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Voici quelque temps, j’avais posté une annonce sur l’exposition Star Wars Identities de passage à Paris du 15 février à fin juin 2014… N’ayant pu la voir, quelle fut ma joie, quand j’ai appris que cette dernière venait dans la capitale des Gaules à partir de novembre 2014 et jusqu’à fin avril 2015 ! Grâce à Papa Noël, me voici embarqué le 30 décembre avec femme et neveux pour découvrir cette exposition unique en son genre, car consacrée à Star Wars.

Se situant dans les silos de la Sucrière (derrière la nouvelle zone commerciale bobo de Lyon, Confluences), l’extérieur ne laisse pas présumer d’une exposition si exceptionnelle : avec plus de 200 pièces prêtées pour l’occasion par le Lucas Arts Museum, cette exposition canadienne est unique. Le visiteur voit se présenter sous ses yeux ébahis (et protégés par de lourdes parois de verre) les story-boards, les illustrations d’origine, les costumes ou encore les maquettes ayant servi à la création de l’univers de Sir Georges Lucas !

En apprendre plus sur une série mythique

Bien sûr, qui dit expo’ dit présentation pédagogique de chaque pièces, qui sont détaillées avec moult d’anecdotes : Jabba The Hunt, la grosse limace, était un humain au départ, puis il est devenu cet être difforme après réflexions de l’équipe de tournage… ce qui explique pourquoi dans le film de 1977, la scène d’échange entre Han Solo et Jabba fut supprimée (Lucas n’était pas satisfait de présenter Jabba sous forme humanoïde) pour être réintroduite dans la version retouchée de 1997, avec effets spéciaux numériques.

version d’origine supprimée

Version 1997

Des détails éclairent la physionomie d’autres personnages : Yodda aurait dû être…. une forme de lutin du père noël (si, si), bonjour la crédibilité du maître Jedi… remarquez, est-ce la taille qui compte ? 😉 Et pour le personnage de Vader, on apprend que le choix du casque fut copié sur un casque allemand (ha ben oui), et sa cape inspirée du cavalier du désert « arabe » (dixit).

Le bas du casque du seigneur noir

Outre ces anecdotes, on pleure des larmes de sang devant les maquettes qui ont tant retourné notre génération sur VHS puis sur DVD durant les congés d’hiver ! Ha la bataille de Hoth avec ces quadripodes impériaux ou encore l’arrivée de l’Imperial Destroyer…

Bref, pour le fan comme pour le noob, la visite vaut son pesant de cacahuètes… mais cependant, mes neveux qui ne sont pas des fans devant l’éternel (malgré mon forcing) se seraient vite lassés de cette visite, si les organisateurs n’avaient pas eu cette idée pertinente de transformer le visiteur en un acteur de sa propre visite.

Apprendre à devenir quelqu’un

Produit de la pop culture, Star Wars est bien plus qu’une œuvre cinématographique : par son univers cohérent et ses multiples références, cette hexalogie est l’équivalente moderne de ce que fut l’Odyssée d’Homère au VIIIe siècle avt JC… rien que cela ! Nous sommes bien face à une quête d’un héros, basée sur des valeurs (courage, endurance, amitié, solidarité) puisant dans notre histoire chrétienne mais aussi universelle : on peut penser à l’épopée arthurienne mais aussi au code l’honneur du bushido japonais, voire l’éternelle lutte du bien contre le mal. Georges Lucas ne s’en cache pas : lui qui est né en 1944, a également puisé dans son histoire propre, celle d’être né durant une guerre mondiale avec ses horreurs et son univers ambivalent entre démocraties luttant contre divers totalitarismes campés par ce sinistre Empire et ses rebelles démunis. Ainsi, si Star Wars est depuis longtemps un champ d’études universitaires, il soulève bien des questions, et c’est là que l’exposition aborde une question centrale dans l’univers Star Wars : la création de sa personnalité définie par ces ambivalences.

