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[à voir] Comment initier ses gosses à Star Wars ?

Temps de lecture : 5 minutes

Il y a quelques temps Le Guide du Parent Galactique, un site de parentgamer concurrent, avait suscité mon intérêt en lançant le débat suivant : dans quel ordre faire découvrir les épisodes de Star Wars à ses gosses ? Et à partir de quel âge ? Petit retour d’expérience au sein de notre famille, en attendant l’épisode 8.

Ce weekend nous avons terminé le cycle des 8 épisodes actuellement sortis (en comptant Rogue One), dans un ordre assez peu commun, je dois l’avouer. Comment tout cela est-il parti ?


Fin 2015 j’ai commencé le baptême du feu avec le tout nouveau tout beau Episode VII : Le Réveil de la Force, en day one, comme disent les copains. J’ai amené mes deux garçons, de 6 et 15 ans à l’époque. Impromptu, impatience et fêtes de Noël dans l’air, plus un film qui rappelait beaucoup le tout premier opus de 1977 : carton plein, le virus a pris et nous nous sommes régalés. J’ai eu beaucoup d’émotion à ce que Star Wars continue. Je vais y revenir à la fin ce cet article. Bref. Le Réveil de la Force a eu le mérite d’éveiller un intérêt pour la franchise chez le plus petit, présentant les composantes de base de l’univers original, qu’il a retrouvées à grand coup de catalogues de Noël et autres Lego.


L’année suivante, logiquement, ce fut le spin-off Rogue One, encore une fois avec les deux grands : une excellente surprise. Enfin un Star Wars en salle avec Dark Vador, personnage emblématique et tant attendu par tous ! C’est suite à cette expérience concluante que je me suis décidé à nous procurer la trilogie originale, qui suit l’histoire de Rogue One chronologiquement. J’ai évité de commencer par les épisodes I, II et III, sortis entre 2000 et 2006, bannissant l’idée d’une découverte chronologico-radicale (désolé pour le néologisme de circonstance mais je ne vois pas comment l’exprimer autrement) !


Pour tout vous dire, j’ai pendant un moment eu l’idée d’occulter purement et simplement les épisodes I, II et III, mais le plus grand les avait vus, sans doute à la télé, quelques années plus tôt, et a éventé l’information auprès de son petit frère. De plus, je tenais personnellement à revoir le troisième opus, que je considère comme très singulier dans tout l’univers Star Wars.


C’est ainsi que le printemps dernier fut consacré, en l’espace de deux weekends, à la bonne vieille trilogie des épisodes IV, V et VI, via une intégrale DVD, sur vidéoprojecteur, et dans une ambiance solennelle. Y’a pas photo, c’est quand même les meilleurs moments de la saga et on s’est tous régalés : il fallait voir les réactions des gamins, comment ils s’accrochaient à leurs sièges et se faisaient emporter par la musique de John Williams. La petite dernière, trois ans et demi, a même commencé à s’y intéresser. Du côté du plus petit de mes garçons, le virus pour les vaisseaux, les Jedi et les personnages a pris totalement. De mon côté, quelques scènes remastérisées de la fin des années 90 m’ont fait tiquer, quand même. Enfin, drôle de sensation, à la toute fin du Retour du Jedi, de voir le fantôme d’Anakin Skywalker prendre les traits de l’acteur Hayden Christensen. Ca m’a fait une sorte de choc.


Suite à l’enthousiasme provoqué par la trilogie et aux pressions des gosses, je me suis finalement procuré la trilogie des années 2000. Celle-ci aurait dû arriver à la mi-juillet mais, à cause d’une erreur, n’est arrivée que fin octobre, pour Halloween ! Cette attente aura, dans une moindre mesure (mais quand même), symbolisé celle que nous, parentgamers, avons éprouvé entre Le Retour du Jedi et La Menace Fantôme. Nous attendions tellement de ce nouveau film à l’aube du nouveau millénaire et avons tellement été déçus… (par le film et par le millénaire) ! Hé bien comme quoi, les gosses ne sont pas si bêtes. Même moi, au tout début, je me suis dit « mais il est pas si mal ce film en fait ! » et au plus on voyait et on entendait Jar Jar Binks, au plus j’avais envie d’aller faire autre chose, comme par exemple, nettoyer les chiottes ou repasser mes chemises. Même un de mes gosses a laissé échapper un « mais il fait chier lui », des plus spontanés, vers le milieu du film !


