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[#24] De petites évolutions à de grandes révolutions 1/2

Capture d’écran 2015-11-29 à 09.08.46Le papa Noël est passé plutôt que prévu pour ma part en me livrant (et en me faisant raquer également) une très jolie PS4 édition Star Wars, sortie le 19/11 dans nos contrées. Pour rester dans le côté rétro propre à  votre octoblog – même avec du matos récent – petit article personnel sur les changements notables apportés par chaque gamme de PlayStation,  du premier au dernier modèle.

Retour en 1991 : De la Play Station à la PlayStation…

Voilà comment on imaginait le projet Nintendo/ Sony dans la presse de l’époque, un ADD-ON à la SNES.

Grâce à diverses sources, on peut avoir une vision d’ensemble du projet Play Station et de ses multiples évolutions (liens disponibles en fin de l’article). Né dans la douleur, ce projet est la rencontre ratée entre deux grands : Nintendo à la recherche d’un support CD-ROM viable pour sa SNES et Sony, créateur du très bon processeur sonore de la 16 bits de Nintendo. L’objectif pour Big N fut triple, à savoir celui de diminuer les coûts de production des jeux (par une duplication plus rapide malgré le risque de piratage qui pointait déjà son nez), offrir un gap technologique suffisant pour provoquer un nouvel achat du possesseur actuel (ou futur) d’une SNES et enfin ne pas être distancé par la concurrence (SEGA ou NEC en premier lieu).

L’un des rares modèles de test encore existant, démontrant une fusion entre une Snes et un lecteur CD-Rom.

Cependant, Nintendo craignit de perdre le contrôle de la production de jeu passant sur CD-ROM et non plus par cartouches – et comble de l’horreur, se préparer à payer des royalties à Sony ! – se rétracta et choisit l’autre outsider plus conciliant sur le marché, le néerlandais Philips. Il n’est pas naïf de penser que Nintendo trembla pour son monopole, et se méfia d’un nouvel arrivant de surcroît japonais, non dénué d’intérêt vis-à-vis de l’expérience acquise par la firme de Kyoto dans le domaine du jeu vidéo. Ce choix d’écarter Sony, fut révélé en plein CES de Las Vegas, ancêtre de l’E3 en 1991, et fit l’effet pour le géant de l’électronique nippon d’un gant de mépris jeté à sa face. Mûrissant son projet de revanche, ce défi accentua l’émulation interne des équipes de Sony, dans un sain esprit de compétition libérale. Ce projet fut alors confié en 1993 à Ken Kutaragi et son équipe ayant mené le développement du processeur sonore de la Snes. En effet, ce dernier ayant développé un nouveau circuit graphique performant et peu coûteux capable d’effets 3d servira de base au projet devenu PlayStation.

La Révolution PlayStation : parler à des joueurs devenus adultes.

Sortie en 1994, la PlayStation (ou PSX) convainquit rapidement les gamers par ses nombreux apports et une intelligente campagne marketing. Pour résumer, voici à mes yeux, la recette du succès de cette nouvelle machine :

  1. À la différence des consoles 16-bits encore considérées de jouets à l’époque, la PlayStation apporta une maturité à un secteur vidéoludique réservé à un public jugé infantile. L’intelligence de Sony, fut de proposer une console s’éloignant du canon du jouet pour devenir un outil multimédia, permettant de lire des jeux, mais aussi des CD audio, secteur musical dans lequel Sony excellait, élargissant d’autant plus le cœur de cible de sa console.
  2. Ensuite, la console par la duplication massive des CD permit la diffusion des célèbres démos – grandes nouveautés à l’époque – pour tester un jeu avant de l’acheter (et éviter le syndrome Populous pour moi), via la presse spécialisée. Il est à noter que cette massification du CD-ROM  (et des graveurs que Sony vendait aussi) facilita l’émergence du piratage qui loin de nuire à l’industrie, explosa la vente du hardware – bien que s’en défendent hypocritement tous les constructeurs – voir ici un article que j’avais écrit sur cette gigantesque fumisterie.
  3. Resident Evil 1 : quel souvenir, ce couloir et ces chiens jaillissant des fenêtres !

