vous achetez plus ou moins de jeux et de consoles maintenant qu’il y a dix ou quinze ans ? 

 

La question en appelle une autre, en fait : est-on, en grandissant, plus exigeant, y compris dans ses critères d’achat ? Plus raisonnable ? Malheureusement, non. Quand j’étais adolescent, mon père me gravait des jeux PS1, ou m’offrait un jeu par trimestre pour ma Dreamcast environ. Ensuite, j’ai pu consommer de façon très modérée au gré des petits boulots et des contrats précaires, mais le fait de suivre l’actualité des sorties, de s’organiser, de s’informer sur les différences de prix entre enseignes, etc, est vraiment assez récent pour moi. J’ai eu ma période d’achats rétro il y a 2/3 ans, où j’ai claqué beaucoup de fric (à mon échelle) dans l’achat d’une Saturn booté, d’une PS1 pucée, d’une GC bootée aussi, avec des tonnes de jeux auxquels je n’avais joué et que je dévorais des yeux depuis parfois plus de quinze ans : Panzer Dragoon Saga, Deep Fear, Shining Force 3, Xenogears, Chrono Cross, Front Mission, Dragon Force, Legend of Mana, Policenauts… Le plus frustrant évidemment est que le moment où on commence à avoir de la thune pour vraiment se faire plaisir coïncide avec le moment où on a des gamins, et donc peu de temps. Je ne me vois pas arrêter de consommer à ce rythme avant longtemps sauf si, d’ici quelques années, le dématérialisé finit par l’emporter. L’achat de dématérialisé équivaut à mes yeux à de la location, et il est hors de question que je mettre plus de 30 € dans ce format, y compris pour un AAA et un jeu que j’attendrais énormément, puisque tout mon modèle économique domestique est basé sur l’achat-revente-échange. Je ne pourrais pas suivre le rythme financièrement avec du dématérialisé, tout simplement.

 

Ce n’est pas comparable pour moi : il y a une quinzaine d’année, étant à l’étranger, le budget jeux était moindre mais le nombre de jeux acheté était délirant : car la législation locale ne s’occupant pas du respect du copyright – si vous voyez ce que je veux dire –  nombres de boutiques locales vendaient à des prix dérisoires tous les jeux disponibles sur le marché en Occident… mais j’ai pu ainsi me rendre compte qu’en faite la disposition de jeux à satiété n’était pas gage de jeux de qualités… sans parler que souvent j’y jouais 10 mns et hop le jeu finissait perdu dans un classeur. C’était un peu le même sentiment quand l’émulation grand public a permis de mettre la main sur tout le catalogue que nous rêvions gamin ! Même mon épouse ne comprenait pas cette boulimie d’achat pour si peu y jouer… dire que j’ai tout laissé en revenant en France, c’est dire la balzitude devant une accumulation à la Picsou !

 

On a tous envie de faire partager notre passion à nos enfants, et de leur faire découvrir les jeux qui ont bercé nos jeunes années. D’abord, maintenant que vous êtes papa, quel regard portez-vous sur la manière dont vos parents ont géré votre accès aux jeux vidéo pendant votre enfance ? Ensuite, avez-vous pu réfléchir (et mettre en pratique) à la meilleure méthode, selon vous, afin d’initier la famille à ce médium ?

Ne voulant pas leur bourrer la tête avec mes propres passions – comme ce fut le cas pour moi par mes parents plutôt très distants vis-à-vis des jeux vidéo – on y vient par à coup, mon épouse servant d’arbitre également  : parfois 1 heure un soir ou 2 heures le week-end, côte à côte , moi jouant et mes petites regardant du jeu Nintendo… bien que désormais grâce au génial Mario Odyssey ma plus grande m’accompagne dans le jeu mais en limitant la session de jeu à 1h/ 1h30 par semaine. Bien sûr c’est aux parents de mettre la limite car pour un enfant, vous le savez tous, il n’a pas de limite… : précieux acquis de l’âge adulte. Par contre, je pense par petites doses faire essayer différents jeux : du Nintendo (de la nes à la gamecube), du Sega et plus tard, j’espère qu’elle prendra une de mes consoles portables pour découvrir un Zelda (elle aura le choix : je les ai tous !) et faire ses propres expériences. Attention à la future rubrique sur le site  « la fille du papagamer »!

