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[je(u) vi(deo)#13] comment je me suis construit sur un tas de pixels ? 3/4

Si je fume un barreau de chaise pareil, je tombe dans les vappes

Cette fois, on entre dans les personnages de jeux vidéo typiquement masculins qui m’ont servi de référence, certains pouvant parfois être à la limite de l’antimodèle. « They say it’s all you make, I say it’s up to fate » dixit le groupe Imagine Dragons. C’est que, dans tous ces personnages se cachent aussi des démons, que j’ai nécessairement faits miens d’une manière ou d’une autre. Mais la question demeure : jusqu’où m’ont-ils réellement portés ? Et à l’inverse, quels abîmes et quelles affres leur dois-je ? Tout est là, selon si on considère que l’on est maître ou non de son destin. Lamyfritz les a vus, ils sont parmi nous, car ils font partie de notre culture, désormais. Et vous allez aussi apprendre à les reconnaitre.

À quatre contre dix-mille !

5. Street Fighter, Streets of Rage et autres Samurai Showdown –  dignes héritiers des arts martiaux

Tous ces jeux de baston aux personnages hauts en couleur des années 90 m’ont progressivement conduit à la pratique du karaté, dans laquelle je persévère malgré mon manque d’aptitudes mentales et physiques – je ne peux en effet pas m’empêcher d’appliquer les techniques fraîchement acquises en stages de haut niveau sur mon entourage, sans parler de ma souplesse aussi légendaire qu’inexistante. Mais au moins, pas besoin d’être baraqué : ces héros filiformes et énervés de jeux de baston arrivent à défaire un nombre incroyable d’ennemis incroyablement puissants grâce aux arts martiaux. Et c’est là qu’on se dit : pourquoi pas moi ? Et c’est là qu’on est vite déçus. On ne peut pas être Jean-Claude Van Damme (encore une référence de haute volée) du jour au lendemain, et puis ça demande clairement un certain caractère, qui n’est pas forcément compatible avec la vie de tous les jours, ou des aspirations, disons, plus intellectuelles.

Mais force est de constater que le karaté a quelque chose d’essentiel, de par son aspect traditionnel et séculaire, pour peu que l’on ne recherche pas la compétition. Ayant commencé à 25 ans, laissez-moi vous dire que j’étais déjà hors concours – les seniors compétiteurs ont 20 ans pour les plus âgés – et qu’il est hors de question que j’aille offrir ma joue à leurs techniques de jambes.

Yossh !

Ceci étant dit, cet art martial m’a énormément apporté, en termes de bien-être, car malgré les efforts physiques et le mental nécessaires, le karaté do n’est pas à proprement parler un sport, en tous cas je ne l’ai jamais vécu comme tel. Ca fait du bien de pouvoir se désolidariser de l’esprit de supporter ou de ce côté « tête pleine d’eau » qui ne pense qu’à la perf ou à la compète. Et surtout, passé un certain niveau, le karaté apporte quelque chose de plus dans la vie de tous les jours. Personnellement, il m’a apporté énormément en termes de présence et d’autorité naturelle, et autant vous dire que pour moi c’était pas gagné. Cela ne pèsera pas lourd face à une arme à feu, certes. C’est bien là où le bât blesse d’ailleurs. Ben tiens, puisque c’est comme ça, je vais me mettre aux armes à feu, moi, et ce ne sont pas les héros de jeux vidéo qui pourraient me servir de modèle qui manquent ! D’ailleurs, quand j’y pense, dans les Streets of Rage, à part les quelques gardes du corps anecdotiques du troisième opus, il n’y a jamais que le boss final qui détienne une mitraillette… ! On a du mal à imaginer un gang aussi colossal se faire latter à mains nues par un seul mec sans jamais qu’il y en ait un qui ait l’idée de sortir l’artillerie lourde.

mai c koi sa ke g trouver ?

