Nos podcasts

Octo’FM

Twittos

[mangas] Fins de séries : Les Gouttes de Dieu et Naruto

Deux séries de mangas à rallonge que je suivais depuis leurs débuts se terminent. Encore que « terminer » soit un bien grand mot dans le domaine commercial, où il faut faire toujours plus de profit. La fin d’une machine à fric, c’est bien souvent le commencement d’une autre.

Ainsi Les Gouttes de Dieu, manga sur le vin, a terminé sa publication en Juin dernier, au bout de 44 tomes. Déception quant à la résolution de l’histoire : pas de grandes révélations ni évolution des personnages, de nombreuses intrigues secondaires sont laissées en plan, et nous ne connaitrons pas l’identité du vin suprême, les fameuses Gouttes de Dieu, qui jouent à l’arlésienne depuis le début.


Pourquoi le sentait-on arriver ? Il semble que l’auteur n’avait, de toutes façons, aucune intention de décerner le titre de plus grand vin du monde à tel ou tel cru, ce serait à la fois prétentieux de sa part et même dangereux envers les producteurs. Déjà, certains vins cités dans le manga ont vu leur ventes décoller, rendant les prix inabordables au chaland  (sans parler des petits producteurs familiaux qui se font envahir par les touristes à cause de ça) et ce pour des vins qui avaient autrefois un rapport qualité-prix défiant toute concurrence… c’était d’ailleurs l’avantage du manga d’en présenter une ribambelle, tout en faisant l’éducation œnologique de base à travers la mise en scène de crus d’experts incontournables (mais parfois chers) quant à la compréhension du vin dans ses grandes largeurs.


Les apôtres de Yutaka Kanzaki (et je dirais même plus : les choix respectifs, même erronés, de Shizuku et Issei) sont en effet des points de repère qui résonnent entre eux afin de donner une vue d’ensemble du monde du vin, du rouge au blanc en passant par l’effervescent, du Bordeaux au Bourgogne, en passant par le Rhône, l’Espagne, l’Italie, et j’en passe. Personnellement j’ai découvert certaines choses en lisant ce manga, et il m’a donné envie d’aller de l’avant dans le labyrinthe du vin, mais c’est en y revenant bien plus tard, plus fort de mes expériences de dégustation, que ces lectures m’ont encore davantage enrichi et ont posé des jalons techniques qu’une première lecture ne permettait pas vraiment d’appréhender. Quant à la sensibilité des descriptions poétiques olé-olé des personnages, j’y suis à 80% hermétique, il faut être honnête, c’est souvent tiré par les cheveux.


En fait, un manga plus ancien appelé Sommelier (et qui a largement inspiré les Gouttes de Dieu) m’avait déjà accompagné dans le monde du vin autrefois. Le héros, Joe Sataké, s’attaquait (arf) déjà à la quête d’un vin ultime, dont la résolution se faisait au bout du 6e et dernier tome. Il s’agissait en fait du vin de sa défunte mère adoptive, qui s’avérait être un vin artisanal sans nom ni appellation et qu’elle faisait elle-même à partir de quelques pieds de vigne. Celà expliquait que, malgré sa super sensibilité et son infaillibilité lors des dégustations à l’aveugle, le héros n’était pas parvenu à le trouver pendant toutes ces années. La série pouvait ainsi trouver une conclusion raisonnable, et les apparences étaient sauves. Va-t-on assister à la même chose avec les Gouttes de Dieu ?


C’est que, dans Sommelier, les tomes 3, 4 et 5 (le gros de la série en fait) s’étaient complètement éloignés de la quête principale pour fournir des fillers à gogo, de par sa publication en feuilleton dans un magazine Seinen orienté business. Après sa conclusion, la série s’est transformée en Sommelière, pour recadrer avec son lectorat féminin, déjà largement prépondérant pour Sommelier. Pas de VF disponible et très peu d’infos sur la toile concernant ce manga, mais il semble que la série continue (elle a dépassé les 20 tomes en 2013).


