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[#13] Faire son jardin japonais – le Torii

Temps de lecture : 3 minutes

Je suis un grand fan du jeu Okami sur Wii, jeu qui ne rencontra pas son public à cause d’une concurrence trop rude à sa sortie… On se souvient que Rayman Origins avait eu le même problème. Deux jeux qui suscitent l’émerveillement et amènent par delà le monde des esprits… Mais bref ! En 2010, j’ai eu le coup de foudre pour les décors hyper stylisés d’Okami et je me suis dit : « Mince ! Pourquoi ne pas m’en inspirer pour aménager mon jardin ? » C’était le début d’une grande aventure, qui allait durer trois ans. Mes deux plus jeunes enfants ont appris à marcher dans ce jardin, et tous les gosses qui viennent chez nous l’adorent… Alors, Papa gamers, à vos binettes !

Okami avait des défauts techniques et scénaristiques, rempompant un peu trop Zelda Twilight Princess, et avec un système de combat plutôt pauvre. Mais ces défauts étaient largement compensés par une bande son géniale et des décors enchanteurs. Et parmi ces décors, on trouvait énormément de torii, ces portails typiquement japonais de la religion shintoïste. Le torii,qui représente une porte d’entrée symbolique, allait donc être l’entrée de notre jardin, au sens propre et figuré, puisque c’est la première chose que j’ai construite.

Je fus limité par la taille et le diamètre des poteaux que je pouvais trouver en magasin de bricolage, à savoir, 250 cm de hauteur, (avec une bonne cinquantaine de centimètre enterrés) et une dizaine de centimètres de diamètre. Il me fallait donc dessiner un plan qui permette de créer un portique harmonieux avec ces valeurs-là. Il fallait en outre pouvoir passer dessous sans trop se cogner.

Il a fallu y aller à la masse et au niveau à bulles pour installer des deux piquets de base. Le calcul des angles d’inclinaison fut assez compliqué, surtout sans aucune aide, et il subsiste de ce fait un petit défaut d’alignement sur une des deux jambes.

Hé oui, à l’époque j’avais les cheveux très longs (j’étais encore dans ma période Samurai Showdown) ! Mais bref, une fois les pieds en place, ça va très vite.

Le torii est à la base un perchoir. Beaucoup d’oiseaux s’y posent, dont un couple de colombes, que l’on voit régulièrement. Symboliquement, il est la porte : dans Okami, ce sont parfois des passages vers le mondes des dieux. Mais disons que dans la pensée Shinto, il représente un obstacle uniquement pour ce qui ne peut le traverser. Je vous laisse méditer sur cette façon de voir les choses typiquement japonaise.

Deux couches de traitement xylophène et deux couches de peinture rouge basque spéciale bois extérieurs sont nécessaires pour obtenir ce rendu, qui n’a pas foncièrement bougé depuis 2010.

LA difficulté de l’ouvrage : faire la partie supérieure. Elle a nécessité l’assemblage de 4 chevrons 4×8 dont deux ont été coupés et rapiécés. Ponçage intense nécessaire pour lisser les courbes. Avec de bons outils, ça serait sans doute plus aisé qu’avec ma pauvre scie sauteuse et ma ponceuse à bande premier prix ! Après, si vous pouvez, faites une légère pente pour évacuer les eaux de pluie (ce que je n’ai pas fait).

La partie supérieure est noire (même traitement au xylophène puis à la peinture, en triple couche). Comme vous le voyez, j’ai simplifié la courbe en zone rectiligne : normalement, la partie noire fait une courbe bien plus longue, qui est épousée par la partie rouge juste en dessous. Après, il existe de nombreux styles de torii, certains n’ayant même pas de section courbe. Disons que le mien est un peu entre deux styles.

Voilà ! L’entrée du futur jardin est prête. Il m’aura fallu plusieurs semaines à cause du climat déplorable au printemps 2010, empêchant la pose du xylophène et de la peinture. Mais sans ça, ça aurait été vite fait.