    Enfin, le point le plus crucial fut le véritable gap technologique qu’offrit cette console ! Je me souviens l’avoir découverte en 1996 chez un collègue entre deux cours de lycée, en essayant le terrifiant et novateur Resident Evil. Quelle C.L.A.Q.U.E. ! il n’y a pas d’autres mots qui me viennent à l’esprit quand je repense au bond technologique effectué : enfin, la 3D était réaliste, maniable grâce à une manette novatrice, accentuant une ambiance de folie. L’arcade devenait accessible à la maison avec un Riiiiiiiiidge Raaaaaaacer, un Wipe Out ou un Die Hard (punaise qu’est-ce que j’ai pu retourner sa démo). Une porte vers de nouveaux univers s’ouvrit pour moi avec la série des Tomb Raider, Metal Gear Solid, Syphon Filter ou le J-RPG peu connu en France avec Final Fantasy VII (et pas que pour la modélisation démesurée des boobs d’une Lara Croft ou d’une Tifa :))

Sony par une brillante campagne marketing put jouer sur plusieurs tableaux et attirer de nouveaux joueurs, que cela soit des newbies ou ceux ayant décroché de leurs consoles Sega ou Nintendo. Personnellement, ma SNES ayant grillé en classe de 3e, j’avais laissé tomber un temps le JV…  Conjonction donc parfaite pour toute une génération, Sony arriva à point nommé avec sa console pour cette communauté de gamers collégiens ayant grandi aux côtés de Mario et Sonic, et désormais devenus lycéens, bientôt adultes. Les campagnes de pub ont fortement contribué à élargir le public visé par le jeu vidéo, grâce à des pubs bien barrées et matures (et sans mettre… une seule image de jeux !), abreuvant l’unique média visuel de l’époque des années 90 : la TV.

Quelles nouveautés ?

Dualshock achetée en 1998, que de souvenirs, ha Metal Gear avec….

La PSX donna donc une nouvelle impulsion au monde vidéoludique, et fut l’objet d’innovations nombreuses : outre le support CD, la PSX disposait d’un tableau de bord (comme le fit aussi la Saturn de Sega et plus tard toutes les consoles), véritable plug-in vers d’autres fonctionnalités (musique, démos, options), d’une manette révolutionnaire analogique qui tenait bien dans les paumes de la main (que la Nintendo 64 arrivait juste à surpasser au niveau du stick, le reste étant bien trop encombrant) avec moteurs de vibration inclus (dans la Dualshock de 1998). Si l’on passe sur le modèle PSONE sorti en 2000, signe d’une maîtrise des coûts de Sony qui diminua son poids, sa taille en la rendant plus sexy avec ses bords arrondis, la seconde révolution fut l’arrivée fracassante de la PS2 la même année en 2000.

 La PS2  : DVD style, R.I.P. les cartouches

Après avoir un temps picoré sur N64 puis Gamecube en raison d’un fort affecte autour des licences Nintendo mythiques (Mario, Zelda, Starfox…), je suis revenu dans le giron Sony après 2002 en raison d’une innovation majeure intégrée dans la nouvelle PS2 : son lecteur DVD. Nintendo qui s’est toujours obstiné à limiter ses consoles à du jeu, prit là une grave décision qui lui coûta fort cher : en perte de vitesse face à la PSX, il devint désormais un acteur minoritaire dans cette nouvelle génération de console, quand d’autres quittèrent le navire, tel un Sega moribond. Si l’on met de côté sa puissance graphique supérieure au modèle précédent (et donc avec des jeux plus immersifs : GTA III restera LE jeu de cette console pour moi), elle fut également rétrocompatible avec la logithèque de la PSX, banco donc.