Mais revenons-en aux Gouttes de Dieu… Quelle pirouette scénaristique les auteurs ont-ils donc choisi pour éluder le mystère ? Hé bien préparez votre temps et votre portefeuille, la réponse se trouverait au delà d’un nouvel arc appelé « Mariage« , dont le tome 1, sorti il y a quelques jours, ne cache même pas son côté commercial, qui prend largement le pas sur la narration. Le thème central est donc le mariage entre la nourriture et le vin, qui sert de prétexte à l’histoire, avec un héros (Shizuku) relooké, beaucoup plus efféminé qu’avant, et bien moins marrant.


On dirait la mise en manga d’un magazine féminin sur l’accord entre mets et vins : il faut dire qu’en Asie, il y a du chemin à faire, car avec la cuisine française, ces accords sont plus évidents, même si pas innés. Bon, tout ça sent le concept éventé, et ressemble à ces nombreux fillers de milieu de série de Sommelier, d’autant que les auteurs développent en parallèle une série appelée Signé le Vin, qu’ils mettent volontairement en rapport avec le mystère des Gouttes de Dieu. Ceci leur permet de relier artificiellement les univers des trois séries et de justifier attente et dépenses des lecteurs. Dispersion habituelle des mangas à succès… Nous verrons bien si ils nous mènent quelque part ou si la réponse des gouttes de Dieu sera – comme je le pressens – la même que dans Kung Fu Panda : un parchemin vierge, exprimant en celà qu’il faut trouver la réponse en soi-même… !


Puisqu’on parle de kung fu, sans transition, je termine en évoquant le deuxième manga que je suis depuis le début des années 2000 et qui s’achève (il était temps) avec son 72e tome, je veux bien sûr parler du manga Naruto. Le manga est fini depuis déjà 2 ans au Japon, à peu près à l’époque où je suis entré sur ce blog. J’ai d’ailleurs pas mal spoilé la fin à l’époque dans un article, qui évoquait l’attente des lecteurs, qui souhaitaient que Naruto et Sasuke s’entretuent à la fin, voulant en celà qu’ils restent à jamais des enfants (comme avec Harry Potter).


C’est que Naruto a accompagné beaucoup d’enfants, d’ados et de jeunes adultes pendant près de 15 ans, et ceci dit, on pardonne plus facilement les nombreuses lourdeurs et délires cosmologiques qui ont émaillé les derniers temps de la série. Comme pour les Gouttes de Dieu, la série s’achève donc mais n’en finit plus de s’achever, et ce tout en paradoxe pour nous francophones. En effet, la suite de Naruto, qui met en scène son fils, Boruto, est déjà disponible en feuilleton au format Kindle et sera bientôt en vente au format relié. Des DVD racontant qui se passe après la fin de Naruto sont déjà en vente et traduits en VF depuis cet été, alors que le manga original n’a toujours pas atteint sa conclusion…


Ca me fait penser à la série A Game of Thrones qui a fini par dépasser le bouquin et va finir par l’enterrer. Bon, en ce qui concerne le manga papier Naruto, beaucoup de choses ont été bâclées et l’auteur devait vraiment passer à autre chose. Espérons qu’il ne reproduise pas les mêmes erreurs, moi, en tous cas, je suis devenu trop vieux pour ces conneries.

Lamyfritz

Vieux flibustier chiqueur de pixel et écumeur de poulpe, retiré avec femme et enfants. Engagé comme matelot au temps de l’Amstrad puis comme corsaire à bord de la Megadrive, il décime l’armada 8-bits et harcèle les navires de chez Nintendo. Le PC lui permet d’être son propre capitaine mais il rêve toujours de cette époque d’aventures où le jeu vidéo était encore terra incognita.

1 commentaire
  1. octopaddaone
    2 Oct. 2016 à 20:42 -----> lui répondre

    oui un peu comme un Akira Toriyama qui n’arrive plus à terminer sa série culte… et fini par la tuer (Dragon Ball). Quel gâchis, tu sais on pourrait tellement faire un parallèle avec le monde politique, l’argent… où l’on n’arrive plus (ou ne veut plus) descendre du podium (opium ?) à temps.

Laisser un commentaire

0b1b81da8ae7b9d95cd7653213d2e6e72222222222222
%d blogueurs aiment cette page :