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[Je(u) vi(deo)#10] comment je me suis construit sur un tas de pixels ? 1/4

L’Occident, en manque de spiritualité, a depuis deux siècles complètement rénové ses mythes fondateurs à travers les arts. Au théâtre, d’abord, avec des figures que l’on n’oubliera jamais, tels Cyrano de Bergerac ou Don Juan, pour ne citer qu’eux. Mais également dans la bande dessinée, qu’il faudrait toujours s’efforcer de soutenir en tant qu’art à part entière : petit, je voulais être journaliste à cause de Tintin, et adolescent, je voulais encore être journaliste à cause de Spirou et Fantasio. Grand, j’ai réalisé qu’ils avaient forcément l’accent belge, alors tous ces types ont quelque part un peu perdu de leur charme.

Bref, j’enfonce une porte ouverte en révélant que le cinéma – et l’art en général – créent des modèles de développement personnel, ainsi que d’essentiels et corollaires anti-modèles auxquels, bon an mal an, on s’identifie. Combien sont-ils devenus profs d’histoire grâce à Indiana Jones et la Dernière Croisade ? On ne les dénombre même plus à l’heure actuelle, mais tous autant que nous sommes, je crois, avons cherché le Graal, la jeunesse éternelle, grâce à lui !


« Adjuvants », « opposants », « quête », « destinateur », « destinataire »… la critique littéraire s’est depuis longtemps emparé du phénomène d’identification, et je ne parle pas que de Télérama et consorts, puisque certains universitaires très sérieux se sont penchés sur la question et en ont développé des systèmes d’analyse très poussés, telle la sémiotique ou la théorie des actants, pseudosciences indigestes et tout juste bonnes à passer des concours académiques. Beurk !

Ceci étant dit, quelle place pour le jeu vidéo dans tout ça ? Étant nouveau sur cet octoblog (newbie ou noob pour les intimes) je décide d’entrer en trombe par cet angle d’attaque hyper égocentrique (l’égocentrisme étant une caractéristique intrinsèque du blogger, du podcaster, de l’occidental en général, et surtout du mec qui arrive à te refourguer deux parenthèses en quatre lignes de texte, sans compter les nombreuses expressions en italique qu’il arrive, en plus, à te mettre dedans). Donc, en somme, quels personnages de jeux vidéo ont-ils été des modèles pour moi, en tant que trentenaire assumé, tout comme le furent James Dean ou Marlon Brando pour nos parents et Gérard Philippe, Baudelaire ou Louis de Funès pour nos grands-parents (mais non j’déconne là) ? Pour le premier personnage de cette chronique, il va falloir remonter au début des années 90, dans ces temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.


1. Zak Mac Kracken : un lonely planet à lui tout seul.

Zak, comme Spirou, Tintin et consorts, est journaliste, et m’a donc également transporté dans cet idéal de l’homme qui vit de sa plume et voyage à travers le monde. Sauf que Zak, lui, est héros d’un jeu vidéo des années 90, Zak Mac Kracken and the Aliens Mindbenders. Zak, journaliste tabloïd américain, mène une enquête sur les OVNIS et tous les phénomènes New Age de l’époque : pour cela, il doit visiter des lieux aussi variés que Katmandou au Népal, San Francisco, Stonehenge, Nazca, le Mont Renier ou le triangle des Bermudes, où se trouvent des vestiges de l’Atlantide. Dans ce jeu, la grande pyramide et le Sphinx de Guizèh abritent des artefacts extraterrestres, véritables tremplins vers l’espace – du Stargate avant l’heure – et là on se dit, forcément : quelle aubaine, il faut que j’y aille moi aussi !

Au fond, mes voyages à l’étranger m’ont toujours quelque part conduits sur les traces de Zak car invariablement, je suis lié à ces destinations, comme tout homme est lié à une quête de lui-même vers l’au-delà de la colline d’en face. Je pense que l’Egypte serait restée une simple formalité du programme d’histoire de 6e sans Zak, je suis donc très reconnaissant à ce jeu de m’avoir fait bouger les fesses pour y aller avant que ne se produisent ces fameux printemps arabes, parce que maintenant, c’est un peu le foutoir là-bas.

Au final l’impact de ce jeu sur ceux qui l’ont aimé aura été comparable à l’impact qu’a pu avoir le dessin animé les Mystérieuses Cités d’or sur les enfants de cet époque : une soif d’aventure et de connaissance, que l’on ne retrouvera plus jamais dans les dessins animés de nos jours. Ce sont les jeux vidéo qui ont définitivement pris le relais, en ce sens.

Ce sera tout pour cette fois… comme je l’ai déjà dit, je suis nouveau sur ce blog, donc j’espère qu’après cette chronique, vous me connaîtrez un peu mieux. « Dis-moi quels sont tes héros de jeux vidéo préférés, je te dirais qui tu es ». Le blog de jeux vidéo peut-il être une thérapie ? Bref, rendez-vous au prochain billet pour un nouveau personnage et d’ici là, amusez-vous bien !

Suite : [je(u) vi(deo)#13] comment je me suis construit sur un tas de pixels ? 2/4

 

Lamyfritz

Vieux flibustier chiqueur de pixel et écumeur de poulpe, retiré avec femme et enfants. Engagé comme matelot au temps de l’Amstrad puis comme corsaire à bord de la Megadrive, il décime l’armada 8-bits et harcèle les navires de chez Nintendo. Le PC lui permet d’être son propre capitaine mais il rêve toujours de cette époque d’aventures où le jeu vidéo était encore terra incognita.

3 commentaires
  1. octopaddaone
    16 Nov. 2014 à 21:13 -----> lui répondre

    Bienvenue sur octopaddle.fr et quelle entrée lamyfritz ! Connaissant l’intégralité de ton article j’ai hâte de voir publier la suite. Cela parlera à chacun d’entre nous, les vieux gamers trentenaires !

  2. lamyfritz
    17 Nov. 2014 à 18:05 -----> lui répondre

    Merci pour cet accueil, on se sent chez soi. La suite pour très bientôt… !

  3. Sabir Kadel
    24 Nov. 2014 à 07:08 -----> lui répondre

    Superbe article ! je ne connaissais pas ces jeux…

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