J’ai eu des parents très permissifs qui me laissaient jouer, du moins à partir de mes 12 ans, toute la journée pendant les week-ends et les vacances. Je ne me souviens pas avoir vraiment eu de restriction après l’école – je m’autogérais, je ne pense pas que j’abusais quand j’avais école. Ils étaient contents que j’ai une passion, mais ne s’y intéressaient absolument pas. J’ai jamais joué avec mon père, ou ma mère. J’ai été le premier dans ma famille à m’y intéresser. J’ai des souvenirs extraordinaires de sessions de quinze heures de suite sur Final Fantasy VII, Shenmue, Soul Calibur, MGS2, Wild Arms, Alundra, surtout pendant les grandes vacances où c’était vraiment moi qui gérais mon emploi du temps comme je l’entends. J’ai franchement du mal à juger, à savoir si c’était bon ou mauvais. C’est aussi cet excès qui m’a permis d’oublier des problèmes familiaux assez graves, la précarité, le cancer de ma mère, etc. Je pense que dans un environnement plus sain, j’aurais eu moins besoin de m’évader. Les enfants vont naturellement adopter les nouvelles technologies, embrasser les nouveaux médias : il n’y a pas besoin de les pousser à essayer la Switch, ou l’Ipad, ils y vont eux-mêmes avec grand plaisir. Nous avons, avec ma femme, posé des limites assez fermes : 30 minutes de jeux vidéo (Zelda, Rayman Legends, Super Mario World, Kirby…) par jour pour ma fille, 1h le week-end. On essaie, avec sa maman, de lui expliquer les mécaniques, l’histoire des séries, de lui montrer qui font les jeux, comment ils sont fait, etc. Ce travail de pédagogie est à mes yeux essentiel. Le jeu vidéo est un bon moyen de partager, et aussi de faire réfléchir les enfants à certains problèmes qu’il faut résoudre. Et ça apporte un peu de magie à un quotidien pas toujours heureux, il faut l’avouer.

 

Ici la première partie de l’entretien

octopaddaone

Tombé dans le JV dès son plus jeune âge et ayant passé toutes les étapes du gamer historique (de Pong à ...), les chemins de la vie l'ont mené sur bien des pistes et différentes expériences, à l'image d'un poulpe et ses nombreux tentacules (forcément pourpres). Ayant obtenu le trophée "papagamer", désormais son rêve de gosse prend forme : écrire des énormités sur un site oueb, déchaîner ses passions et regretter... le manque de donjons dans le dernier Zelda.

5 commentaires
  1. El Burrito
    9 Jan. 2018 à 21:31 -----> lui répondre

    Chapeau les gars, je salue l’organisation de votre budget, je serais bien incapable de lister les jeux que j’ai achetés en 2017 alors calculer combien j’ai dépensé cette année… 😀
    Très intéressant encore une fois, je suis fan des méthodes de fou de Procope, moi qui ai tendance à accumuler des jeux qui prennent la poussière et qui ne revend jamais rien (alors que je ne referais certainement jamais 99% des jeux déjà finis) ça remet les choses en perspective ^^

    1. theprocope
      14 Jan. 2018 à 02:16 -----> lui répondre

      Je précise d’ailleurs que le budget est réel, mais en fait les jeux vidéo ne me coûte rien, si je puis dire, puisque mes ventes sur PM y est supérieur. Nécessité fait loi…

  2. Lamyfritz
    10 Jan. 2018 à 18:41 -----> lui répondre

    Je suis en train de préparer un article totalement à contre-pied de celui-ci. Publication dans quelques temps… !

    1. theprocope
      14 Jan. 2018 à 02:20 -----> lui répondre

      Oui, je l’ai lu, et passé l’énième remarque digne des idiots utiles de la France insoumise (je trolle, mais je n’en pense pas moins), ton témoignage est très intéressant. Je commenterais quand il sera publié, mais je dirais juste un truc : parmi tous mes potes, mes connaissances, etc, je dois être celui qui consomme le moins. Pas de maison, pas de crédit, pas de belle bagnole, pas de cave à vin, pas de vacances, pas de bijoux, etc. Au final ça me fait un budget de 70 € par mois, et c’est payé par mes ventes sur PM ou mes heures sup. Ca n’a absolument aucun impact sur le budget domestique, c’est une règle que je m’impose.

  3. melkiok
    14 Jan. 2018 à 12:28 -----> lui répondre

    Ah ben voila je tombe sur le sujet « partage de la passion avec les marmots » 🙂
    J’ai honte mais en tant que Papa vous avez réussi a faire + de jeux que moi chapeau bas !
    Que de grands souvenirs j’ai avec mon père sur le jeu Dune ou bien encore sur les parties endiablés sur Target Renegade ou Streets of Rage 2
    La question de la transmission est assurément vitale 🙂

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