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[à voir] Star Wars 8 – no spoil – entre rupture et continuité

Temps de lecture : 5 minutes

(Article garanti sans spoilers) « C’était pas ça, en fait c’est ça, mais en fait c’est pas ça ». Voilà ce qu’on peut, en substance, retirer du pitch du film tel qu’il est présenté par la presse en ce moment, qui s’efforce d’en révéler le moins possible. J’en révèlerai encore moins ici. Mais je ne pouvais pas passer à côté de l’événement.

Je suis comme d’habitude allé voir le dernier Star Wars en famille en day one comme ils disent. Autant le dire tout de suite  : ça m’a plu. Je suis bon public, mais même, c’était du grand cinéma (en 3D et tout, même si je suis pas un adorateur de ces lunettes qui donnent un look dégueulasse en sortant de la salle). Le réalisateur Rian Johnson a fait rentrer Star Wars dans des cases, certes, mais la grille de lecture me convient tout à fait. Reste à savoir ce qu’il en restera dans dix ans, ce qui est moins évident.


Alors, métaphysique, le dernier Star Wars ? A la question « Qu’est-ce que la vie ? », d’aucuns pourraient répondre : « c’est ce truc qui sert de bande annonce en attendant Star Wars« . Oui, c’est vrai, j’avais la banane lors de l’écran habituel au tout début avec le texte qui défile. J’avais cette impression, comme je l’ai raconté pour Episode III, d’assister à un moment historique. Et aux fous qui disent « moi j’attends que la hype retombe pour y aller », je rétorquerai que j’étais précisément le plus heureux du monde de me retrouver dans une salle bondée, dans cette ville de province minuscule, d’habitude déserte. Il n’y a que Star Wars pour générer un truc pareil, pour rendre à nouveau le cinéma populaire. Bon : mon fils de 8 piges a eu du mal à tenir jusqu’à 23h, et il avait le rhume… mais rien de bien grave je vous rassure. Dans le reste de la salle, pas beaucoup d’enfants… enfin si : des enfants dans des corps d’adultes. Dommage… Mais blague à part, question spiritualité, deux grands moments vous attendront dans ce film, et je leur ai trouvé encore davantage de saveur a posteriori, le lendemain. En particulier, la tirade sur l’échec, sublime. Je n’en dis pas davantage.

Alors j’ai été certes moins ému et transporté que pour Episode VII : Le Réveil de la Force, qui nous sortait de près de dix ans d’attente depuis la terrible fin de l’Episode III, où Anakin se transformait en Dark Vador, pour l’éternité – du moins nous semblait-il – mais j’ai davantage apprécié la qualité de ce huitième opus, cette fois beaucoup plus recherché. Et force est de constater qu’il y avait davantage de monde dans la salle que pour Episode VII et même Rogue One. Ce dernier, globalement très apprécié, aura quand-même fait du bien à la franchise, tout en ouvrant la porte à son dévoiement par le biais de spin-offs, qui ne laissent plus aucune place à l’imagination sur le passé des personnages clés. Et c’est un peu le problème de cet Episode VIII, justement, qui fixe le destin de nos héros d’enfance, que nous pouvions encore rêver. A débattre. La référence évidente au miroir du Rised d’Harry Potter a achevé de me convaincre. Star Wars Episode VIII est un nouvel appel à mettre fin à la magie de l’enfance.


Alors qu’est-ce que le phénomène Star Wars à l’heure des fake news, des spoiler alerts, des tweets et du big fan theory ? Que d’accumulation réactionnaire de néologismes anglo-saxons me direz-vous. Ce serait mal me connaître. Mais le réseau social, avec lequel les cinéastes sont désormais obligés de composer jusqu’à l’absurde, n’est plus rien d’autre qu’une usine à « ah vous voyez je vous l’avais bien dit » ou à « ah mon bon monsieur quelle déception je ne le voyais pas comme ça ». La pensée binaire, en somme, avec un petit peu de nuance, pour faire genre. L’ère du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson (que je n’ai pas aimé !) semble bien loin. Les fans de Tolkien de la première heure s’étaient tapés plus de mille pages de roman avant de pouvoir deviser et y aller de leurs analyses et prédictions sur les films en cours et à venir. Fini ce temps-là, c’est clair et niet !


Un Empire Contre-Attaque bis ? Oui. Sans conteste. Ce serait de la malhonnêteté intellectuelle d’affirmer le contraire. D’ailleurs le film en joue volontairement, et le réalisateur se savait attendu au tournant. Pari gagné ? A voir… Le temps le dira. Sans être aussi sombre, c’est dense. Très dense. Et ça j’aime bien. La fin d’Episode VIII est loin du fameux climax Luke versus Vador et son « Je suis ton père » transgénérationnel, et de la main tranchée/héros humilié, mais laisse quelque chose de similaire, une drôle d’impression. Bizarrement, cet Episode VIII boucle une boucle, termine un rêve, un peu comme la fin du Retour du Jedi. On se demande si on n’est pas un vieux mégot qui ferait mieux d’assumer d’être adulte. Il y a quelque chose qui fait mal.


