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[je(u) vi(déo) #7] Mass Effect, film et jeu, 2 contresens ?

Une grande série, une immense trilogie qui entre sous les ors des séries cultes quand elle s’achève… ou pas. En effet, la série Mass Effect, série originale de Bioware (ha quel éditeur, si l’on supprime ERADICTE le pitoyable Dragon Age 2) a trouvé toute sa place sur nos consoles, et choses rares sur pc grâce à une qualité et un gameplay tout aussi bon sur les 2 supports (malgré l’utilisation du clavier/ souris plus simple sur PC et manette sur console). Ayant débuté cette série avec le premier opus grâce au solde steam, puis enchaîné le 2 une année après – tout autant en solde à 5 euros et des brouettes …. – je m’étais lancé il y a plus d’un an dans le n°3 via ma bobox 360. Et personnellement, l’orientation action du 3e lui sied a ravi sur console de salon, me permettant d’avoir un regard assez large sur cette trilogie puisant dans les codes du cinéma, allant jusqu’à refaire sa fin qui a fait couler beaucoup d’encre (numérique).

AVERTISSEMENT : Toi aussi prouve-toi que tu peux lire un texte de 1442 mots qui forment des phrases avec une seul Up et sans utiliser de matérias ! 😉 Bonne lecture.

Que dire que ces jeux sont de très bons jeux, où le joueur n’est pas qu’un spectateur de QTE (Allô David Cage ?), mais participe à un environnement immersif et dont ses actions sont loin d’être anodines. Bref, pour tous ceux qui n’ont pas goûté à la série, allez-y, sa popularité n’est pas surjouée. Bien plus que refaire un test du jeu, je souhaiterai plutôt m’arrêter sur l’aspect cinématographique de plus en plus présent dans notre média préféré en prenant pour exemple et justification, la 3e itération des Mass Effect.

Shepard, c’est une journée de m**** qui commence …

S’appeler Shepard ouvre des portes (de clubs privés en particulier), c’est sûr, car en tant que représentant masculin et émérite de la race humaine (bien qu’il soit possible de changer de sexe, mais là est une autre histoire), vous êtes présenté comme le dernier espoir de notre race menacée d’extinction depuis trois épisodes, aux côtés d’autres espèces humanoïdes ou synthétiques tout autant menaçantes et menacées …. Les moissonneurs, race hostile à toute vie dans la galaxie, reviennent faire « leur moisson » après leur sommeil de 50 000 ans et vous, petit scarabée, avez sur vos frêles épaules le destin de l’humanité et des autres espèces… . Les premières images qui me reviennent en tête sont l’aspect chaotique de l’environnement et le sentiment de désarroi face à une attaque en règle et massive d’une nuée de moissonneurs sur une Londres futuriste plus vraie que nature. Explosion, flash, destructions le joueur se trouve pris sous un orage de feu et d’acier, et doit faire face à l’urgence. Les images marquent, on pense à d’autres tragédies comme la Seconde Guerre mondiale et les bombardements américains au Viêt Nam. Bref, le jeu mime à la perfection un scénario cinématographique de S.F. proche des scènes catastrophes d’un Independance Day, alors quelle différence avec le cinéma ?

Plus proche de nous, napalm et la peur au sol…

De spectateur passif, on devient actif

Si le joueur est un simple pion dans cette grande tragédie, il est à la différence du cinéma, dans la peau d’un autre et seul notre média peut cette immersion. Le cinéma a révolutionné la façon de voir son environnement, de ressentir des émotions, le jeu vidéo est la prochaine étape : de spectateur passif, on devient actif de sa propre histoire. Mass Effect poursuit cette perception et demande aux joueurs de faire face à des choix cornéliens : si dans un film on suit les interrogations et choix des protagonistes, le jeu vidéo nous demande de prendre parti d’une manière légère ou au contraire beaucoup plus grave : de choisir avec qui coucher ou d’activer ou non le virus du génophage qui éradiquerait la race brutale et instable des Krogans.

Quoi ma gueule ?

Et de la sorte, de laisser une chance à l’intelligence des espèces, mais avec le risque de refaire tomber la galaxie dans une guerre fratricide ? Cette implication permet au joueur de fusionner avec l’histoire qu’on lui présente : là, est la vraie force du jeu vidéo, outre son aspect divertissant. Si comme la littérature, le jeu vidéo décuple l’imagination, sa vraie force est dans l’implication de son utilisateur, démontant tous arguments et peurs irrationnelles d’une Morrano et Cie qui ne voient dans notre média qu’un loisir abrutissant, sans fond.