Bref. Cet épisode I foireux appelait assez rapidement à regarder l’épisode II : l’Attaque des Clones. Je crois que je ne l’avais pas revu depuis le cinoche, où je l’avais pas trouvé si nase – notamment en comparaison avec le précédent, et avec l’enthousiasme d’une attente de deux ans. Mais là, de le regarder dans la foulée, je l’ai trouvé plutôt chiant. Les incohérences et les choix esthétiques malheureux (repompés sur les séries télé de l’époque) ressortaient lourdement. Le plus grand de mes enfants a carrément décroché. Par contre la petite (4 ans maintenant) s’est intéressée au personnage de Padmé et à la romance à deux balles du film. Le dernier film, La Revanche des Sith, allait la refroidir – le rôle de Padmé y étant anecdotique… !

Mais honnêtement, on a tous été refroidis. Je me suis retrouvé dans la même position qu’en 2006, où je m’étais dit : « ça y est, Star Wars c’est fini, une page de trois décennies se tourne, je vis un moment privilégié ». Je l’avais vu en VOSTF en day one dans une salle quasi vide. La qualité indéniable de l’opus, son côté dramatique, sombre et sérieux et le côté quasi historique du moment avait occulté un instant la nullité des deux épisodes qui avaient précédé. Et là, ce soir, même impression de malaise et de fin de récré, qui me fait me demander : quel était l’objectif de Lucas en faisant terminer sa saga légendaire sur un truc aussi noir ? Même mes enfants sont allés se coucher en silence, la tête basse. Heureusement qu’épisode VIII : Les Derniers Jedi sort dans un mois et va pouvoir nous remettre un peu sur les rails. Enfin j’espère.


Je me mets à la place de mes enfants ce soir. Sauf que j’ai attendu dix ans avant de pouvoir à nouveau revoir Star Wars avec un peu de fraîcheur. C’est pourquoi, malgré toutes les critiques qu’on a pu faire à l’Episode VII il y a deux ans, je l’ai trouvé cool. Il m’a permis d’opposer quelque chose de neuf à cette image terrible, amère et figée dans le marbre de 2006, et de donner envie à mes enfants de découvrir à leur tour cet univers, qui est encore en train de bouger. Encore une fois, tout est question de passage à l’âge adulte et de consommation infantilisante. Il faut savoir être lucide sans pour autant être critique de cinéma. Vaste programme !

Lamyfritz

Vieux flibustier chiqueur de pixel et écumeur de poulpe, retiré avec femme et enfants. Engagé comme matelot au temps de l’Amstrad puis comme corsaire à bord de la Megadrive, il décime l’armada 8-bits et harcèle les navires de chez Nintendo. Le PC lui permet d’être son propre capitaine mais il rêve toujours de cette époque d’aventures où le jeu vidéo était encore terra incognita.

9 commentaires
  1. octopaddaone
    3 Déc. 2017 à 10:07 -----> lui répondre

    Belle prose, car c’est un des sujets coeur du papagamer : comment transmettre une série qui nous a marqué enfant et nous a accompagné jusqu’à l’âge adulte ? C’est vrai que les reboots de 1997 pour l’anniversaire avec des effets spéciaux supplémentaires et la première trilogie en 1999 (dans l’ordre chronostupide de Georgio Lucas) m’avaient fait bondir et dégoûté … et comme toi je me suis dit : « ayait c’est fini », un ange passe… et puis avec le temps je me suis demandé si ce n’était pas nécessaire pour transmettre le flambeau d’apporter une couche de « remastering » comme un bon JV – certes avec carrément des scènes retournée (comme un JV où l’on touche à sa maniabilité, son essence, un peu comme Zelda ocarina dont le temple l’eau a été modifiée pour être ENFIN jouable).

