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[Têteàclic] Le plagieur piégé, Youtube style

Ha Internet, royaume du meilleur comme du pire, surtout dans le domaine du plagiat et autres parasites qui volent le boulot des autres… . Si le plagiat était une pratique vieille comme le monde (voir ici notre article consacré à la contrefaçon numérique et à son origine), avec Internet on arrive à un autre niveau, comme le goûta ce pauvre boulet de Youtuber, pécho la main dans la caméra. Triste constat : loin de souhaits guévariste ou zappatiste d’hier, le rêve de bien des ados, jeunes et désormais adulescents de l’an 2000 est de devenir une star nombriliste via la plateforme vidéo ‘ricaine, Youtube. Véritable outil de partage de vidéos personnelles, souvent passionnantes, gratuites et simples d’accès, c’est aussi un véritable puits sans fond du narcissisme moderne. Ainsi, je trouve que bon nombre de jeunes utilisateurs s’y complaisent, et espèrent récolter les milliers de clics monétisant une vie sans effort (et on y participe lâchement en se servant de cette vidéo pour illustrer notre propos ci-dessous)

 La vidéo arrive également sur octopaddle.fr

Et oui, tout fout le camp : nous aussi, tristes sires, avons cédé aux sirènes de la vidéo en ayant notre propre chaîne Youtube  pour des tutos ou quelques unboxing en raison d’un support vidéo plus dynamique et plus fun. Il va sans dire que la plume restera toujours notre mode de communication chéri, partagé par bons nombres de rédacteurs du site – et oui vieux fantasme de créer le fanzine des années 90 que nous aurions aimé réaliser. La vidéo insidieusement et lentement arrive donc sur octopaddle.fr, et – SPOIL ALERTE – dans les 15 prochains jours, il y aura une petite surprise pour vous chers octolecteurs ;).

Le capitalisme se glisse toujours dans  ce genre de détails

Bien qu’Internet soit la plus vaste bibliothèque que le monde ait connue, facile d’accès et donc permettant le fantasme absolu des Lumières d’hier (comme les encyclopédistes du XVIIIe siècle), la nature humaine peut altérer ce noble dessein pour de viles raisons monétaires. En effet, la facilité de reproduire/ copier du format numérique – que cela soit du texte, des images ou des vidéos –  offre d’énormes possibilités, et qui pourrait raisonnablement revenir sur le copier-coller d’un traitement texte ou l’accès au savoir via Internet ? Cependant, la possibilité de monnayer tout contenu – le capitalisme se glisse toujours dans  ce genre de détails – facilite l’appétit des gagne-petit et bien des dérives. Loin d’être une nouveauté, le pillage a souvent côtoyé la notion de partage des connaissances et la frontière entre les deux, reconnaissons-le, est assez tenue. Je me souviens des premières campagnes de sensibilisation anti-plagiat dans les établissements scolaires : envers le prof qui avait la main lourde sur le photocopillage ou dans les facs envers l’étudiant qui photocopiait un livre pour le potasser en vue des partiels. Bien que je reste dubitatif devant une telle pratique pénible (il fallait passer des heures à la photocopieuse ;), finalement ne contribuait-elle pas à diffuser un savoir ayant déjà été rétribué (bien que cela fasse hurler certains, Hadopi cela vous dit quelque chose ?). On peut se demander si ce combat n’est pas celui des éditeurs plus que celui des auteurs (bien souvent payés à la commande et au-delà d’un certains nombre de vente). On revient donc sur nos interrogations sur la notion de contrefaçon, dont le fond relève davantage d’un combat de firmes plutôt que de propriétés intellectuelles à mon humble avis. Et on pourrait l’élargir à de nombreux domaines culturels, à partir du moment qu’une personne, qui faute de moyens financiers ne peut s’acheter un bien culturel, le reproduit (et de surcroit dans une copie qui sera toujours inférieure à l’original), sans en dégager un bénéficie pécuniaire, mais l’utilise dans le but de développer son savoir et faire prospérer la connaissance de ce même bien,  est-ce criminel ?  Vaste débat.