Le monde des kami s’ouvre à vous… Derrière, c’est encore la jungle en friche, mais ça changera sous peu.

N’ayant pu aller au Japon suite à la naissance de mon cadet et aux désastres que cela engendra, ce portique ramenait un peu du pays du soleil levant et de spiritualité au pas de ma porte.

Ajout de deux lanternes de pierre Oribe : décoration provisoire, pour mon mariage. Les lanternes vont plus tard se déplacer. Je les ai trouvées en promo aux Jardins Aquatiques. Pas mal non ?


Voilà pour aujourd’hui ! A bientôt pour la suite de ce jardin, inspiré des jeux vidéos japonisants… Autant vous le dire, vous êtes loin d’avoir tout vu… !

Lamyfritz

Vieux flibustier chiqueur de pixel et écumeur de poulpe, retiré avec femme et enfants. Engagé comme matelot au temps de l’Amstrad puis comme corsaire à bord de la Megadrive, il décime l’armada 8-bits et harcèle les navires de chez Nintendo. Le PC lui permet d’être son propre capitaine mais il rêve toujours de cette époque d’aventures où le jeu vidéo était encore terra incognita.

5 commentaires
  1. hujyo
    29 Avr. 2015 à 19:27 -----> lui répondre

    bon ben dimanche je m’y met pour le protéger ma maison des mauvais esprits !! bravo en tout cas

  2. octopaddaone
    29 Avr. 2015 à 20:03 -----> lui répondre

    Alors là, chapeau (de Torii) ! Trop sympa et franchement cela me remotive pour me lancer cet été (?) dans l’aménagement de mon jardin asiat’, plutôt vietnamien/ chinois mais aussi avec une entrée typique !

  3. lamyfritz
    30 Avr. 2015 à 19:20 -----> lui répondre

    ah ouais EDIT : j’avais pas précisé mais après plantage des poteaux avec masse, j’ai quand même utilisé un mortier à prise rapide, préparé et versé en sus autour de chaque pied, après avoir creusé autour. Comptez un sac de 25kg de mortier par pied. Tout simplement !

    Pour OCTO, je vois exactement ce que tu veux faire : il y a un portail de ce type dans un quartier résidentiel pas bien loin de chez moi. Je te conseille vivement de planter tes poteaux à la verticale (utiliser une barre à mine, car ce n’est pas si simple au final), avec une barre d’appui en transverse, et tout ce qu’il faudra de chevrons et autres pannes pour finir la structure. Il est facile de se procurer des tuiles, y compris à l’unité, dans ton secteur (cf le bon coin). La vraie difficulté est de se procurer des poteaux dignes de ce nom. Mais ça se trouve… (dépôts d’anciens poteaux EDF ou TELECOM, ou aller direct dans des scieries…) le tout est de pouvoir les transporter jusqu’à chez soi.

  4. melkiok
    12 Fév. 2016 à 01:02 -----> lui répondre

    Superbe entreprise que voila de réaliser sa miniature du bel univers onirique d’Okami
    vivement la suite de la lecture du chantier 🙂

  5. lamyfritz
    12 Fév. 2016 à 07:25 -----> lui répondre

    Ha oui, les liens de la suite du chantier sont là :

    https://octopaddle.wordpress.com/2015/05/06/comment7-faire-son-jardin-japonais-chemins-et-fontaines/

    https://octopaddle.wordpress.com/2015/05/14/comment8-faire-son-jardin-japonais-decoration-vegetation/

    https://octopaddle.wordpress.com/2015/05/22/comment9-faire-son-jardin-japonais-le-chashitsu/

    J’ai maintenant quitté cette maison et ce jardin, qui aura suscité la surprise et l’étonnement de nombreux villageois, qui pensaient que « les parigots ont fondé une secte » (je ne suis pas parisien du tout) !

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