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[niouze] Le « pixel art » menacé par les appétits financiers

C’est une histoire de nom, de con, et de com’… Columbia Pictures vient de sortir le film Pixels : voilà encore une de ces soupes caloriques à gros budget destinée aux crédules papas-gamers hyper consuméristes et passéistes de notre époque si formidable… Mais comble du désespoir, les salauds en profitent pour s’accaparer le bien public. Ainsi, le film a perfidement servi de prétexte à copyrighter le terme pixel lui-même.

Le studio hollywoodien a donc ce mois-ci entamé des procédures visant à faire supprimer toutes les vidéos du site indépendant Vimeo comportant le terme pixel… y compris (et surtout) le court métrage éponyme de Patrick Jean qui aurait, à la base, inspiré le film. Heureusement il y a encore Youtube pour voir le court métrage originel et se rendre compte de la dimension que revêt ce petit incident :

Quel cynisme sans bornes ! Les studios de Columbia Pictures devraient lui filer du pognon ou bien ne serait-ce que lui rendre hommage, et au lieu de ça, ils le coulent. Ou quand les fils-Oedipes traders de la City tuent leur bon vieux père cordonnier au village natal… L’occident marche désormais à trois pattes, dixit l’énigme du Sphinx.

En dehors de ça, c’est une mauvaise nouvelle pour le pixel art de façon générale. En effet, chaque œuvre basée sur le concept de pixel va potentiellement avoir des comptes à rendre à Hollywood.


Nous vivons désormais une époque où l’expression artistique devient le plus en plus sclérosée à cause des intérêts financiers, et sous couvert de libéralisme (qui sous-entend pourtant la liberté de l’homme à se déterminer lui-même, et donc une grande confiance et une grande autonomie accordée à ce dernier)  on se dirige tout droit vers une forme très moderne de dictature, dont la consommation de masse est la base… et quelle base ! Difficile, quand on est père de famille occidental, et joueur de surcroît, de détricoter ce qui pourtant mènera très certainement nos enfants à leur perte.


La science et la médecine sont encore moins épargnées que les arts, puisque des séquences de l’ADN humain sont eux-mêmes brevetables étant données les ambiguïtés juridiques volontairement entretenues outre-Atlantique. Concrètement, si vous êtes atteint d’une maladie qui concerne un gêne breveté, une société peut décider de verrouiller la licence de ce gêne, vous interdisant tout test génétique ou toute autre forme d’accès à ce gêne, quand bien même est-il présent dans votre propre corps.

Une robe originale… bientôt copyrightée, elle aussi ?

Si tout cela touche votre sensibilité, je vous conseille le très bon film de Cedric Klapisch intitulé Ma Part du Gâteau, sorti en 2011, et que j’ai vu hier soir. A bientôt les papa-gamers !

Lamyfritz

Vieux flibustier chiqueur de pixel et écumeur de poulpe, retiré avec femme et enfants. Engagé comme matelot au temps de l’Amstrad puis comme corsaire à bord de la Megadrive, il décime l’armada 8-bits et harcèle les navires de chez Nintendo. Le PC lui permet d’être son propre capitaine mais il rêve toujours de cette époque d’aventures où le jeu vidéo était encore terra incognita.

2 commentaires
  1. octopaddaone
    12 Août. 2015 à 23:19 -----> lui répondre

    Y’ pas de petits profits… surtout quand ils peuvent être énormes ! Ha breveter une expression artistique fut-elle un courant, de l’ADN, .. le capitalisme est décidément un système plein de surprise, et demain l’air ? Comme l’expliquait si talentueusement Oncle Bernard de Charlie Hebdo.

  2. melkiok
    7 Avr. 2016 à 22:22 -----> lui répondre

    Comme Candy Crush et le mot clé « Saga » ahah
    Par ailleurs film très très moyen…

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