Bon je m’écarte du sujet, comme d’hab’ ;). Recentrons : bien plus qu’une pâle copie du cinéma le jeu vidéo s’en inspire, comme d’ailleurs d’autres arts se nourrissent de ceux qui les précèdent afin de mûrir : le cinéma s’est inspiré de la littérature pour gagner en maturité et en profondeur. Souvenons-nous du premier film des frères Lumières (l’arrivée en gare d’un train), la technique dominant le fond du sujet filmé somme tout banal… Ce qui au vu de certains films est toujours d’actualités d’ailleurs avec un Transformer et autres Gijoe bien nazes (et pourtant la richesse de ses deux licences serait tellement passionnante en film). Le jeu vidéo gagne chaque jour en maturité, il mûrit en même temps que son public cible (et consommateurs ayant les moyens de le faire : les trentenaires et au-delà), et c’est tant mieux : quand l’on voit les dernières licences (Tomb raider, le décrié Heavy Rain, les GTA et celles demain comme un Watch Dog), le jeu vidéo s’émancipe davantage du 7e art, prend sa place en tant que 9e art (après la BD) et se permet – grâce à sa capacité d’impliquer le joueur – de faire des narrations que le cinéma ne peut qu’imaginer, à une limite près celle de changer la fin de son histoire selon les envies et actes de joueur.

L’une des régions de Daggerfall  : 1 point = 1 ville

Cette limite était pourtant acceptée jusque-là, car à créer un immense jeu bac à sable sans une trame à suivre (débuter pour terminer une action) conduirait à une multitude d’actions répétitives et lassantes. Si l’on peut s’émerveiller d’une durée de vie d’un Daggerfall (Elder Scrolls II, lointain ancêtre de Skyrim) qui génère ses donjons de manière aléatoire (sur plus de 8 millions de kilomètres carrés !) ou d’un GTA, l’immensité du jeu sans but peut conduire à tuer l’envie de s’y replonger (autant aller ramasser des champignons dans la vraie vie). Mais pourtant dans le cas de Mass Effect, les auteurs du jeu, loin de revendiquer leur indépendance narrative, se sont pliés à un curieux rétropédalage devant les nombreuses plaintes de joueurs, déçus d’une fin clôturant une série culte du jeu vidéo (« clôture » en suspend, car il n’est pas étonnant qu’une suite voie le jour au vu des résultat$ financier$ de cette trilogie ;). Personnellement, je pense que bien plus que cette fin, c’est surtout une conclusion imposée malgré les choix effectués dans le jeu qui soulève l’indignation.

Bien que je ne trouve pas la fin si mauvaise en soit (je n’ai pas téléchargé la nouvelle retravaillée), je me demande si cette affaire aujourd’hui apaisée n’est finalement pas propre à notre art vidéoludique : en effet, permettre à tous de s’impliquer sans en recueillir les fruits, cela est frustrant, mais parallèlement en prenant part à un jeu vidéo on suit la vision et la trame créées par un autre (l’univers, le gameplay, …) et l’on accepte d’y prendre part, sinon autant faire son propre jeu.

La modification en temps réel de nos jeux…

On touche au paradoxe et limite du jeu vidéo : si le joueur est l’acteur de ses actes tout en suivant une trame scénaristique nécessaire, il veut guider le jeu et s’affranchir des limites physiques du support (prévoir xxx fins selon les millions d’actes de millions de joueurs). Pourtant, loin d’être immuable cette contrainte risque de disparaître avec le temps et l’arrivée du Cloud et autres réseaux matriciens : en étant connecté de plus en plus, chaque actions, actes seront stockés sur des serveurs éloignés qui donneront lieu à une analyse et pourquoi pas la modification en temps réels de nos jeux (et fins)  selon le joueur concerné. La Xbox One avec sa connectivité permanente n’ouvre-t-elle pas une nouvelle ère (si l’on passe outre le scandale du blocage du jeu d’occasion, enfin c’est le papy gamer qui parle, car un jeune joueur s’en soucie-t-il lui qui baigne dans le dématérialisé)  ? Car n’en doutons pas ce ballon d’essai – loin d’être abandonné même chez Sony, ne soyons pas aveugles – préfigure sans doute l’avenir de notre média. Et à prendre « le meilleur du mauvais (c) », souhaitons que le contenu des jeux et leurs expériences soient loin d’être immuables dans leurs formes et surtout leurs ressentis.

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Ouf, vous pouvez reprendre une vie normale et vous déconnecter désormais, ce texte de 1442 mots est terminé 🙂

J’oubliais, pour ceux qui pense que le jeu vidéo c’est autre chose qu’abrutissant : une excellente étude sur le comportement des joueurs de Mass Effect et les questions sociologiques que soulèvent nos choix : http://masseffectuniverse.fr/resultats-etude-mass-effect-francais/

Et pour clore ce débat : voici une nouvelle fin retravaillée par un fan français, franchement terrible (attention 1h12 quand même !)

octopaddaone

Tombé dans le JV dès son plus jeune âge et ayant passé toutes les étapes du gamer historique (de Pong à ...), les chemins de la vie l'ont mené sur bien des pistes et différentes expériences, à l'image d'un poulpe et ses nombreux tentacules (forcément pourpres). Ayant obtenu le trophée "papagamer", désormais son rêve de gosse prend forme : écrire des énormités, déchaîner ses passions et regretter... le manque de donjon dans le dernier Zelda.

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