    La question est sensible car touchant à de l’affect et explique les crises de larmes de nombres de trentenaires… pour ma part je me suis procuré les éditions originales retouchées comme il se doit (la version trainant sur le net « despelizaded edition » faite par des fans pour des fans en intégrant une remise à jour visuelle qui déchire la rétine mais sans les AJOUTES DE MERDE qu’a intégré au forcep George Lucas (Hans doesn’t shoot first…). J’ose espérer qu’un jour Picsou Disney ressorte les versions originales du IV à VI sans ces maudits rajouts.

    Enfin, pour ton programme avec tes kids, super idée moi j’y travaille je ne sais pas si je suivrais (hélas) l’ordre Lucas pour une raison chronologique (et surtout y aller mollo avec les 2 premiers épisodes moins trash) ou commence par le IV ? En tout cas cette année, je vais (encore) y aller sans mes petites car je pense que l’épisode VIII risque d’être très, très sombre, et c’est tant mieux !

  2. Lamyfritz
    3 Déc. 2017 à 10:12 -----> lui répondre

    Je me permets juste de dire que j’ai adoré le temple de l’eau d’ocarina tel qu’il était en v1 et que c’était mon préféré ! J’ai même plus galéré avec le 1er remake du Master Quest…

  3. theprocope
    4 Déc. 2017 à 09:18 -----> lui répondre

    Article très sympa pour un sujet compliqué, propre à susciter de sacrés débats et engueulades. Par exemple, six ans pour moi, c’est beaucoup trop tôt. J’ai vu un gamin de cet âge regarder Thor 3 au cinoche et ça m’a carrément choqué. J’aimer
    Un Star Wars à un gamin de 6 ans c’est hardcore ! je juge pas, chacun fait comme il veut, mais je m’étonne, je trouve ça quand même très violent et sombre Star Wars, surtout les nouveaux (tous les passages avec Kylo, Vador, Palpatine, etc ) ! Je t’aurais plutôt vu être très prudent sur ce sujet. Si je montre ça à ma fille, elle en fait des cauchemars. Déjà qu’elle en fait parce que je lui ai montré Pompoko… Je sais que j’ai regardé mes premiers films pour adultes vers 10 ans, c’était Jurassic Park et Terminator 2, donc ce sera ma référence. J’ai pas vu mon premier Star Wars avant 13 ans.

    Sinon, je suis loin d’avoir été traumatisé par les épisodes I-II-III, probablement car je n’ai jamais vraiment adoré es épisodes précédents non plus. J’avais même plutôt apprécié La revanche des Sith. Pour moi, ça a toujours été un truc de gamins. Probablement parce que mes premières expériences de SF sont Blade Runner et Terminator, et c’est devenu très tôt, vers 10 ans, le minimum syndical côté discours et ambiance. Je les ai tous revus récemment, et si j’ai revu un peu mon jugement sur les épisodes V et VI, je suis quand même loin de les considérer comme des chef d’oeuvres. En fait, je suis surtout fan de l’univers étendu de Star Wars, plus adulte et celui développé par Dark Horse et les romans, en gros par tout ce que n’a pas touché George Lucas. Mon épisode favori reste Rogue One, de très loin.

    Disney ne sortira jamais les versions originales, Kathleen Kennedy l’a encore rappelé en mai dernier. Reste la Despecialized Edition, qui pèse maintenant 18 Go et qui est de très grande qualité, et gratuite.

  4. lamyfritz
    5 Déc. 2017 à 14:50 -----> lui répondre

    Ben, ça dépend de ton gosse, je dirais. Le mien est un excité du tank, du soldat et du canon laser depuis tout petit, et je ne sais pas d’où ça lui vient – ce qui amuse d’ailleurs bien les psychologues scolaires, neuropsychologues, et autres psychomotriciens que nous passons notre temps à rencontrer (et qui nous renvoient presque tous à « simple » un défaut de pédagogie de son enseignant… ha…). Bref : la théorie du genre, dans notre famille, on n’y croit que moyennement. Je trouve personnellement que Star Wars est assez banalisé par les LEGO et les jouets, et tu as raison, ça reste un univers de gamins, donc pourquoi s’en faire ? Après, je n’ai pas forcé la main de mes enfants et je n’ai, il me semble, jamais fait passer mes intérêts avant les leurs. Même la petite de 4 ans regarde tout ça sans sourciller – quand ça l’emmerde, elle fait autre chose – et Pompoko, ils adorent ! D’un autre côté, je me suis fait la réflexion avec Ghostbusters 1, et je me suis, du coup, ravisé (les codes du film d’horreur des 80’s sont trop présents). Et tu sais Saint Seiya, parfois, c’est hyper trash… c’est l’époque d’Hokuto No Ken, et parfois ça se ressent, dès fois j’ai serré les fesses !