L’exposition se déroule simplement : une fois entrée dans la salle principale, on vous remet un bracelet avec une puce NFC/RFID et un casque qui vous guide durant les 2h du parcours. Là, est l’idée fantastique : après avoir définit sa « race » (pour ma part un wookie), on passe devant des bornes et on actionne via notre bracelet et des écrans tactiles nos différents choix : « comment vos parents vous ont-ils élevés ? en étant rigoureux, libertaires, … » ou encore « vous avez gagné à la loterie une cité, que faîtes vous ? La pillez, la gouvernez sagement ?… », « choisissez votre profession … » (en matant mon affiche, vous pouvez la trouver sans problème). Loin, d’être rébarbatives ces questions affinent votre personnage et parlent à toutes les générations. Cette idée de construire et comprendre le processus identitaire est intéressante, et je pense qu’elle a pu faire tenir mes neveux durant les 2 heures de la visite : chacun y va à son rythme, s’arrête devant tels ou tels postes d’explication (où sont diffusés des extraits de films). Bref, tout le monde y trouve son compte : à la fin on compare son personnage sur un écran géant et on peut le récupérer par courriel.

Identité ou identités ?

Si je peux mettre un bémol, cela concernera l’orientation de l’exposition autour d’un concept, celui de l’identité. En effet, étant à la mode depuis quelques années, il est manipulé et mangé à toutes les sauces (et je ne parle même d’un énergumène qui en a fait un « ministère de l’identité nationale », souvenez-vous). Si l’exposition démontre avec pertinence que l’identité n’est jamais figée – pour reprendre le propos du grand historien Fernand Braudel – car étant consubstantielle d’un environnement social et familial déterminant et fluctuant, certaines pistes plus hasardeuses m’ont hérissé. En effet, les organisateurs de l’exposition mêlent curieusement la génétique au processus identitaire de chacun. Si on ne peut réfuter que la génétique y participe (par la transmission des gênes familiaux qui vont définir notre couleur de peau, de yeux et parfois transmettre des maladies), il est très hasardeux, voire dangereux d’en conclure que l’intellect, le caractère… puissent être également transmis par ce biais. Ce genre d’argument, utilisé de nos jours et remplaçant allégrement « la race » d’hier dans de nombreux discours, est toujours à surveiller et à corriger : on ne naît pas avec une identité (Etat-civil mise à part) car c’est un amas de construction progressive qui n’est jamais figé.

Pour conclure, mise à part cette petite déviation (sans doute liée aussi à la culture américaine imprégnée de prédestination protestante), l’ensemble est vraiment bon, et on retombe littéralement en enfance devant cet univers qui continue à nous passionner encore aujourd’hui, et que demain nous transmettrons à nos enfants… Trop fort, ce Georges.

Le clou de l’exposition : le costume de 1983 (retour du Jedi) de Darth Vader

octopaddaone

Tombé dans le JV dès son plus jeune âge et ayant passé toutes les étapes du gamer historique (de Pong à ...), les chemins de la vie l'ont mené sur bien des pistes et différentes expériences, à l'image d'un poulpe et ses nombreux tentacules (forcément pourpres). Ayant obtenu le trophée "papagamer", désormais son rêve de gosse prend forme : écrire des énormités, déchaîner ses passions et regretter... le manque de donjon dans le dernier Zelda.

3 commentaires
  1. lamyfritz
    5 Jan. 2015 à 20:47 -----> lui répondre

    J’ai vu ton portrait de wookie !!! Je cite : « Mais la chose la plus importante pour moi est l’universalisme : je réclame des droits égaux pour tous! À bas les privilèges! » (= vive les compétences !) à côté de Robespierre, tu serais quand même un peu rigolo avec tes grosses paluches… Sinon j’ai hâte de côtoyer un wookie en chasseur de primes « devenu le meilleur administrateur que cette cité ait connu grâce à ma gouvernance juste et intègre » après avoir eu « l’habitude de partir en forêt pour une longue randonnée » …!!!! MDR !!!

  2. utilisateurtestinfo
    9 Jan. 2015 à 21:32 -----> lui répondre

    Quelle chance avez vous eu de pouvoir y participer! Très intéressent, j’espère bien qu’il y aura une édition plus dans le sud un jour… ^^

  3. melkiok
    5 Nov. 2015 à 00:21 -----> lui répondre

    Content que tu ai pu vivre cette expérience ludiquement supérieure
    Rien que les objets du culte m’aurait suffit mais la ce super bonus m’a enchanté en diable ^^

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