Mains se dessinant (1948) – Maurits Cornelis Escher

Pour notre part, ici sur octopaddle.fr, nous tenons à quelques règles simples. Pour ma part, je tente de respecter au mieux la propriété intellectuelle bien que cela ne soit pas simple sur internet : si je le peux, je mets du gros bon son rétro (et j’indique la source dans le générique faute de mieux en raison parfois d’auteurs obscurs) ou en cas d’utilisation de morceaux protégés, j’accepte (sans regrets, comme sur mon unboxing zelda, la réclamation de Nintendo) que YouTube monétise mes vidéos pour les ayants droit. Enfin, on essaie au mieux – et s’il se peut que parfois faute d’inattention on oublie de citer quelques sources – la plupart de nos illustrations sont souvent liées à leurs sources d’origines (ou sourcées), et en cas de demande, aucun souci pour réparer une bévue.

Et bien qu’est-ce qu’a fait le YouTubeur Boulet ?

Revenons à nos moutons numériques… le jeune boutonneux YouTubeur franchouillard Matt s’est fait prendre les doigts dans le pot de confiture pour avoir plagié honteusement et lamentablement plusieurs vidéos d’un autre Youtubeur américain, @MotokiMaxted. Croyant que la barrière de la langue aurait suffi à masquer ses plagiats (tout en lui rapportant des vues assurant grassement ses fins de mois, € parlant), ce dernier s’est fait repérer sur un forum du site généraliste jeuvideo.com (d’habitude plutôt connu pour ses dérapages racistes, sexistes ou complotiste). L’emballement des réseaux sociaux a fait le reste, alimentant la presse 2.0 et fondant un énorme buzz’. Résultat : une véritable cabale contre le voleur de vidéo (très forte la vedette, même au niveau des plans et des scripts, tout est similaire). Il est intéressant de voir les conséquences probables d’une telle pratique : en terme d’image (à mon avis le plus destructeur, souvenez-vous de PPDA et de son livre pompé en 2011 sur un autre), mais aussi dans le domaine pénal (comme le rappelle le journal Le Monde ici).

Pour terminer, l’auteur plagié, avec un certain humour et une certaine classe lui a même répondu dans cette vidéo (non monétisée selon ses dires) :

Et vous, vous en pensez quoi ?

octopaddaone

Tombé dans le JV dès son plus jeune âge et ayant passé toutes les étapes du gamer historique (de Pong à ...), les chemins de la vie l'ont mené sur bien des pistes et différentes expériences, à l'image d'un poulpe et ses nombreux tentacules (forcément pourpres). Ayant obtenu le trophée "papagamer", désormais son rêve de gosse prend forme : écrire des énormités, déchaîner ses passions et regretter... le manque de donjon dans le dernier Zelda.

5 commentaires
  1. Wirus
    13 Fév. 2016 à 08:09 -----> lui répondre

    J’avais vu ça hier, c’est du grand n’importe quoi franchement… Quoiqu’il en soit, YouTube c’est clair que c’est fini pour lui à présent. x)

  2. lamyfritz
    13 Fév. 2016 à 15:14 -----> lui répondre

    Voilà donc un nouveau genre d’Arsène Lupin typiquement de chez nous, et qui risque de nourrir quelques fantasmes outre-Atlantique !
    Fini pour lui ? Pas si sûr, car comme disait Mitterrand (à propose de Mesrine je crois) : « les français aiment la canaille ». Et il peut encore rapporter de l’argent, des clics et des vues (merci) !
    Le truc incroyable reste que le plagiat cumule plus de vues que le plagié.

  3. octopaddaone
    13 Fév. 2016 à 16:33 -----> lui répondre

    on les aime tellement les canailles, qu’on fini même par voter pour eux, ha la France 😉

    1. lamyfritz
      14 Fév. 2016 à 10:00 -----> lui répondre

      exactement.

  4. melkiok
    23 Avr. 2017 à 12:12 -----> lui répondre

    J’étais passé à coté de cette sombre affaire
    Ça a du te chambouler pas mal dans tes valeurs pour carrément en faire un billet dédié sur le blog 😉
    Personnellement quand je pond un article je parcours la toile en quête de sources ou de trivias mais j’aime bien trop écrire pour m’amuser à copier/coller du contenu ne m’appartenant pas 🙂
    Bon après les images illustrant les articles c’est une autre histoire même si je m’arrange pour demander la permission sitôt que je choppe un fanart quelque part

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