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Pour une fois, on s’écarte un temps de notre thème de prédilection, le jeu vidéo, pour revenir sur un sujet bien moins trivial qui se conclua hier par la mort des auteurs de l’horrible assassinat de 17 personnes durant cette semaine. Effroyable réalité : pour souhaiter la bonne année, rien de mieux qu’un massacre en plein jour d’hommes, de femmes dans la fleur de l’âge, ou comme nous, trentenaires ? Comme bon nombre d’entre vous, j’ai nagé dans l’horreur ce mercredi quand les premières infos tombent : « Une fusillade a éclaté en plein Paris, la rédaction de Charlie Hebdo attaquée, 1, 2 … 12 morts, Cabu, Charb, Marris…. ». La panique et l’effroi s’installèrent rapidement face à cet emballement médiatique des chaînes en continu et des médias généralistes qui leur embrayèrent le pas. Ces derniers irresponsables accentuèrent la peur et l’anxiété de tous devant la course à l’audimat de ces mêmes médias, tous plus abjects les uns que les autres. Au-delà de l’émotion légitime face à un attentat, je souhaite ici écrire quelques lignes sur un journal plutôt que sur ce crime abominable qui, bien plus qu’un hebdo représente beaucoup à mes yeux.

Trouver les mots justes est toujours difficile face à un drame : souvent le silence couvre une émotion difficilement exprimable, qui dissimule également une vraie pudeur. Pourtant, une fois le choc partiellement passé, me reste l’écrit sur l’octoblog en tentant d’éviter de tomber dans une mièvrerie démago et redondante… finalement à l’image de Charlie qui représente un peu ce pote perdu de vue et parti trop brutalement, que je suis par intermittence depuis plus de 15 ans. Tout d’abord, réglons nos comptes : oui, comme beaucoup, je suis agacé par cet emballement médiatique et ce dégueulis de bonnes intentions qui inondent nos médias depuis ces multiples meurtres. Pornographie mémorielle rampante de bons nombres de personnes ayant conspué ce journal, voire pour beaucoup ne le connaissant pas jusqu’à ce triste jour. Oh, je ne critique pas l’émotion légitime de bons nombres qui furent choqués par l’assassinat et les symboles touchés : celui de vivre en 2015 dans notre confort occidental et d’être violemment rattrapé par la réalité du monde, tout en s’inquiétant de voir nos libertés menacées. Mais plutôt de m’amuser de ce torrent de bonnes intentions, plus ou moins louables pour bon nombre de politiciens qui couvrent d’éloges, d’hommages un journal qui… a toujours détesté les hommages, conspué les breloques accrochées au veston et les multiples Marseillaises chantées désormais à tu-tête ! Je ne parle même pas de faire sonner le glas dans les églises de France à la mémoire des victimes tuées, dont pour ceux de Charlie qui furent des athées et anticléricaux notoires … quel pied de nez qui, si un paradis existe, doivent bien les faire se marrer finalement 😉

Un peu le pote qui nous tenait la main chaque semaine

Ce journal découvert à l’aune de mes 17 ans, contribua pour ma part à ma politisation et ma construction en tant qu’individu conscient de son soi mais aussi de problématiques le dépassant. L’émotion m’étreint quand je pense à mes visites hebdomadaires au bureau de tabac du coin pour trouver mon Charlie (à 10 francs !) et me fendre la poire avec des journalistes et dessinateurs qui avec le temps me donnèrent la sensation de faire partie d’un groupe de potes, à tu et à toi. Ce sentiment d’être ravi de les retrouver chaque semaine, et avec gourmandises partager avec d’autres potes les dessins – idéal pour faire des tracts – dans ces folles années de fin de lycée et de début de fac. Car oui, Charlie fut pour beaucoup un peu le pote qui nous tenait la main chaque semaine, nous informa sans se prendre la tête avec la mauvaise foi d’un Charb, le cul omniprésent chez un Wolsinki ou l’abjection faite beauf sous la plume d’un Cabu… Cabu qui d’ailleurs représentait un peu le grand frère fou-fou de toute une génération qui se marra de ces dessins d’une Dorothée encore dans le service public avec Récré A2.

Charlie fut donc bien le début d’une école de la vie pour nombre de trentenaires : de la déconnade, du politique, du cul, du réel, l’approche de problèmes complexes avec cet aspect un peu anar’, écolo, antifaf’ irrévérencieux … bref tellement franchouillard, et cela dans le bon sens. Quel meilleur hommage à cette équipe et à ce journal, de vous présenter quelques couv’ et caricatures qui me firent (et me font) toujours marrer :

Les années 90 de la montée des bas du Front : 

La dénonciation des impérialismes :

Le refus de tous les intégrismes

Merci les gars pour cette ouverture d’esprit, le combat continu contre toutes les intolérances, les inégalités, les fous de dieux et la connerie humaine dans son ensemble. Oui, dans ce cas-là je peux le dire : nous sommes tous Charlie.

octopaddaone

Tombé dans le JV dès son plus jeune âge et ayant passé toutes les étapes du gamer historique (de Pong à ...), les chemins de la vie l'ont mené sur bien des pistes et différentes expériences, à l'image d'un poulpe et ses nombreux tentacules (forcément pourpres). Ayant obtenu le trophée "papagamer", désormais son rêve de gosse prend forme : écrire des énormités, déchaîner ses passions et regretter... le manque de donjon dans le dernier Zelda.

2 commentaires
  1. lamyfritz
    10 Jan. 2015 à 21:33 -----> lui répondre

    La seule réponse que j’aie à tout ça est : marrez vous, faites de la vie une fête, chaque jour qui passe, levez le deuil le plus vite possible… Rematez « un jour sans fin », faites de chaque journée un moment fort. Ce qu’il faut tuer, c’est l’esprit de sérieux, et c’est même pas moi qui le dis, c’est Nietzche, que les nazis ont d’ailleurs récupéré, comme les politiques vont récupérer ces attentats, j’enfonce une porte ouverte. Mais, rigolez-en, marrez-vous, il n’y a que comme ça qu’on leur rendra vraiment hommage, à ces gars.

  2. hujyo
    10 Jan. 2015 à 22:59 -----> lui répondre

    je n’ai pas de mots .. si trois « monde de merde ».

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