Difficile, en tous cas, d’imaginer ce que sera Episode IX. C’est peut-être la force de ce film. Il ouvre sur quelque chose de potentiellement nouveau, même si c’est en train de devenir un peu con, avec tous ces chiffres romains qui défilent. Bon : on se doute bien de quelques passages obligés dans le prochain opus… un duel de sabres-laser revanchard semble encore inévitable. Maintenant, les réalisateurs commencent déjà à voir au delà, et les pires détracteurs de l’empire Disney ne s’y seront pas trompés : la machine à fric tourne à fond. Pour en revenir au film proprement dit, il est plaisant de constater une sorte de démontage volontaire par Rian Johnson de certaines erreurs d’appréciations de J.J. Abrhams dans l’Episode VII. C’est comme si un réalisateur avait tourné Episode II : l’Attaque des Clones et avait fait massacrer Jar Jar Binks dès les premières minutes.


Je n’ai qu’un seul regret, peut-être, à l’instar de Mark Hamill, qui regrettait il y a quelques mois la façon dont évolue son personnage dans le film. Si vous avez vu la bande annonce, rien de spolié ici : Luke ne nous montre que trop souvent ce côté vieux sanglier sauvage retiré sur son île, et hébété ad vitam par son échec avec Kylo Ren. Un peu caricatural, certes. Mais par bonheur on voit encore poindre par moment ce regard malicieux qu’il avait étant plus jeune. Et ça, ça fait du bien, quelque part.

Lamyfritz

Vieux flibustier chiqueur de pixel et écumeur de poulpe, retiré avec femme et enfants. Engagé comme matelot au temps de l’Amstrad puis comme corsaire à bord de la Megadrive, il décime l’armada 8-bits et harcèle les navires de chez Nintendo. Le PC lui permet d’être son propre capitaine mais il rêve toujours de cette époque d’aventures où le jeu vidéo était encore terra incognita.

2 commentaires
  1. hujyo
    16 Déc. 2017 à 19:35 -----> lui répondre

    plus le temps passe et moins je comprends l’engouement populaire pour la saga starwars. Autant je comprend celui autour de Titanic, Avatar ou bien Intouchable, autant pour moi les fans de Starwars on de la peau de saucissons devant les yeux. Il n’y a jamais eu de grand réalisateurs au commandes (oui j’assume JAMAIS !). la thématique simpliste au possible, des décors en cartons, des costumes qui ressemble a des pyjamas et des effets spéciaux qui donne la gerbe. J’ai été consterné par le 7, JJ abrams que j’estimais pourtant un peu jusque là, m’a clairement horripilé. Je n’ai jamais vu un star wars sur grand écran. et c’est pas avec celui là que je vais commencer J’ai essayé pourtant d’adhérer, je n’ai pas tout boycotté par esprit de contradiction. J’ai vu (ou plutôt subi tous les films.) Mais rien à faire, je ne rentre pas dedans. Je conclurais en disant que j’ai pris une putain de claque sur le dessin animé japonais « Your Name » qui a battu tous les records la bas. Bien loin de l’univers de Lucas mais diablement puissant, intelligent et émotionnel. Une histoire simple et touchante.

    1. octopaddaone
      16 Déc. 2017 à 21:36 -----> lui répondre

      Alors permet moi de te rappeller Hujyo que tu adules des films où des gars sont vraiment en pyjamas : Star Trek 😉 Non, l’affect pour cet Octalogie (pas neuneulogie j’ai dit !) est liée à l’enfance, l’ado’ et les thématiques universelles colportées par le film : héros/ relation père/ bien-mal et des gros vaisseaux. Perso, moi je n’explique que difficilement mon affect à cette série, ce qui me fait plus chier et à la fois plaisir c’est son succès : avant il y a 20/30 ans la série n’avait pas tant d’impact (avant les reboot de 1997 je trouve), c’était un truc de geek, un peu comme Tolkien ou encore le JV, tous réservés à une petite communauté, bien au chaud que l’on partageait entre fans… désormais avec l’explosion des mass média par internet qui a vraiment tout balayé, cela est devenu un rouleau compresseur, et peut confirmer à l’overdose (Disney au commande, attention à la marvelisation de l’univers)… mais combien de films sont transgénérationnels et deviennent un lien entre le papa et ses mioches ? Je ne suis pas sûr que Titanic ou Avatar feront le même job…

      Ensuite, pour cet épisode, et bien je dois dire que cela fait 1 jour que je le digère car il est vraiment différent des autres (mais tu n’aimeras pas, j’en suis sûr), car il est vraiment DENSE, ce que lamyfritz a très bien ciblé, tellement de questions (mais il est vrai plus bavard que les précédents épisodes). On voit la fin d’un cycle, qui annonce l’apothéose du 9. Mon grand regret est le manque de charisme du côté obscur (Darth vader revient ! Kylo Ren non mais franchement quelle VASTE blague). Par contre, le film est un énorme clin d’œil aux épisodes passés, des morceaux sont évidents (la fin…), content de revoir un Luke crédible (enfin un vrai hommage au bonhomme), pour moi Rian Johnson ne s’est pas fourvoyé dans le facile comme JJ Abrahms, et c’est tant mieux.

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