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D8, chaîne du groupe canal +, vient de consacrer une émission anniversaire de plus de 2h sur le phénomène Dorothée (1987-1997), où tout simplement à la nounou de millions de petit’français des années 90 sur TF1. Et franchement, qu’est-ce qu’on retombe facilement en enfance devant cette orgie d’images, de sons qui ont bercé bon nombre de nos journées, dont la mienne. Revenons un moment sur cet instant unique, avec à la fois la nostalgie de cette époque, mais avec un regard plus posé d’adulte, sur ces 10 années de TV Club Do’.

Arf, non ce n’est pas à moi … ma mère a tout donné !

Attention amis octolecteurs, cet article sent bon le vieux con de trentenaire qui a vécu son enfance entre les maîtres de l’Univers, Dragon Ball et Dorothée… Cette émission anniversaire revient sur un moment de TV qui de nos jours, il est vrai n’a plus la place qu’elle avait hier. Imaginez : 6 chaînes seulement, pas d’internet et l’obligation d’être présent devant son poste pour ne pas louper ses épisodes chéris (le Replay ? Kézako en 1990 ?). Ha oui, on peut dire que l’on savourait nos instants face à cette invasion dorothesque qui parcourt les années 90. Outre les programmations quotidiennes (le matin de 6h30 à 8h/ le soir dès 16 h 30 à 18h30), le sacro-saint mercredi était attendu avec impatience : imaginez une émission qui débutait à 8 h 55, faisait une pause pour les adultes à 11 h 30 puis repartait à 14 h 30 pour se finir vers 18 h.. soit une bonne trentaine d’heures d’émission par semaine ! Sans parler que pour capter cet audimat jeune et avide de consommation (le placement de produit était le fonds de commerce de ces émissions : sponsors, jouets, pubs, habits…) toutes les chaînes ont tenté de canaliser ce tsunami Club Do’ : Antenne 2 (ex-France 2) avec son Télévisator 2 (1993-1994) mené par Crevette de Player One (Cyril Drevet) avant qu’il rejoigne TF1 à son tour, Fr3 et ses cités d’Or, la 5 (de Berlusconi, oui l’amateur de soirée Bunga Bunga avec des … mineurs) et ses dessins animés (Captain Tsubasa ou Olive et Tom chez nous)… . Généralement, devant son poste chacun faisait sa programmation : Dragon Ball passe à 10h40 (ha que je m’en souviens), puis à 11 h 05 je passais sur la 3 pour voir autre chose, puis le soir après 18 h, je repassais sur la 5 pour voir Olive et Tom… et si cela n’était pas possible, hop le magnétoscope pour enregistrer en même temps que je visionne autre chose…  mais qui ne l’a pas fait ?

Pourquoi avoir arrêté cette machine à rêve ?

Enfin le Club Do’, qui de nos jours fait sourire, voire agace devant les simagrées des animateurs (mais à l’époque cela faisait rires, bien souvent), était une véritable ca$h machine : produits dérivés (ma sœur avait le poste à cassette Club Do’ !), les CD des artistes d’AB production qui faisait jouer, chanter et vendait l’ensemble… Maintenant avec du recul, ces programmes et toutes les séries dérivées (les fameux sitcoms) relevaient aussi les disparités sociales d’une France des années 80-90 : peu de participants issus de la diversité française (compter les rebeus ou les blacks, relève du gageur), sans parler les stéréotypes bien franchouillards : filles idiotes et dévêtues, gay façon « cage aux folles » avec le Gérard des Filles d’à côté (oui, Gérard Vivès du Juste Prix avec Lagaff’), petite piqure de rappel :

N’oublions pas aussi les chansons sentant bon le terroir style la « terre ne ment pas », où accessoirement les bimbos légèrement vêtues se trémoussent sur des airs qui aujourd’hui feraient lever des cris d’orfraie devant tant de beaufferies assumées : allez un petit coup de « Merguez partie » ou « la fête au village » des Musclés ? (put** regardez jusqu’à 1:12, imbuvable)

Enfants, ces stéréotypes et franchement ce genre d’interrogations étaient absentes de notre imaginaire, même si on peut se demander leur part d’influence dans la construction de certains futurs adultes. Bon, je n’irais pas jusqu’à dire que le Club Do’ était le support éhonté d’une propagande politique, car le Club Do’ reste un souvenir agréable pour l’enfant encore en moi – notamment par la découverte de la culture japonaise et des mangas comme je le relatais ici déjà. Cependant, on ne peut omettre que ce concept d’émission baignait quand même dans un ensemble de valeurs proches de celles défendues par son principal diffuseur TF1 : la promotion de la famille monoparentale (point de famille recomposée ou homo), des acteurs blancs à 90%, exit la violence et les questions sociétales nécessitant une remise en cause d’un système marchand établi. Bon après tout, faire un sitcom sur Marx et Engels, pas sûr que le côté glamour aurait été probant et surtout… aussi vendeur.