    Petite anecdote :

    Il y a longtemps, dans une galaxie très lointaine, au Stade Vélodrome, j’ai vu une mère seule avec ses deux gosses (qui n’y voyaient rien car tout le monde était debout), ils étaient frappés de mutisme pendant qu’elle s’écriait parfois subitement « ho-hisse l’ang-culéééé ! » avec rage au buteur d’en face. Le reste du temps, elle regardait le match, silencieuse, et transie de froid, comme toute le monde, à cause du Mistral. C’était une femme brune menue et à l’air doux, cheveux attachés par un chignon, en apparence, une maman comme toutes les autres. Ah, que de souvenirs…

    Terminator… punaise qu’est-ce que j’ai pu le regarder celui-là… je me souviens avoir fait pause lors de la scène où il choisit entre les réponses possibles à donner au mec qui tape à la porte de sa chambre (du SCUMM avant l’heure !) et avoir noté les phrases pour demander ce que ça voulait dire à ma prof d’anglais, qui a été sidérée ! Mes premiers gros mots dans la langue de Shakespeare…

  5. Procope
    7 Déc. 2017 à 10:54 -----> lui répondre

    Noooooon, ne me dit pas que tu es un supporter de l’OM en plus d’être un fan de Nintendo !
    Oui, je suppose qu’il faut éviter de comparer les gamins, les miens (du moins ma fille) sont d’une grande sensibilité, donc je pense que je vais éviter les films de genre pendant longtemps. D’ailleurs, là, ils viennent de voir tous les deux Un été avec Coo, de Keiichi Hara, et ça leur a beaucoup plu !

    Donc tu vas les emmener voir l’épisode VIII ? J’i réservé ma place pour mercredi prochain, j’ai hâte, en espérant que Rian Johnson, dont j’avais adoré Brick et Looper, ne soit pas castré dans sa réa comme Abrams…

    1. Lamyfritz
      7 Déc. 2017 à 19:21 -----> lui répondre

      Héhéhé incroyable non ? J’ai eu plusieurs vies avant… ! Bon… en fait j’ai beau être allé (ou plutôt « avoir été traîné ») au vélodrome un paquet de fois je suis globalement pas du tout football, mais force est de constater que ça vaut le coup de voir un match en vrai dans des tribunes comme celles-là et qu’on ne s’ennuie pas (je ne suis pas du tout marseillais, bien qu’ayant des origines dans le coin). Par contre tu ne me feras jamais voir un match à la télé, sauf si c’est une grande finale.
      Fan de Nintendo… heu… je ne sais pas où tu as lu ça…?
      Episode 8 je vais aussi aller le voir en day one, avec les deux garçons de 17 et 8 ans – ça fait partie de l’adrénaline du truc – pas besoin de réserver dans mon secteur, c’est plutôt désert.

  6. octopaddaone
    7 Déc. 2017 à 23:39 -----> lui répondre

    Yep moi aussi, je vais y aller avec ma douce, les petiotes en garde, et hop soirée en amoureux en évitant une comédie mord-moi-le-noeud. Nickel, l’utile à l’agréable.

    1. Procope
      8 Déc. 2017 à 10:18 -----> lui répondre

      Avec un peu de chance, tu pourras jouer du sabre laser à la troisième mi-temps. Je sors.

      1. octopaddaone
        10 Déc. 2017 à 23:00 -----> lui répondre

        Oh punaise, je n’avais pas vu ce comm’, je plussoie mais on va bientôt mettre les macarons PEGI 18 🙂

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