6. Kyle Katarn – le juif errant

Star Wars
, ce n’est tout de même pas rien pour les gars de ma génération, mais Dark Forces 2 : Jedi Knight, c’est encore davantage. Nous voilà donc en 1997, et enfin sort un jeu vidéo en vraie 3D de qualité sur une franchise qu’on aime, qui tourne encore sur des bécanes pas trop puissantes, et où l’on contrôle un vrai Jedi en vue subjective, avec des cinématiques en vraie vidéo et de la musique de film en vraie qualité CD. Non content de pouvoir sabrer les troupes de l’empire sur les thèmes bien connus de la saga, on pouvait leur balancer des sorts de Jedi, et même choisir sa destinée : côté lumineux ou côté obscur, sachant que les sorts du côté obscur, ben ils étaient quand même vachement sympa, surtout celui où il suffisait de regarder les ennemis pour qu’ils prennent feu et tombent par terre instantanément. Mais ce n’était pas tout, évidemment. Il y avait aussi le pouvoir d’étranglement à distance dont chacun a rêvé de maîtriser un jour et qui est devenu un classique du genre, et puis ce vieux sort d’éclair, pas terrible visuellement, et peu efficace, mais qui a été porté aux nues dans des jeux ultérieurs – le summum ayant été atteint par The Force Unleashed, véritable déferlement de pouvoirs pas possibles.

Mais, en plus de tout ça, le héros du jeu, Kyle Katarn, est une espèce de mélange improbable entre le contrebandier et le Jedi, les deux jobs de rêve de l’univers Star Wars, en clair, tout le charisme d’un Han Solo sans les défauts pesants et les réserves d’un Luke Skywalker. Dans les cinématiques, Jason Court, le gars qui joue Kyle Katarn, a cette espèce de gueule d’acteur de seconde zone toujours mal rasé, l’œil salace et la mèche au vent, poseur né, mais avec des éclairages pourris pour le mettre le moins possible en valeur. C’est presque tout moi au quotidien, lorsque je n’ai pas le temps de passer par la salle de bains le matin (avec une femme et un ado à la maison, j’aimerais bien vous y voir) et que je constate, navré, que je ne pourrai pas arranger ce que je vois dans le miroir de l’arrière salon avant de sauter dans ma bagnole pour aller au boulot. Bref, au final, c’est aussi grâce à Jedi Knight que j’ai enfin compris qu’il y avait de sacrés avantages à être le méchant dans la vie et qu’être du côté des gentils demandait une certaine dose d’abnégation, malgré le fait que les cinématiques entre les niveaux étaient plus sympas.

Jim Raynor… Sympa comme bobine, et plus mon tonton avait un casque à sulfater un peu pareil, c’est dire s’il me semble familier.

7. Jim Raynor – l’amoureux fidèle

Il aura fallu attendre 12 ans entre Starcraft 1 et Starcraft 2 pour découvrir le dénouement de la love affair entre Jim Raynor et Sarah Kerrigan, désormais deux monstres sacrés du jeu vidéo. Et, chose amusante, dans le scénario du jeu, il ne s’est écoulé que 4 ans entre les deux opus – pour le joueur, l’attente a été plus longue que pour les personnages, leur conférant une espèce de regain de sympathie, bien qu’un personnage en soi n’a pas de sentiments sinon ceux que son créateur lui prête. Mais il faut bien avouer que dans toute cette histoire, Jim Raynor aura moins été sur les dents que les joueurs eux-mêmes, qui attendaient aussi leur victoire sur Kerrigan mais qui avaient, depuis tout ce temps, fondé une famille, tourné la page, décroché, fait leur désintox…
Mais voilà : dans Starcraft 2 on redécouvre ce sacré Jim, autrefois un bon petit gars, bel et bien devenu alcoolo, bourré de remords d’avoir abandonné sa compagne, mais en même temps, on retrouve ce mec costaud, loyal et digne, et puis à la tête d’une rébellion, quand même, c’est pas rien ! Ca c’est du modèle pour nous les jeunes en quête de rédemption. On a tout de suite envie d’être comme lui : brutal et intoxiqué, mais fidèle et résolu à en découdre. Et puis on voit bien que tout l’univers conspire pour que l’amour qu’il porte à cette fille à moitié défigurée par les Zergs puisse trouver sa réalisation, même aussi longtemps après et ça, quelque part, c’est beau. Allez, je succombe, je laisse tomber vie sociale, femme et enfants, et je m’enferme avec un ordi pour retrouver mes premiers amours et jouer à Starcraft 2 : ce n’est pas moi c’est l’univers qui l’a voulu.