La dernière émission le 30/08/1997

headbangué sur du Dorothée, cela était un peu la loose

Je me suis souvent demandé pourquoi avoir arrêté cette machine à rêve made in TF1 le 30 août 1997 ? Dans le reportage la question revient, et elle est malheureusement traitée en 30 secondes par Azoulay (le A de AB production) qui met en avant la rapacité de TF1 qui refusait de voir AB les concurrencer avec l’arrivée de nouvelles chaînes de télé sur le câble. On est étonné du manque de curiosité des journalistes du documentaire qui n’ont pas interrogé TF1 et les principaux protagonistes concernés comme Dorothée … Bien que n’étant plus fan du Club Do en 1997 – l’adolescence était passée par là et l’âge adulte m’ouvrait ses bras – cette fin ne m’a pas du tout marqué, d’après mes souvenirs (et puis headbangué sur du Dorothée, cela était un peu la loose). Est-ce l’arrivée d’Internet qui commençait à montrer ses futures possibilités par sa délocalisation de l’info, sa mise en contact sans intermédiaire (fini les 36-15 qui n’en veut à 1, 29 F/ minutes) et la hausse des coûts de production de l’émission phare (ben oui les voyages, les multiplications de vedettes… cela coûte) n’ont-ils pas accéléré le début de la fin pour ce type d’émission ? Adapté du show à l’américaine grand spectacle pour un public infantile, ce programme était basé sur du divertissement, bien plus qu’un projet éducatif (ce que revendique fièrement un membre de TF1 dans la vidéo, ce qui prête à sourire envers une entreprise qui finalement n’a pas changé). A la fin du compte, après 10 ans, ce type d’émission devait donner des signes d’usures (en terme d’audience sûrement). En effet, son format devenait caduc, comme bon nombre de programmes de cette époque : Sébastien C’est fou, Ciel mon mardi…. . C’est vrai qu’aujourd’hui on peut avoir la nostalgie de ce type d’émission – comme l’ont eu nos aïeuls, fans de « Salut les Copains » à « Bonne nuit les petits », et c’est finalement le lieu commun de toute génération : les enfants d’aujourd’hui auront sûrement la nostalgie d’émission qu’ils apprécient, bien que la multiplication de support amenuise sans doute un attachement aussi fort, comme on a pu le connaître.

En partant au pinacle de sa gloire, l’émission et ses animateurs finalement sont entrés dans la légende (relative) du PAF français, et restent comme le goût d’une madeleine d’un Proust, pour bon nombre de trentenaires.

Voir ici l’émission si le lien twitter ne fonctionne pas : http://www.d8.tv/d8-divertissement/pid7761-d8-generation-club-dorothee.html

octopaddaone

Tombé dans le JV dès son plus jeune âge et ayant passé toutes les étapes du gamer historique (de Pong à ...), les chemins de la vie l'ont mené sur bien des pistes et différentes expériences, à l'image d'un poulpe et ses nombreux tentacules (forcément pourpres). Ayant obtenu le trophée "papagamer", désormais son rêve de gosse prend forme : écrire des énormités, déchaîner ses passions et regretter... le manque de donjon dans le dernier Zelda.

3 commentaires
  1. lamyfritz
    18 Déc. 2014 à 21:58 -----> lui répondre

    Je l’ai vue, par hasard, la dernière émission du Club Do… ! Ca m’avait touché même si j’étais déjà grand. Et je me souviens parfaitement qu’ils avaient fait venir exprès Pat le Guen, le réalisateur, dont on voyait toujours le nom et jamais le visage.

    Pour moi le Club Dorothée a surtout rimé avec Les Chevaliers du Zodiaque, mais c’est clair que j’ai aussi regarde toutes les autres conneries. Je crois que DBZ, par sa lenteur, sas doublages et ses clichés, m’a durablement vacciné contre le manga – surtout lorsque le personnage de Bou est apparu – mais j’y suis redevenu sensible bien plus tard, étant étudiant.

    Bref, je ne pense pas que les gosses d’aujourd’hui auront une émission culte leur rappelant de tels souvenirs, car tout est de plus en plus éclaté et à la demande. Les dessins animés à rallonge comme Naruto (15 ans de diffusion !) ont traversé les chaines et les émissions. A mon avis, les youtubers vont clairement prendre le relais de tout ça dans la mémoire collective.

  2. melkiok
    29 Oct. 2015 à 23:51 -----> lui répondre

    Très belle rétro sur cet âge d’or de la TV de divertissement / nounou pour les gosses que nous étions
    Après avoir lu le bouquin suivant sur Dorothée je peux vraiment affirmer que c’était une vraie pro hyper loin des clichetons de misanthropie qu’on a voulu lui prêter (en fait c’était toute le contraire) à et qui a vécue 18h/24 7/7 pendant des années de sa passion de l’entertainement (chant, Danse, TV avec moults émissions et du direct à n’en plus finir, Concert, Disques, Tournées…)

    Bref je recommande plutôt que ce reportage un peu léger qui était passé sur D8 pour cerner l’esprit de notre cher Clud Do’

    http://www.amazon.fr/ann%C3%A9es-Doroth%C3%A9e-Jacques-Pessis/dp/2205059343/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1446159088&sr=8-1&keywords=club+doroth%C3%A9e

    1. octopaddaone
      30 Oct. 2015 à 11:53 -----> lui répondre

      Merci pour le lien, je suis curieux de mettre la main dessus (heu le livre pas Dorothée 😉

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