GTA 3 : être un voyou dans une ville IMMENSE !

Outre sa nouvelle manette intégrant la détection de mouvement, ce fut bien le lecteur DVD qui me séduisit. Vrai moteur d’achat, il contribua à la vente par palettes entières de PS2 (bien que la qualité des premiers modèles ne fut pas concluante en terme de viabilité). L’explosion du format DVD et sa popularisation furent rendues possibles grâce à la PS2 qui permettait d’avoir un lecteur ET une console de jeu à un prix raisonnable. Grâce à cette technologie pleine de promesses, Sony misa sur un outil destiné à connaître le même succès que le CD audio hier, qui grâce à sa qualité auditive et son choix des pistes tua les cassettes sur bande… les CD tuant les cassettes ? Comme l’histoire est ironique, car n’est-ce pas ce qui arriva dans l’industrie du jeu vidéo ? Avec du recul, il est étonnant de voir que de grands constructeurs, hier monopolistiques comme un Nintendo, ne virent pas ce changement de paradigme, balayant tout un écosystème. Ainsi, Nintendo à ses dépens a voulu ralentir l’évolution technologique du CD/ DVD (même sur Gamecube on trouvait un format propriétaire le fumeux Nintendo Game Disc de 1,5 Go) qui remettait en cause son contrôle total de la distribution : à savoir, celui de recourir à un format qu’il ne pouvait plus imposer aux éditeurs (afin de les faire raquer surtout), comme ce fut le cas avec la NES ou la SNES. La messe fut dite : avec 150 millions de PS2 vendues, Sony s’installa sur un piédestal, alimentant le détestable syndrome pastèque de celui qui a réussi trop rapidement.

PS3 : quelles innovations ? Quelles nouveautés ?

Basculant une nouvelle fois dans les bras de Sony avec une PS3 60 go, j’ai sauté le pas en 2007, dès que fut annoncée la fin de la rétrocompatibilité avec la PSX et la PS2, via une mise à jour matérielle pourtant inférieure (retour à un modèle de… 40 go). Là encore Sony joua sur la nouveauté technologique par l’accès au Blu Ray, le WiFi intégré, son aspect réseau plus prononcé et enfin une sortie HDMI pour la très haute définition. Mais cependant, tout cela eut un énorme coût, et avec du recul je regrette cet achat. Vendue à un prix DÉLIRANT de 600€ (soit 671 € actuels ! On ne m’y reprendra plus !), Sony devenu monopolistique, fier et arrogant se permit même de faire la promotion d’une techno très mal maîtrisée (sa fameuse puce Cell), véritable enfer pour les développeurs.

De plus, si Sony avait une réputation dans le domaine du matériel audio haut de gamme, il faut dire que dans celui du jeu vidéo la qualité ne fut pas son fort : que cela soit la PSX, la PS2 ou la PS3 vendue plus chère ne dérogea pas à la règle. Ses horribles ventilateurs ou sa fragile lentille provoquaient sur de trop nombreux modèles le fameux YLOD cauchemardesque, qui personnellement m’obligea à un coûteux changement de lentille hors garantie.

Oh bien sûr cette console put m’apporter quelques joies en terme de jeu, mais je dois dire qu’elle fut vite concurrencée par la XBOX 360. Sa manette était plus confortable et ses jeux mieux optimisés (Red Dead, Mass Effect ou encore l’exclusivité des Gears of Wars). Cependant, encore lié à Sony qui marqua mon adulscence (comme le décrit si bien l’étymologie grecque de nostalgie, « ce retour dans la douleur… » ?), pour le prochain bond, je ne pouvais que rester chez la firme tokyoïte qui après la douche froide de la PS3 (la banqueroute ne fut pas loin pour Sony), fit profil bas à la différence de la Xbox One et proposa une PS4 plus audacieuse, plus respectueuse des joueurs (comme permettre la revente de ses jeux par exemple !), bref ne plus promettre la lune… mais seulement le chemin pour y aller.