Vu la fumée qui lui sort des yeux, les dreadlocks et les traces persistantes d’acné juvénile, on sent qu’elle a quand même un peu forcé, Kerrigan.

Pour en revenir strictement aux influences majeures des jeux sur mon quotidien, Starcraft, un peu comme Duke Nukem 3D, aura toujours été ma mine d’expressions américaines favorites bien lourdes telles que « you wanna piece of me boy ? » ou encore « good day, commander, take it slow ». Faut dire que les unités le répètent un sacré nombre de fois par partie, et qu’au bout d’un moment, ça rentre dans la tête. Par principe, je ne joue à ce type de jeu qu’en VO et n’envisage pas les choses autrement. Du coup, il y a des expressions d’unités que je répète phonétiquement et stupidement jusqu’à ce que je les décode et les comprenne parfois, à mon grand désarroi, bien des années plus tard. Certaines phrases Protoss de Starcraft 1 demeurent encore pour moi d’une ambiguïté saisissante, parce qu’on ne sait pas vraiment s’ils les prononcent en anglais ou dans leur espèce de dialecte extraterrestre bidon, sans parler des excès de reverb qui viennent encore davantage brouiller les pistes. De ce fait, j’ai toujours soupçonné les High Templars de déclamer des « my life is sex » à tout bout de champ, ou alors étaient-ce plutôt des « my life sucks », allez savoir ? Autant la différence de prononciation entre les deux est infime, autant je ne suis pas sûr que les deux significations se vaillent forcément.

Sur ces élucubrations linguistiques – qui sont tout à fait de mon ressort, car je travaille dans les langues étrangères, comme quoi tout est lié – il est temps pour moi de vous laisser. À bientôt, donc, pour le dernier billet de cette chronique et d’ici là, amusez-vous bien !

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La 2e partie de cet article est disponible ici :

[je(u) vi(deo)#12] comment je me suis construit sur un tas de pixels ? 2/4

>>>>>> La suite ici : [je(u) vi(deo)#14] comment je me suis construit sur un tas de pixels ? 4/4

 

Lamyfritz

Vieux flibustier chiqueur de pixel et écumeur de poulpe, retiré avec femme et enfants. Engagé comme matelot au temps de l’Amstrad puis comme corsaire à bord de la Megadrive, il décime l’armada 8-bits et harcèle les navires de chez Nintendo. Le PC lui permet d’être son propre capitaine mais il rêve toujours de cette époque d’aventures où le jeu vidéo était encore terra incognita.

2 commentaires
  1. octopaddaone
    26 Nov. 2014 à 06:50 -----> lui répondre

    C’est vrai que l’identification marchait davantage avec Street of rage qu’avec Mario ou Tingle pour moi aussi ! D’ailleurs c’est étrange (et triste) de voir comme le genre du beat’em all a quasi disparu, dernier morceau des années 80 parti en fumé et remplacé par des simu de guerre (Call of’) basé sur sur Fps toutes identiques… Les guns ont finalement battus les poings !

  2. lamyfritz
    26 Nov. 2014 à 10:11 -----> lui répondre

    Ah, heureusement il y a quand même ces petits gars :
    http://saintseiya-ultimatecosmo.e-monsite.com/
    deux français amateurs qui nous fabriquent un beat them up sur Saint Seiya à l’ancienne, avec combos et quarts de tour de paddle et tout… Ca fait pas mal d’années qu’ils le développent, ça vaut le coup d’oeil, même si c’est un peu loin des jeux « prêts à consommer » d’aujourd’hui. Je ferai une rétrospective sur ces jeux à l’ancienne amateur bientôt.

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