Le jeu PC : solution à un matériel plus pérenne (et économique) ?

Lancée à la fin de 2013, loin de la hype des modèles précédents, en raison d’une situation très fragile de Sony vis-à-vis d’une PS3 qui devint rentable seulement à partir de 2010, soit 4 ans après son lancement. Certes, le trésor de guerre accumulé depuis 1994 a permis de passer cette période difficile et d’arriver à la pleine maîtrise d’une console si compliquée à programmer. Les démonstrations de studios tels que Naughty Dog avec Last of Us ou encore Rockstar et son GTA V, ont permis à cette console de terminer son cycle de vie avec brio et à Sony de retrouver quelques couleurs pour sa prochaine console.

Last Of Us, aboutissement d’une console ENFIN maîtrisée

Cependant, échaudé par la PS3 et cette position détestable de Sony en tant que leader isolé sur son piédestal, j’avais décidé de remettre à plus tard – voire je le confesse pour la première fois de ma vie de gamer – de refuser purement et simplement d’acheter une console next-gen. Exit l’achat Day one avec un matos qui n’a pas fait encore ses preuves, fini aussi le fait d’avoir 2 consoles concurrentes (sur la génération précédente, je possédais une PS3 ET une  Xbox 360 !).  Mon temps de jeu n’étant plus extensible (papagamer inside), le multiplateforme étant devenu la norme (rares sont les exclusivités) m’ont finalement convaincu de la vacuité en 2013 d’un tel achat. Ainsi, j’ai décidé de placer mes économies dans un iMac foudre de guerre en 2014, afin de jouer sur une plateforme (PC) qui tant d’un point de vue budget (les soldes Steam) que d’optimisation m’a séduit, et ceux d’autant plus que les jeux sur consoles finissent par se retrouver… sur PC. Un temps je me suis même demandé si finalement la next-gen n’était pas celle du PC ? Pourtant, fin 2015 la petite musique de Sony finit par avoir de nouveau raison de moi : vile entreprise japonaise ;)…

Ici la suite consacrée à la dernière machine de Sony en date : la PS4.

Quelques liens pour les plus curieux :

octopaddaone

Tombé dans le JV dès son plus jeune âge et ayant passé toutes les étapes du gamer historique (de Pong à ...), les chemins de la vie l'ont mené sur bien des pistes et différentes expériences, à l'image d'un poulpe et ses nombreux tentacules (forcément pourpres). Ayant obtenu le trophée "papagamer", désormais son rêve de gosse prend forme : écrire des énormités, déchaîner ses passions et regretter... le manque de donjon dans le dernier Zelda.

2 commentaires
  1. lamyfritz
    29 Déc. 2015 à 21:54 -----> lui répondre

    Superbe article ! J’ai beaucoup joué à la PS1 étant étudiant (passé le buzz de la sortie) et vu tourner une PS2 une fois (sur Call of Duty, que j’ai trouvé très fade, surtout avec les manettes : je n’y suis jamais revenu). J’ai aperçu une PSP une fois dans un train et ça avait l’air cool, m’enfin la ludothèque, pas top… Toutes les autres consoles de Sony, c’est bien la première fois que je les vois, voire que j’en entends parler ! Huijo disait, il me semble, que trop de comm gâche le plaisir, je crois que j’ai été allergique à Sony très vite à cause de ça, allez savoir. J’ai désormais du mal à jouer à autre chose qu’à mon bon vieux RTS phare… !

  2. melkiok
    29 Jan. 2017 à 10:33 -----> lui répondre

    Tellement content d’accueillir la PS4 qu’il fait un hommage rétrospective à Sony pour la peine 🙂
    Excellente reprenant beaucoup de fun fact et anecdotes bien connues mais pas que avec une petite analyse perso en prime au fur et a mesure des évolutions de cette franchise mythique qu’est la Playstation

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